Acad. des Sciences, 1859, 1863, passim
sions entrainèrent celles du public et, plus heureux que beaucoup d’autres, Boucher de Perthes eut, avant de mourir, la satisfaction de voir une science nouvelle, fondée sur ses découvertes, obtenir dans le monde savant une légitime et durable popularité.
La science avait prononcé, mais les superstitions populaires More de
restaient debout. Il est curieux de les retrouver toujours sem-
blables sous les climats les plus différents, dans les régions les plus éloignées !. Partout on attribue aux silex travaillés ST € Es une origine surnaturelle ; partout on les considère comme des Gers ai sal mulettes, ayant le pouvoir de protéger leur propriétaire, sa & eu venue maison ou ses troupeaux. Les paysans russes regardent ces
pierres comme les flèches du tonnerre et Les pères Les trans-
mettent aux enfants comme un précieux héritage. La même
croyance existe en France, en Irlande, en Écosse, en Scandinavie,
en Allemagne, en Hongrie, en Portugal, comme en Asie Mineure,
au Japon, en Chine et en Birmanie; à Java et chez les insulaires
des Bahama comme chez les nègres du Soudan ou chez ceux
de la côte occidentale de l’Afrique *. Eux aussi croient que ces
pierres sont les foudres que Sango, Le dieu du tonnerre, lance du
haut du ciel.
Leur nom même rappelle l’origine qui leur est attribuée. Les etai & LE Romains les appelaient ceraunia, de y£pavvos, tonnerre, et dans le Ln rene Ta catalogue d'un noble véronnais publié en 1656, nous les voyons SLI encore mentionnés sous ce nom *°. Chacun a lu dans Shakespeare le chant funéraire de Cymbaline :
Fear no more the lightning flash led + 4° Nor the all dreaded tester lun , V CA X à A fr A à es $ Ua} j rés y € 4 Nous voyons les Donner-Keile en | Allemagne, les Donner-Axt : à : #) en Alsace, les Donner-Beitels en Hollande, les Tordensteen en SACS €,
1. Cartailhac, L'âge de pierre dans les souvenirs et les superstitions populaires.
2. Peu de temps avant sa fin déplorable, le noble et regretté Gordon envoyait au Caire trois haches ou coins en pierre trouvées chez les Niams-Niams qui les prétendaient tombées du ciel et qui leur rendaient un culte superstitieux (Bull. Institut égyptien, 1886, n°14).