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Fig. 63. — Monolithes de Stennis, dans les iles Orkney.
même au chiffre de 6310, mais elle ajoutait aux mégalithes les polissoirs, les pierres à cupules et d’autres vieux témoins du passé. Enfin un rapport présenté récemment à la chambre des députés par M. A. Proust porte à 419 le nombre de ceux classés
1. Ils se rencontrent surtout en Bretagne. On en compte 491 dans les Côtesdu Nord, 530 dans l'Ille-et-Vilaine. J'ignore le chiffre total de ceux du Morbihan, je sais qu'il est très considérable.
par l’administration. Dans d’autres pays, ces chiffres sont singulièrement dépassés. On compte deux mille mégalithes dans les Orkney, et un nombre autrement important dans la Scanie à l’extrémité nord, dans la terre d’Otrante à l’extrémité sud de notre continent, Pallas et après lui Haxthausen nous apprennent que les Kourganes se comptent par milliers dans les steppes du centre et du midi de la Russie‘. Ce sont des cromlechs, des tombes entourées de pierres debout, des hypogées de forme carrée ou conique, jetées sans ordre apparent et quelquefois surmontées de bustes de femme grossièrement sculptés’. Les tumuli abondent sur les bords de l’Irtisch et du Yennisei, ils restent les muets témoins de races disparues, dont nous ne connaissons ni les ascendants, ni les descendants *.
L'Algérie présente un vaste champ d'études: il est facile d'y retrouver les dolmens, les cromlechs (fig 64), des sépultures où le dolmen occupe le centre d’une enceinte double ou triple de monolithes fichés en terre. Ces monuments si variés dans leur forme et dans leurs dispositions sont certainement dus à une race forte et puissante, ayant dominé dans tout le nord de l'Afrique; elle est représentée dans les temps historiques par les Berbères, aujourd’hui encore par Les Kabyles.
Bien que beaucoup d’entre eux aient été détruits, le nombre des mégalithes est aussi considérable dans l’Afrique française que dans les contrées de l’Europe les plus riches en monuments de ce genre. Sur la montagne de Redgel-Safa, on a reconnu plus de six cents dolmens; les tables reposent sur des
1. Haxthausen. Mém. sur la Russie mér.,-t. 11, p. 204. — Fouilles des Kourganes par M. Samokoasof, Revue Arch. 1879. — Much, Mittheilungen der Anth. Gesell. in Wien, 1878.
9. Les Kamena Baba, les femmes de pierre, tel est le nom que le peuple leur donne.
3. On les attribue aux Tchoudes, peuple sorti de l’Altaï. Les Esthoniens, les Ogris ou Ugres, les Finnois, peut-être aussi les Celtes seraient les rameaux de cette souche. C’est là une hypothèse toute récente ; mais jusqu'ici ce n’est qu'une hypothèse, On peut consulter sur la question un excellent travail de M. Maury, Les monuments de la Russie et les tumulus Tehoudes, et Meynier et d'Eichtal, Tumuli des anciens habitants de lu Sibérie.
murs en pierres sèches et ils sont fréquemment entourés de cromlechs”. Dans la Midjana, le nombre de mégalithes excède dix mille, le général Faïdherbe en compte plus de deux mille
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