‹ Mœurs pittoresques des insectesChapitre 18 sur 26 · LE PHILANTHE AP1V0RE · texte numérisé non relu

LE PHILANTHE AP1V0RE

La mort moissonne, tout d'abord et sans exception, les ouvrières et les mâles, aussitôt que le thermomètre descend à quelques degrés au-dessous de zéro. Vient ensuite le tour des femelles : presque toutes périssent; à peine en reste-t-il quelques-unes qui traversent à grand'peine l'hiver, plongées dans l'engourdissement, et sans prendre la moindre nourriture. Au début du printemps, de tout cet édifice somptueux qui a coûté tant de travail et de dévouement, de toute cette nation naguère si animée et si populeuse, il ne reste plus qu'une habitation déserte : le froid, la faim, la mort en ont fait une solitude silencieuse. Le guêpier, entièrement abandonné, n'a servi qu'une année. On n'y voit plus une seule Guêpe ; tout ce qui a échappé à la ruine a dit un dernier adieu à la commune [patrie : Mon n'est plus ! Chacun, nouvel Enée, s'en est allé à la recherche d'un lieu favorable pour jeter les fondements d'une autre république : elle passera, à son tour, par les mêmes vicissitudes.

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