I.K8 ttOUaSBB A PARIS
Voici plus de vingt ans que l'on entend parler avec une certaine emphase de ramélioration des races de chevaux et des soins qu'y apporte une société libre, composée d'hommes de loisirs, et que Ton nomme la Société d'encouragement. Si vraiment le bien qu'on en dit est fondé , il ne devrait plus exister en France que des sujets de chois, distingués par la beauté et la vigueur des formes , ayant toutes les qualités requises de vitesse et de reproduction.
Dois-je l'avouer? Il m'est venu un doute là-dessus et je demande la permission de l'exprimer. Avant que la Société d'encourag:ement n'opérât tant de merveilles et ne jetât un si vif éclat, nous avions
an liES COURSES a paris.
des races nationales , auxquelles on ne contestait pas de certains titres à l'estime des connaisseurs. Dix provinces au moins s'étaient fait, en France, un nom pour leurs chevaux et cette réputation passait même la frontière et obtenait la sanction de l'étranger. Ainsi la Normandie fournissait des bêtes de trait, la Franche-Comté, ^ des bétes d'attelage; en fait d'espèces, appréciées des écuyers, nous avions le Limousin qui n'a plus d'équivalent, et parmi les races dur^ au travail, les chevaux de l'Âuvei^ne et du Morvan , de la Bretagne et de la Brenne» les Ârdennois, les Percherons, et las bidets des Pyrénées. Telles étaient nos richesses, et en*core manque-tr-il plus d'une race à ce dénombrement.
Or, que sont devenues ces espèces naguères si florissantes? Hélas I il faut bien le dire ; elles sont anéanties ou à pei^ près : les unes oi)t été négligées pour des essais moins heureux, les autres dbfttarr dies par des croisements. A peine oiterait^on quelquelques exceptions à cette dégénérescence* Les hommes qui ont étudié le cheval peuvent varier sur l'appréciatipn des causes ; aucun ne canteste-
LES GOUESES ▲ PARIS. 993
rait le fait; il çst de ceux qui frappent rçeil te béoiûs exercé* Nos vieilles et bonnes races s*en vonti et pour peu qUe le& cbQses durent, elles) n^f^xisteront l^entôt plus qu'en souvenir*
Voilà nos pertes; maintenant qu*y avouMious gagné) Quelques courses d'hippodrome , des spectacles pour les oisifs. Qu'on établisse la balance I
^insiste. Le cheval de France, quand il esistait^ était un produit naturel , ou le sang entrait pour une part, le climat et Téducation pour une autre part. On ne lui demandait ni des qualités ni une structure uniformes ; on admettait qu'il dût varier d'une province à Tautre , ici plus vigoureqx , là plus élégant, propre à un service de force ou à un service de vitesse. Le Comtois était bien un Conatois , le Normand un Normand » le Percheron un Percheron : ppint d'étiquette mçnteuse. Aussi chaique race av$iit-eile un caractère propre i ses avantages, ses inconvénients aussi et en même teu^ps sa destination.
Le cheval,, tel qu'on l'envisage aujourd'hui ne coipporte plus cette variété de types ; tout se réduit à un Sfiul : c'est le cheval de courte ^ animât