‹ Mœurs et portraits du tempsChapitre 24 sur 111 · SCÈNE V LE CRÉDIT FONClBti, ieul · texte numérisé non relu

SCÈNE V LE CRÉDIT FONClBti, ieul

Un ami ! un véritable ami 1 comme s*il en restait sur ce globe de malheur. ( Etendant le bras vers la porte,) \9it je t'ai pénétré, j'ai lu clair dans ton âme. Tu joues à la baisse sur nos actions, rien de plus évident; tu fais cause commune avec notre Attila, notre fléaUi celui qui écrase nos cours quand il le peut^ et n'y épargne pas les millions. Voilà ton rôle^ voilà ta tnanœuvre» c'est prouvé maintenant. Petit serpent! couleuvre réchauffée dans mon. sein I Et moi qui l!écoutais I moi qui discutais avec lui I moi qui y mettais de la bonhomie I {Avec

un sourire mal contenu. ) simplicité de mon cœur, quels tours abominables tu me joues I

{lise redresse comme un homme qui vient d'être frappé d'une idée imprévue, reste immobile pendant qnelques instants^ puis joint exprès^ sivement les mains. )

Là I là ! là ! Comment n'y ai-jé pas songé plus tôt? Pourtant la chose saute à Foeil : impossible de s'y abuser. Ce garçon vient de me parler du gouvernement : qu'est-ce à dire? Me minerait on en haut lieu? Essaierait-on de m'y desservir? Il y a des gens si sournoïs ! (// réfléchit^ uHé pause. ) Point d'illusion ; je suis toléré, voilà tout : on m'épie, 6n me surveille, on ne cherche que l'occasion de me trouver en défaut. (Autre pause.) Comment déjouer ces trames? Où prendre un point d'appui? (// se recueille.) Si je joignais mon affaire à

l'une 4e celles qui sont en faveur? Si je me rapprochais des hommes qui ont le vent pour eux , rôreille des grands et un crédit inébranlable? Voilà une combinaison : marie, elle doit réussir. [Faisant quelques apprêts pour sortir.) En allant voir ce qui se passe à la Bourse, j*y réfléchirai.

De quoi s*agitil? de se ménager quelques défenseurs » là où ils sont utiles. Pour peu que

j*aîe de chance, je dois en trouver et de premier choix.

(// achève ses préparatifs d*un air distrait y et dans sa préoccupation détache son schapska et son grand sabre polonais. Déjà même il vient de ceindre le sabre et de se coiffer du schapska^ lorsqu*il s^aperçoit de sa méprise. Il en rit de bon cœur; ses secrétaires F imitent,) Où avais-je Fesprit ? Comme si j'allais en guerre ! Cest bien aussi une guerre ; mais elle exige d'autres armes que celles-ci. ( // donne quelques ordres pour le travail des bureaux,) A quatre heures, la signature ; tenez les dépêches préparées. {A part. ) Décidément, il faut que je me renforce, il faut que je me renforce ! ( // sort. )

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