SCÈNE PREMIÈRE
LE SiRAIL
(Chez le Grand Vizir. Cet enfant àe Sfahomei repose le plus nonchalamment du monde sur les coussins cTun divan ; il achève une tasse de café noir comme de V encre ^ mais délicieux, Cest du moka premier choix^ venu directement de CYemen. Sa pipe est chargée de ce tabac incomparable que fournissent les environs de Latakiéh. Pour varier ses plaisirs, il fume et boit alternativement. A ses côtés est assis sonKaîmakany c'est-à-dire^ un autre lui-^méme,
son représentant , celui gui exécute ses ordres, La langue turque est très -laconique ; elle exprime beaucoup de choses en un seul mot. Ce Kaimakan a Pair de se plaire beaucoup avec le Grand Vizir; il est vrai qu'il est payé pour cela, V entretien roule sur toute autre chose que
les destinées de F Empire.)
LE GRAND VIZIR
Gloire à IMea I Nous n'aurons rien à faire aujourd'hui avec les Giaours.
LE EAÎMAEAir.
L'esprit du prophète t'inspire dans tout ce que tu dis. Nous n'aurons rien à faire.
( Au moment qû le Kaimakan achetée ces paroles^ un grand bruit se fait entendre à la porte. Des mois assez vifs sont échangés^ et un bimbachi pénètre dans la pièce où se tient k Qrand Vizir. Cet homme a été sef babouches y et 4 peine entré il se prosterne le frûnf contre terre. ]
LE GRAND VIZIR
Par la barbe du Prophète, nw signifie pe hruit ?
DE LA QUISTIOM D'ORISNT. . AT»
Li BiHBACHi) toujours h froiii uu niv^Q^ûu SOly et sans oser lever les yeux* Moscovito 1 Hoscovito I
{Une main brusque soulève la portière^ ei deux personnages costumés à V européenne entrent sans être annoncés, Cest Vambassadeur russe accompagné de son secrétaire» Ils sont tous deux en paletot j avec des éperons aux bottes. Un éclair de colère brille dans les yeux du Grand Vizir ^ et le Kaimakan porte involontairement la main à son sabre de Damas. Cependant ils se contieip' nenty après avoir vu à qui ils ont affaire.) l'ambassadeur ) entrant.
Me voici ; j*arrive du fond de la mer Noire et j*ai voulu causer avec toi sur-le-champ. Mon sultan n'est pas content du tien.
LB GRAND VIZIR, sc tetranchant dans le style
oriental.
Quêtes jacinthes soient toujours fleuries ! Assiedstoi sur ces coussins. Si tu viens du fond de la mer Noire, tu dois avoir besoin de te rafraîchir. (iSi^r un signe du Kaimakan, des serviteurs s' empressent d'apporter aux deux étrangers ta
pipe^ le café^ dés sorbets et des plateaux chargés de confitures. Le Grand Visir déclare quHl ne s* occupera éC affaires que lorsqu'il aura rempli ces devoirs d^ hospitalité. Les serviteurs se succèdent en offrant toutes sortes de friandises confectionnées dans le séraily gâteûuop d'amandes^ pâtes de coings^ nougats de toute espèce. Après la pipe vient le narguilé oit la fumée du tabac traverse une boule de verre remplie et eau de rose.) l'ambassadeur, sans se départir de sa raideur. Marntenant^ tu m*écoutes, n'est-ce pas?
LE GRAND VIZIR
Que le Prophète m'assiste ! Je suis ton serviteur et celui de ton sultan. Parle.
l'ambassadeur.
Eh I bien on fait ici trop pour les autres et pas assez ponr nous. Il n'y a que le Moscovite qui doive compter pour quelque chose à Stamboul; enlends-tu?
le grand vizir.
Gloire à Dieu ; tu jbs bien raison. Que sommesnous? Les plumes de vos ailes. Commande.
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