‹ Mœurs pittoresques des insectesChapitre 19 sur 26 · LE PHILANTHE APIVORE · texte numérisé non relu

LE PHILANTHE APIVORE

Les abeilles n'ont pas d'ennemi plus dangereux que le Philanthe ; la guerre acharnée qu'il leur fait pour nourrir ses petits, lui a valu son surnom, mais il n'est le fléau d'insectes utiles que pour assurer la conservation de sa postérité ; c'est une circonstance atténuante : combien de guerres, parmi nous, n'ont pas d'excuses aussi valables !

Le Philanthe apivore n'est pas rare aux environs de Paris. A l'époque où il s'apprête à propager son espèce, on le voit fréquenter les terrains sablonneux bien exposés au soleil : c'est là qu'il bâtit son nid. Ses mœurs ont été particulièrement étudiées par le célèbre professeur Latreille. En sa qualité de Fouisseur émérite, le Philanthe se sert de ses mandibules en guise de pince et de levier ; ses pattes antérieures font office de pelle et de ratissoire. Sa première tâche maternelle consiste à creuser une galerie à peu près horizontale, longue parfois de trente centimètres; l'insecte ne recule pas devant cette tâche difficile, il s'y dévoue avec ardeur. Une fossette capable de recevoir sa tête est d'abord creusée : la coupe de cette tête servira de module à celle de la galerie. A l'aide de ses mandibules, le Philanthe détache les particules déterre les plus volumineuses et les transporte hors du terrier. A mesure qu'il mine, les décombres s'accumulent; déjà ils embarrassent l'entrée et pourraient fermer le passage en s'éboulant, il s'agit donc de déblayer pour faire place à de nouveaux débris. Le valeureux pionnier sait son métier ; il sort de sa galerie à différentes reprises, marche à reculons, agite incessamment son abdomen en l'élevant et l'abaissant tour à tour , parvient aux décombres , et les rejette derrière lui avec ses pattes postérieures. La galerie se creuse de plus en plus ; de nouveaux matériaux l'obstruent ; le Philanthe, alors, de faire jouer, derechef, ses pattes et son ventre ; tous les déblais sont expulsés au dehors , l'avenue du souterrain est entièrement libre.

Pendant ce travail, il arrive, parfois, que la voûte de l'édifice s'écroule ; notre insecte restera-t-il ense-

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