Fouqué, Nature, 18177, 2° sem., p. G
2. Lib. VI, c. xvr et xx. — Pline l'Ancien, oncle et père adoptif de Pline le Jeune, perdit la vie dans cette catastrophe qui eut lieu en lan 79 après J.-C.
3. Cigalla, Acad. des sciences, 12 novembre 1866. — Fouqué, Acad. des scienres, 25 mars 1867. — Un Pompéi préhistorique (Revue des Deux-Mondes, 15 oct. 1869).
et Les déblais ont fait apparaître des habitations, que la lumière du jour avait cessé d'éclairer depuis de bien longs siècles. La butte qui recouvre les ruines préhistoriques atteint une hauteur de vingt mètres; elle est en majeure partie formée de pouzzolane amoncelée par quelque cause accidentelle, à une époque relativement récente. Sous la pouzzolane, une couche d’humus assez mince renferme des fragments de poterie d’origine hellénique ; elle indique la limite des âges historiques et recouvre le banc de tuf ponceux vomi par le volcan. C’est dans ce tuf, à 2",50 de profondeur, que furent découverts les premiers vestiges des constructions. En continuant les fouilles. on mit au jour deux maisons avec des portes, des fenêtres, des murs de refend, et dans l’une d'elles, cinq chambres différentes. D’autres découvertes suivirent rapidement les premières, tant dans l’île de Thérasia qu'à Acrotiri situé sur l'ile principale, qui a donné son nom au groupe. Le plan de ces maisons est un parallélogramme irrégulier dont les angles sont arrondis et les côtés plus ou moins courbes. Ces dispositions diffèrent singulièrement de celles adoptées dans la Grèce et aussi de celles en usage à Thérasia postérieurement aux éruptions volcaniques. Les maisons ne diffèrent pas moins par leur mode de construction. Les murs sont de gros blocs de lave posés les uns au-dessus des autres, sans trace de chaux ni de ciment et simplement reliés par une terre rougeûtre mêlée de paille hachée ou d'algues marines. De grosses branches d’olivier ou de cyprès encore revètues de leur écorce sont noyées dans la maçonnerie. Ces pièces de bois d’un diamètre très variable devaient servir à donner aux murs la solidité nécessaire pour résister aux tremblements de terre, dont les antiques habitants de Santorin connaissaient par expérience les désastreux effets. Il est curieux de retrouver aujourd’hui encore ce même procédé employé dans les îles de Archipel exposées aux mêmes dangers. Les portes et les fenêtres présentent des cintres grossiers et la toiture paraît avoir eu la forme d’une voûte surbaissée. Elle était en pierres recouvertes d’argile et soutenue par des troncs d’olivier dont les débris carbonisés gisent sur le sol
des demeures écroulées. Ces troncs ne portent aucune trace de l'emploi d'outils en fer, les recherches n’ont donné ni un clou, ni un lien en métal; nous devons en conclure que les constructions remontent à l’âge où la pierre seule était employée.
Les parois intérieures paraissent n'avoir reçu aucune espèce d'enduit. Dans une seule des maisons déblayées à Acrotiri, les murs étaient revêtus d’une couche de chaux et d’une ornementation dont les couleurs gardaient encore au moment de la découverte un éclat extraordinaire.
Dans toutes les maisons et dans les diverses chambres de chaque maison, on rencontre sous la couche de tuf qui les recouvre des masses de lave et de scories volcaniques. C’est la preuve la plus éloquente du mode de destruction qui les a atteintes. Auprès d'une des habitations de Thérasia, il existait une petite construction cylindrique, d’un mètre environ de hauteur; ce ne pouvait être un puits, car elle reposait directement sur la lave imperméable ; ce ne pouvait être une citerne, à raison de sa faible surface. Était-ce un autel, comme quelques personnes l'ont supposé? Nous l’ignorons, et bien que le sentiment religieux ne fût probablement pas plus étranger à ces races primitives qu'il ne l’est de nos jours aux peuplades les plus barbares, 1l est imprudent de conclure là, où on ne peut pas prouver.
Les fouilles successives ont donné une foule d'objets qui jettent une lumière nouvelle sur les mœurs et les habitudes des habitants. Les vases en terre cuite sont surtout nombreux (fig. 88); ceux que l’on rencontre le plus fréquemment sont de grands récipients de couleurjaune qui n’ont pas moins de cent litres de capacité. Ils sont munis en général d’un lourd rebord et portent autour du col une sorte de bourrelet sur lequel le potier à l’aide de ses doigts a tenté une ornementation grossière. D’autres vases en pâte plus fine, colorés en jaune ou en rouge, sont couverts d’ornements ou d’arabesques d’un dessin gracieux, de guirlandes de fleurs ou de fruits souvent d'un travail remarquable. Des coupes aux anses arrondies et élégantes, les unes fabriquées avec une terre rouge et ferrugineuse, les autres
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