Lamartine
Les fouilles de la colline d'Hissarlik, commencées par le Docteur Schliemann en 1871 et poursuivies par lui pendant plus de dix ans, ont donné au contraire les résultats les plus positifs. À seize mètres de profondeur, ces fouilles atteignaient le sol vierge formé d’un calcaire coquillier très dur. Les immenses amas de débris dont se compose Le remblai remontent à des époques différentes ; nous sommes en présence d’une pentapole perpendiculaire, si ce mot est permis. Une ville était détruite par le feret Le feu ; une ville nouvelle surgissait rapidement sur ses ruines, bâtie avec des pierres arrachées aux ruines elles-mêmes. L'étude des décombres superposés permet aujourd’hui de reconstituer cet antique passé, et le professeur Virchow a pu dire avec raison que la colline d'Hissarlik serait à jamais considérée comme un des témoins les plus autorisés de l’histoire de la civilisation ‘
La première couche de décombres descend jusqu’au roc; elle pourrait bien appartenir à la ville bâtie par Dardanus, à celle que Tlépolème raconte avoir été détruite par son aïeul Hercule ?. Six générations suivant le récit d'Homère, deux siècles selon les calculs généralement admis, séparent Dardanus de Priam ; si donc nous acceptons comme date de la guerre de Troie 1200 ans avant J.-C., la fondation de Dardanie remonterait à 1400 ans avant l’ère chrétienne et nous posséderions des points derepère, sinon certains, du moins très approximatifs *.
Il ne reste guère debout que quelques murs des constructions élevées par les premiers habitants de la colline d'Hissarlik. Ces murs sont construits en gros blocs irréguliers, les murs de refend en petites pierres cimentées avec de l'argile et revêtues d’un enduit que les siècles ont respecté.
1. Schliemann, Troy and its Remains translated by J. Smith. London, Murray, 1875. — Ilios ville et pays des Troyens, trad. par Mme E. Egger. Paris, Hachette, 1885. — E. Burnouf, Revue des Deux-Mondes, 1er Au 1874. — Virchow, Alt Trojanische Gräber und Schädel.