‹ Mœurs et monuments des peuples préhistoriquesChapitre 81 sur 107 · Ass. franç. Lille, 1874, p · texte numérisé non relu

Ass. franç. Lille, 1874, p

modes d'opérer ont certainement été employés. Les trépanations posthumes étaient faites par section à l’aide d’un instrument en silex qui agissait comme un ciseau ou comme une scie. L’opération sur le vivant offrait plus de difficulté; Broca pensait qu'elle n'avait pu être exécutée par le procédé de rotation, tel qu'il est employé aujourd'hui encore par nos bergers dans les maladies de leurs moutons. La forme elliptique de la blessure était pour lui un argument décisif. Il inclinait à croire qu’elle était produite par raclage au moyen d’une petite lame en silex, après dénudation de l'os sur le point choisi ‘. Les découvertes faites depuis la mort de notre éminent anthropologiste doivent modifier cette opinion. Le travail osseux inflammatoire que l’on constate sur le bord de certaines perforations prouve qu’elles étaient produites en sciant l’os pour détacher la rondelle ?.

L'opération, quel que soit le mode adopté, ne présente ni grand danger, ni grande difficulté. Les expériences toujours heureuses, tentées sur des animaux à l’aide de silex quaternaires, sont la meilleure preuve que nous puissions donner.

Les dimensions de ces perforations varient à l'infini. On en cite une qui ne mesure pas moins de quatorze centimètres”, c’est une des plus grandes connues. Les trépanations se montrent sur toute la voûte crànienne; le frontal même n'était pas épargné, comme on le croyait tout d’abord, et le docteur Prunières mentionne onze cas où 1l était Le siège de l'opération.

La trépanation, répéterons-nous en finissant, n’est pas en ellemême une opération dangereuse ; si elle est de nos jours presque toujours mortelle, c’est parce qu’elle n’est guère tentée que dans les cas désespérés. Ce qui fait périr les opérés, ce n’est pas l’opération, c’est le traumatisme cérébral dont elle a pour but de conjurer les effets. L'histoire nous apprend qu'elle était connue dès la plus haute antiquité; Hippocrate en parle comme fréquemment employée par les chirurgiens grecs. Elle est pratiquée de nos

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