‹ Mœurs pittoresques des insectesChapitre 7 sur 26 · LE LAMPYRE — LES DRILLES · texte numérisé non relu

LE LAMPYRE — LES DRILLES

Tanimal se fait passage en contractant et en allongeant alternativement les anneaux de son corps.

Larves et nymphes de vers luisants jouissent de la faculté phosphorescente comme l'insecte parfait.

Si les larves des lampyres sont friandes de colimaçons, celle d'un petit coléoptère ailé, le Drille flavescent, n'est pas moins gourmande de ce mollusque. Elle n'a pas besoin de lanterne pour découvrir sa proie. Sa chasse a heu à la face du soleil ; elle s'insinue entre le corps du colimaçon et sa coquille, ronge en détail le maître de céans, et prend possession de sa tente pour se changer en nymphe. En sa qualité de voleuse de profession, elle sait prendre ses sûretés contre les maraudeurs ; avant de subir sa métamorphose, elle ferme la porte avec la dernière tunique dont elle s'est dépouillée comme larve. Le Drille mauritanique attaque le gibier d'une façon encore plus pittoresque et tout à fait ingénieuse. Sa larve en veut surtout auxCyclostomes, mollusques dont la coquille, roulée en cercle, se ferme d'un opercule. Il s'agit pour elle d'entrer dans un logis bien défendu. Inutile de chercher à forcer l'entrée ; la porte est tellement verrouillée, qu'elle ne laisse aucun passage pour la pince la plus fine ; d'ailleurs les mandibules du drille ne sont pas de taille à tenter l'effraction. Gomment donc parviendra-t-il à satisfaire sa convoitise? Par la patience et la ruse, ces armes toutes - puissantes avec lesquelles la faiblesse triomphe plus sûrement que la violence; dès que le cyclostome est à sa portée, il saute sur lui et se cramponne à sa coquille , à l'aide d'une ventouse dont il est pourvu : ainsi posté, il fait sentinelle. Le cyclos-

tome ne se berce pas d'illusion. Certain que l'ennemi est à califourchon sur sa maison, il se renferme dans sa citadelle, résolu d'y soutenir un long siège; mais que peut le plus grand courage contre la faim? La garnison est bientôt à bout de vivres; cyelostome et drille de jeûner à l'unisson ; deux jours, trois jours se passent dans les tortures de l'estomac; à un moment donné, la famine est si grande dans la place, que, mourir pour mourir, le cyclostome se décide à tenter une sortie ; c'en est fait de lui ; l'opercule se détache, la larve n'attendait que ce moment; prompte comme l'éclair, elle s'élance sur le battant entre-bâillé, mord le muscle qui fait adhérer l'opercule au corps du cyclostome, et s'empare de la place. L'infortuné mollusque est perdu sans ressources ; pour lui, point de retraite possible; sa porte ne peut plus se refermer ; le drille est désormais en possession de sa forteresse : le scélérat chante sa victoire en faisant curée de la garnison.

L'HYDROPHILE BRUN

On se tromperait étrangement si l'on croyait que les insectes ne vivent que sur terre. Les lacs, les marais, les étangs, toutes les eaux dormantes et les ruisseaux en recèlent un grand nombre, qui, pour habiter un milieu uniforme, n'en présentent pas moins des mœurs variées. Leur humide séjour est le témoin-né de leurs ruses, de leurs guerres et de

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leurs métamorphoses, c'est dire qu'une partie de leur existence échappe souvent à nos regardé; mais quand, à force de patience et d'observation, on est parvenu à saisir quelques-uns de leurs secrets, on se convainc facilement que le théâtre aquatique en vaut un autre, et qu'il n'est pas indigne d'être étudié.

Sans parler d'une foule de Diptères dont les larves vivent dans l'eau, plusieurs ordres d'insectes y ont aussi leurs représentants. C'est dans les eaux que les Libellules passent la première période de leur vie, côte à côte avec les Friganes ; là aussi se trouvent les Notonectes, insectes qui nagent toujours sur le dos, le ventre en l'air; les Nèpes, les Naucores dont les pattes antérieures sont façonnées en armes de guerre pour saisir et déchirer leur proie ; les Corises au corps argenté, la Ranâtre linéaire, et ces essaims folâtres de Gyrins sans cesse tourbillonnant à la surface de l'eau, comme s'ils étaient condamnés à y tracer d'éternels cercles magiques.

Les Dytiques surtout tiennent cour plénière dans nos eaux douces ; ils y vivent presque continuellement, bien qu'ils aient aussi la faculté de voler; leurs quatre derniers pieds, transformés en appareils de natation, en font de droit des citoyens de l'humide empire. Plus que tous autres, ils sont carnassiers; chasseurs de gibier dès leur état de larves, ils ne quittent leurs mœurs guerrières qu'avec la vie. Malheur aux insectes qui se trouvent à leur portée! Cuirassés qu'ils sont de la tête aux pieds, ils n'ont rien à redouter; toujours ils sont les premiers agresseurs ; de toute la force de leurs rames ils s'élancent sur leurs victimes, les saisissent avec

leurs pattes antérieures et se servent de ces appendices, comme de mains, pour les dévorer. Ainsi que Tindique leur nom, les dityques sont d'excellents plongeurs; mais quoiqu'ils puissent rester longtemps sous l'eau, ils ne peuvent se passer d'air indéfiniment ; ils sont obligés de venir respirer de temps en temps. Pour se porter à la surface, ils n'ont qu'à tenir leurs pattes en repos et se laisser flotter ; plus légers que l'eau, ils n'ont aucune peine à surnager; l'extrémité inférieure de leur corps vient s'appliquer à la surface en la dépassant un peu; dans cette position, l'insecte soulève un.peu ses élytres ou baisse le bout de son ventre, l'air s'introduit sous les ailes : le dytique en fait provision. Veut-il gagner le fond , il rapproche vivement son abdomen des élytres; le vide qui les séparait se trouve bouché, l'eau n'y peut plus pénétrer.

Les dytiques, en leur qualité de bons voiliers, ne se confinent pas dans une seule mare; aux approches de la nuit, on les voit voler, en bourdonnant, d'étangs en étangs ; ce sont là leurs ébats aériens.

Les larves ont le corps long et effilé, défendu en dessus par des plaques écailleuses qui revêtent les neuf premiers anneaux et débordent un peu sur les côtés ; le ventre est la partie la plus vulnérable : une simple peau molle le couvre; il se termine en pointe et est garni à son extrémité de franges de poils flottantes qui aident à la natation. Quand la larve veut changer de place ou fuir quelque ennemi, il lui suffit d'imprimer vivement un mouvement vermiculaire à son corps en battant l'eau avec sa queue. Le temps de la transformation venu , la larve du dytique quitte l'eau et va s'enfoncer, non loin de là, dans la terre;

L'HYDROPHILE brun

elle s'y ménage une cavité de forme ovale et s'y change en nymphe, puis en insecte parfait.

Mais, de toute la tribu des insectes aquatiques, l'Hydrophile brun est un de ceux dont les mœurs ont été le mieux observées; les détails qui suivent sont empruntés à un mémoire publié par M. Miger dans les* Annales du Muséum d'histoire naturelle ;

« Ponte. — Dans les premiers jours de mai, je pris, dit l'auteur, dans la mare du Petit-Gentilly , près de Paris, plusieurs hydrophiles bruns , et je les plaçai dans un bocal rempli d'eau, parmi des plantes aquatiques dont ils firent leur principale nourriture; ils dévorèrent aussi avec avidité des larves mortes et des limaçons d'eau (Panorbes, Limnées). Ces insectes cherchèrent bientôt à s'accoupler; et, quelques jours après, la femelle se mit en devoir de filer sa coque.

Je la vis s'attacher au revers d'une feuille qui flottait sur l'eau, s'y placer en travers, et, allongeant ses premières paires de pattes, les appuyer sur le dessus et de chaque côté de cette feuille, de manière à lui faire prendre une légère courbure. L'abdomen était fortement appliqué au revers de la feuille et laissait voir à son extrémité deux appendices qui s'avançaient et se retiraient avec vitesse, et desquels paraissait sortir une liqueur blanche et gommeuse.

Cette liqueur était le principe de la coque, et les appendices étaient les deux filières de l'hydrophile. En considérant plus attentivement ces filières, je vis qu'elles déposaient çà et là, dessous la feuille, des fils argentés qui, appliqués successivement les uns sur les autres, formèrent une petite poche demi-cir-

Digi

culaire dans laquelle l'extrémité de l'abdomen se trouva comme engagée. Au bout de dix minutes environ, l'hydrophile retirant ses pattes de dessus la feuille, se retourna brusquement et se plaça la tête en bas, sans ôter pour cela de la coque l'extrémité de son abdomen. Dans cette nouvelle position, l'insecte se tenait à peu près immobile, les quatre pattes antérieures étendues, et les deux autres fortement accrochées dessous la feuille et de chaque côté de la coque. Pendant près d'une heure et demie, je distinguai facilement au travers du tissu tous les mouvements de la filière; c'était un pinceau à deux brins qui se promenait de droite à gauche et de haut en bas, avec beaucoup d'agilité dans l'intérieur de la coque, et qui enduisait ses parois et ses bords extérieurs de cette liqueur gommeuse dont nous avons parlé. Cette coque, travaillée de cette manière et toujours en dedans, s'accrut , s'épaissit, et devint enfin si compacte, qu'il me fut impossible de distinguer les mouvements de la filière.

Cependant de petites bulles d'air commençaient à s'échapper de l'intérienr de la coque. Je pensai que c'étaient les œufs qui occasionnaient ce déplacement. En effet, au momenf où l'hydrophile écartait son abdomen de l'extrémité de ses élytres, j'aperçus distinctement de petits corps oblongs et blanchâtres qui se plaçaient les uns à côté des autres, et que les filières recouvraient à mesure d'une liqueur blanche et transparente. En trois quarts d'heure la ponte fut achevée, l'insecte retira peu à peu son abdomen de dessous la feuille, ferma sa coque assez imparfaitement, et prit une nouvelle position.

Il lui restait à former la pointe cjui termine cette

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L'HYDROPHILE BRUN

coque. Pour y travailler, l'hydrophile, ayant toujours la tête en bas, ramena ses pattes postérieures sur la feuille et les plaça de chaque côté de la coque ; les élytres , dont l'extrémité se trouvait à fleur d'eau, étaient écartés de l'abdomen et dépassés de quelques lignes par l'anus qui était très-dilaté. Rien ne cachait plus les filières ; on pouvait en suivre tous les mouvements : ils étaient continuels et rapides. Il fallut cependant plus d'une demi-heure à l'hydrophile pour former cette pointe ; l'insecte portait ça et là, au-dessus de la coque et sur le bord de la feuille , un fil délié et jaunâtre qui prenait au même instant de la fermeté; bientôt, de nouvelles couches étaient appliquées sur la première, et comme la dernière dépassait toujours de quelques millimètres la précédente, il se forma insensiblement un appendice mince et conique d'une couleur jaune citron qui s'éleva à deux centimètres environ audessus de la surface de l'eau. Ce travail achevé, l'hydrophile dirigea légèrement la filière, de haut en bas, le long de la pointe, et ramenant, à mesure, tout son corps sous l'eau, il abandonna la coque qui, dès ce moment, fut terminée. Tous les travaux de la ponte durèrent environ trois heures.

On sait que les hydrophiles, lorsqu'ils sont dans l'eau, ont la faculté de tenir de l'air en réserve sous leurs élytres ; il en est même qui ont continuellement une bulle d'air sous leur abdomen, de manière qu'en se posant sur un corps solide placé dans l'eau, il se fait entre les deux corps un vide qu'occupe aussitôt la portion d'air qui était destinée aux organes de la respiration. C'est le même air qui est renfermé dans la coque de l'hydrophile; il en est la

première condition, il sert à l'insecte pour respirer pendant tout le temps de son travail , et il préserve ses œufs de l'inondation.

L'hydrophile a besoin d'un point d'appui pour asseoir les premiers fondements de son édifice ; les plantes, sèches ou fraîches, lui sont également propres ; il y fixe sa coque.

Tous les naturalistes connaissent les coques de l'hydrophile. Leur forme 'est ovoïde, et la pointe qui les termine les fait aisément remarquer à la surface des eaux stagnantes ; comme elles sont , pour ainsi dire, moulées sur l'abdomen de l'hydrophile, c'est la grosseur de l'insecte qui en détermine les proportions. Leur couleur est toujours blanchâtre, à l'exception de la pointe qui est d'un brun foncé, l'air séchant et brunissant cet appendice qui, de plat qu'il était d'un seul côté, s'arrondit alors en forme de tube dans toute sa longueur.

L'ouverture préparée pour la sortie des larves se voit à la base de cet appendice ; elle n'est ordinairement fermée que par quelques fils qui, au moyen de l'air renfermé dans la coque, suffisent pour empêcher l'eau d'y pénétrer. Si l'on ouvre une de ces coques, et qu'on enlève toute la section opposée à la partie la plus voisine de la surface de l'eau, on aperçoit quarante-cinq à cinquante petits cylindres légèrement renflés et courbés vers leur sommet, de la longueur de quatre millimètres, groupés en forme de croissant au milieu de la coque, tous dans une position à peu près verticale, à égale distance les uns des autres, et placés chacun dans une case particulière que forme une liqueur cotonneuse ; ce duvet qui retient les œufs est attaché à la partie supérieure de

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la coque, et laisse, à la partie inférieure et tout autour, un espace vide qui s'étend jusqu'à l'ouverture.

La larve de l'hydrophile ne sort pas de l'œuf en laissant une enveloppe vide qui conserve sa forme, comme on le voit à la naissance des larves de plusieurs insectes. L'œuf prend une sorte de développement ; il se gonfle, devient brun et luisant, au point que l'on distingue quelques formes de la larve future, et particulièrement ses yeux ; bientôt la pellicule qui l'enveloppe se rompt, et, au lieu d'un petit cylindre lisse et sans mouvement, c'est une larve deux fois grosse comme lui qui s'agite en tous sens, et ne laisse aucune idée de sa première forme. Elle se dégage avec d'autant moins de peine de l'enveloppe qui la tient emmaillotée, qu'il se trouve, audessous de sa tète, un espace libre pour la recevoir, et il est à remarquer que les têtes de toutes les larves sont, à cet effet , dirigées de ce côté. C'est dans cette partie inférieure de la coque que les larves se retirent; c'est là que, pendant plus de douze heures, elles s'agitent les unes sur les autres, sans laisser aucune trace des cases cotonneuses qui les tenaient séparées, et sans prendre de nourriture.

Naissance. — Les œufs éclosent ordinairement dans l'espace de douze à quinze jours : la température de l'atmosphère hâte ou retarde la naissance des larves et leur sortie de la coque. Ces insectes ont à peine quitté leur nid, qu'on les y voit rentrer, en sortir de nouveau, s'y attacher en groupes, et se jouer tout autour, jusqu'au moment où le besoin de nourriture les force à s'en écarter et les disperse tous.

Les larves changent plusieurs fois de peau dans l'eau. Toutes celles que j'ai élevées à la sortie de Peau sont mortes après le premier changement de peau ; mais, aux approches de l'été, je m'en procurai d'autres qui parvinrent toutes à leur dernier développement ; je les mis dans l'eau de fontaine, et elles y nagèrent avec facilité, en agitant vivement leurs pattes garnies de poils.

Transformation. — Lorsque ces larves approchèrent du temps de leur métamorphose, elles cessèrent de manger, et comme elles ne pouvaient sortir du vase qui les renfermait, elles se mirent à entâter les parois avec une sorte d'inquiétude, en élevant leur partie postérieure hors de l'eau, comme pour chercher à atteindre la terre. Je me hâtai de les y poser, mais l'une d'elles était déjà noyée, tant les changements d'organisation intérieure sont rapides et considérables lorsque le temps de la transformation est arrivé.

Les autres larves entrèrent dans la terre en se servant, pour la creuser, de leurs mandibules et de leurs pattes; elles s'y enfoncèrent à cinq centimètres de profondeur, et employèrent cinq jours à se former une retraite en comprimant la terre en tous sens avec leur corps. Cette cavité, à peu près sphérique, d'environ trente millimètres de diamètre, et très-lisse à sa partie inférieure, ne laissait apercevoir aucune issue. C'est là qu'une de ces larves, courbée en arc et posée sur le ventre, attendit pendant dix jours sa métamorphose qui s'opéra assez promptement : sa peau se fendit sur le dos jusqu'au quatrième anneau, à partir de la tète, et la nymphe se fit jour par cette ouverture*

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L'état de nymphe dura trois semaines, pendant lesquelles les parties cornées se colorèrent graduellement. La dernière métamorphose eut lieu de la manière suivante : une longue enveloppe blanche se fendit sur le dos de la nymphe qui, déjà, était un insecte parfait; l'hydrophile se renversa sur le dos, et, à l'aide île ses pattes et du mouvement onduleux de ses anneaux, il parvint à se débarrasser entièrement de cette enveloppe. Aussitôt les élytres, qui étaient appliqués sur le ventre, se placèrent sur le dos ; les ailes se déployèrent et restèrent étendues jusqu'à ce qu'elles eussent pris de la fermeté ; bientôt l'insecte, les retirant sous ses étuis encore blancs et sans consistance, se releva sans effort et se posa sur ses pattes mal affermies. Il prit en vingt-quatre heures la couleur brune qui lui est propre, et resta douze jpurs dans la terre sans faire aucun mouvement; ce temps expiré, il commença à s'agiter, et la dureté de ses pattes et de ses mandibules lui permettant alors de forcer sa prison, il s'échappa par une ouverture assez petite, à la faveur de la flexibilité de ses élytres et de la compressibilité de son corps. On conçoit qu'un temps sec ou humide accélère ou retarde cette évasion.

Ainsi, il a fallu quatre-vingt-dix-huit jours environ à l'hydrophile pour se reproduire dans son état parfait, dont soixante environ ont été passés sous celui de larve. 1

Si l'on récapitule maintenant ce qui vient d'être dit sur l'hydrophile brun, et si l'on se représente à la fois le lieu de son habitation, sa nourriture, ses œufs, la coque qu'il file sous l'eau pour les y renfermer, les mœurs de la larve, la cavité qu'elle

MŒtriS PITTOIt. OI2S lNSkXTtS. 4

forme dans là terre pour s'y métamorphoser, les transformations de la larve en nymphe, les habitudes de cette nymphe , enfin la manière dont l'insecte parfait se dégage de sa dernière enveloppe, et les moyens qu'il emploie pour sortir de sa retraite souterraine, on trouvera dans cette réunion de faits, l'histoire complète de l'hydrophile brun, le plus grand insecte aquatique de nos climats. »

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LES TIPULES

Les Tipules et les Cousins ont un tel air de ressemblance, que si l'on se bornait à leur extérieur, on les prendrait aisément l'un pour l'autre. Tous deux ont le corps allongé et porté sur de hautes jambes; tous deux, parla proéminence de leur corselet et leur tête infléchie sur le ventre, paraissent comme bossus ; mais il suffît de les examiner avec un peu d'attention, pour saisir tout de suite le caractère essentiel qui les distingue : les cousins sont armés d'une longue trompe et d'un suçoir composé de six soies; les tipules n'ont qu'une trompe courte et épaisse, et deux soies seulement en guise de suçoir; les premiers sont essentiellement sanguinaires, tandis que les secondes sont très^pacifiques et ne peuvent nous faire aucun mal : ce dernier signalement moral ne permet plus de les confondre.

Les tipules sont habitantes des prés et des bois, on

LES TIPULES 51

les rencontre depuis le commencement du printemps jusqu'à l'automne. Les plus grandes espèces fréquentent surtout les prairies; les mois de septembre et d'octobre sont ceux où elles y sont le plus abondantes. Elles sont alors si communes, qu'on ne saurait faire un pas sans en faire lever plusieurs. Quoiqu'elles prennent quelquefois un vol assez grand, lorsqu'il fait chaud et que brille un beau soleil, il est ordinairement de courte portée ; souvent elles volent terre à terre et en rasant la surface des herbes. Dans certains temps, elles se servent de leurs ailes, comme les autruches, pour rendre leur marche plus rapide ; leurs longues jambes les aident à voler en poussant leur corps en avant ; elles en font surtout usage en guise d'échasses, pour se soutenir à fleur d'herbes et les traverser plus commodément.

Les petites espèces volent plus volontiers ; beaucoup d'entre elles se tiennent presque continuellement en l'air. Dans toutes les saisons de l'année, sans même en excepter l'hiver, si la température est douce, on les voit, à certaines heures du jour, par un temps calme, monter et descendre par myriades dans l'air en suivant toujours la même ligne verticale; nuées vivantes, elles s'arrêtent parfois à une certaine limite atmosphérique, parfois aussi elles la dépassent ; elles continuent ce manège pendant des neutres entières, sans prendre pied. Ces danses aériennes, sans trêve ni fin, ont l'aspect du bal le plus animé ; c'est le prélude des noces : l'accouplement a Jieu bientôt après.

L'attitude de la plus grande tipule de notre pays (Tipula oleracea) est assez singulière pendant la ponte. Son corps n'est plus parallèle au plan sur le-

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quel elle est posée, situation ordinaire chez tous les insectes; elle se tient droite, campée sur ses deux jambes postérieures, l'extrémité du ventre appuyée au sol par la pointe qui le termine, et ses pattes antérieures accrochées à un brin d'herbe. Quand un œuf est pondu, elle fait quelques pas en avant, toujours dans la même position verticale, et dépose un nouvel œuf dans le trou qu'elle vient d'ouvrir ; tous ses œufs sont semés de cette manière ; ils sont oblongs, un peu recourbés et d'un noir luisant. Chaque femelle en pond une grande quantité.

Les larves des tipules varient selon les lieux qu'elles habitent; en général, elles ont la forme de vers allongés. Les unes sont pourvues d'appendices pédiformes, les autres en sont privées. Les larves des grandes espèces ont la tête petite, ordinairement cachée sous le premier anneau de leur corps et munie de deux cornes et de crochets au-dessous desquels se trouvent deux pièces écaiileuses; ces quatre dernières pièces leur servent à couper et broyer les substances dont elles se nourrissent. Le dernier anneau de leur corps porte deux stigmates par où elles respirent l'air. Ces larves vivent dans les terrains humides des prairies et dans les cavités des arbres à demi pourris. On croit qu'elles se nourrissent de terreau. Elles subissent leur métamorphose dans le sol. La nymphe est de couleur grisâtre. En général, les ailes et les antennes sont ramenées du côté du ventre; les jambes, posées et arrangées à côté les unes des autres, dépassent rarement la moitié du corps; on sait combien elles sont démesurément longues , ce n'est donc pas petite affaire que de les loger : chaque jambe, après

LES TIPULES

être descendue assez bas, se plie dans une de ses articulations; elle remonte ensuite pour se rendre près de la tête; là, elle se plie une seconde fois dans une autre articulation pour redescendre encore :

chaque jambe, de plus, est plissée dans l'étui qui la contient. Ce ne sont pas là les seules particularités qu'offre cette nymphe. Tandis que dans le ver les organes de la respiration existaient à l'extrémité postérieure du corps, l'insecte métamorphosé les fait voir près de la tête; deux petites cornes respirent directement l'air ambiant et le portent aux stigmates du corselet. De lisse qu'était le corps sous sa première', forme, il devient, chez la nymphe, tout hérissé de piquants, tantôt simples, tantôt bifurqués, et dirigés en arrière. Leur usage est facile à deviner. La nymphe tfa point de jambes; vient cependant un temps où elle a besoin |d' aller en avant ; quand sa dernière transformation est prochaine, elle se pousse sur ses piquants pour s'élever à la surface du sol, jusqu'à ce que son corselet soit tout à fait hors de terre : ce but atteint, le dos de la tipule se fend; l'insecte tire successivement tous ses organes de leur fourreau et laisse sa dépouille dans le trou ou elle est à demi engagée.

Les larves des petites tipules ont des habitations plus variées; quelques-unes se cachent dans les bouses de vache ; d'autres se tiennent sur les champignons; plusieurs vivent au sein des eaux.

L'agaric du chêne en nourrit une espèce dont les mœurs méritent d'être remarquées. Elle ne pénètre pas dans la substance de la plante, elle se tient en dessous de son chapeau. Privée de jambes, elle ne fait que ramper, mais, dans sa progression, il lui

faut l'étoffe la plus moelleuse; elle tapisse tous les endroits où elle passe d'un enduit visqueux et brillant. Veut-elle se fixer quelque part, elle fait sortir de sa bouche la liqueur gluante, l'applique en un point, puis la file en lames minces, et, à force de se tourner et retourner, l'étend sur tout son trajet : de cette manière, l'animal se fait un lit bien lisse, beaucoup plus large que ne le demande le volume de son corps. Quand il lui plaît de rester longtemps à la môme place, la tipule en choisit une où les lames de l'agaric présentent un enfoncement et s'y fabrique une tente du même tissu : elle lui sert d'abri contre les injures de l'air, et empêche son corps de se dessécher, point essentiel, car il doit être toujours humide.

Notre larve aime donc que le lieu où elle repose, comme le chemin par où elle passe, soit tapissé. Pour tracer sa route, elle n'a qu'à élever la tête, étendre et coller son vernis devant elle et glisser dessus. Qui jamais a cheminé si voluptueusement? Parvenue à sa croissance entière, la larve s'enfonce dans une coque à grandes mailles construite de la même matière; elle en sort insecte ailé quinze jours après son changement en nymphe.

Les larves aquatiques de tipules diffèrent d'organisation, comme d'habitudes et de formes. Les unes nagent avec une extrême agilité; les autres se construisent des terriers, au bord mouilleux des ruisseaux ; plusieurs se logent dans des fourreaux qu'elles savent se fabriquer avec toutes sortes de matériaux, graines, feuilles ou autres parties végétales en décomposition. Leurs nymphes n'offrent pas moins de variété. Quelques-unes se tiennent immobiles au

fond d*un trou; d'autres se meuvent avec vitesse dans l'eau; mais toutes sont pourvues d'organes spéciaux à l'aide desquels elles viennent respirer l'air à la surface. Quand l'heure de la dernière métamorphose est venue, ces nymphes donnent le jour à des tipules qui n'excèdent pas en grosseur les petites espèces de cousins; elles sont complètement inoffensives.

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Si l'éclat des couleurs devait seul, chez les insectes, attirer nos regards, les fourmis passeraient inaperçues et resteraient confondues dans cette foule d'animaux qui ne se recommandent au naturaliste que par leurs caractères spécifiques ; mais il n'en est pas ainsi. Souvent l'insecte le plus obscur se relève par son instinct et atteste la main divine qui l'a créé; les fourmis en sont un exemple. Si l'on considère l'art avec lequel elles construisent leur habitation, le soin qu'elles prennent de leurs petits, l'ordre intérieur des fourmilières, on conviendra que peu d'animaux présentent des mœurs aussi curieuses et méritent davantage notre admiration.

Tout le monde connaît les monticules que la fourmi fauve élève dans les bois. Son habitation se présente sous l'aspect d'un dôme dont la base est

cachée sous terre. Au premier coup d'œil, on dirait un assemblage grossier de paille, de feuilles, de graines, de brindilles entassées pêle-mêle les unes sur les autres; mais avec un peu d'attention on découvre que ces matériaux ont une destination spéciale, celle de préserver la fourmilière des intempéries de l'atmosphère et de la défendre contre ses ennemis.

Cependant, ce n'est là que l'extérieur du nid ; la majeure partie est enfouie sous terre, à une profondeur plus ou moins grande. Des avenues habilement ménagées conduisent du sommet de l'édifice dans l'intérieur; elles sont d'autant plus multipliées que le nombre des habitants est plus considérable : leur ouverture tient lieu de porte. C'est par là que les fourmis fauves se répandent au dehors. Cette espèce, en effet, aime à vivre au grand air. Pendant le jour, s'il fait beau, on voit les fourmis s'ébattre joyeusement sur leur nid ; mais à mesure que le soleil décline à l'horizon, ou que le ciel se charge de nuages, elles rétrécissent le diamètre de leurs avenues; une grande agitation se produit à la surface de la fourmilière ; les unes charrient des matériaux, les autres les mettent en place et les fixent dans l'édifice ; celles-ci apportent de petites poutres dans les galeries, celles-là les croisent au-dessus de l'ouverture; quelques-unes les recouvrent avec des feuilles sèches; enfin, la nuit venue, tous les passages sont fermés, obstrués, barricadés; les fourmis se retirent dans l'intérieur, non toutefois sans avoir posé des sentinelles qui les avertiront au moindre danger. La scène change à la pointe du jour. Des éclaireurs, d'abord, vont à la découverte en dehors

du nid; plusieurs fourmis montrent de temps en temps leur tète au-dessous des petits toits pratiqués à rentrée des galeries ; la place explorée, la sécurité bien reconnue, on enlève les barricades, les matériaux sont dispersés de droite et de gauche sur la fourmilière, les passages sont rendus de nouveau à la circulation, et la peuplade d'accourir à la surface pour jouir du retour du soleil. Chaque jour, pendant la belle saison, les mêmes opérations se renouvellent ; les jours de pluie, les portes restent fermées, et si le ciel est nébuleux dès le matin, les fourmis n'ouvrent qu'à demi l'entrée de leurs avenues.

Pénétrons maintenant dans leur habitation. Au commencement, la fourmilière n'est qu'une simple cavité pratiquée dans le sol; une partie des fourmis va quérir aux environs les matériaux propres à la construction de la charpente extérieure, et les dispose de manière à couvrir l'entrée de la demeure principale; d'autres fourmis apportent les fragments de terre qu'elles ont détachés pour creuser leur retraite, et les mêlent avec les autres objets, afin de remplir les vides et de donner de la solidité à l'édifice.

Celui-ci n'est point massif, il contient de nombreux étages, plusieurs salles fort basses et d'une construction grossière où les larves et les nymphes sont transportées à plusieurs reprises pendant le jour, et, de plus, des galeries qui aboutissent à une grande salle placée vers le centre de l'habitation; cette salle, beaucoup plus élevée que les autres, est traversée par les poutres soutenant le plafond : c'est là que se tiennent la plupart des fourmis. L'édifice

est donc réellement miné; il céderait sous le poids de ses nombreux habitants, si la terre qui en remplit les interstices, tour à tour délayée par les pluies et durcie au soleil, ne faisait oflice de mortier et ne servait à lier ensemble toutes les parties de la fourmilière. Cette portion souterraine du nid ne peut s'observer que lorsque la fourmilière est adossée contre une pente ; en enlevant le monticule qui la couvre, on voit que les habitations se composent de loges pratiquées horizontalement dans le sol; elles offrent, du reste, les mêmes particularités que la demeure des fourmis brunes.

Ces insectes, Tune des plus petites espèces du genre, se distinguent par une industrie remarquable. Leur fourmilière , de forme arrondie , est ordinairement établie au milieu des prés, des gazons, ou sur le bord des sentiers. Redoutant la grande chaleur, ils se tiennent, pendant le jour, renfermés dans leur habitation, et n'en sortent, par des galeries couvertes, qu'après le coucher du soleil, ou lorsque la terre est encore humide de rosée. Les étages du nid, élevés de dix à douze millimètres, et divisés par des cloisons d'un millimètre environ d'épaisseur, sont composés de parcelles de terre si fines, que les parois internes semblent parfaitement lisses. Ils suivent la pente de la fourmilière, et sont tous superposés. En examinant chaque étage isolément, on y voit des cavités pratiquées avec soin, des loges plus étroites, et de longues galeries qui servent de conmunication; les salles sont supportées par do petites colonnes et par des murailles extrêmement minces. Plusieurs cases n'ont qu'une seule entrée ; il en est dont l'orifice répond à l'étage inférieur; d'autres,

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percées de toutes parts et présentant de larges espaces, forment une sorte de carrefour où toutes les rues aboutissent. Les cases et les places les plus fortes sont occupées par les fourmis adultes, les nymphes habitant des loges plus ou moins rapprochées de ht surface, suivant les heures de la journée et la température de l'atmosphère. Quand un soleil trop ardent pénètre les étages supérieurs, les fourmis se retirent avec leurs petits dans la partie basse du nid; au contraire, si des pluies prolongées rendent les étages inférieurs inhabitables, elles se transportent plus haut avec leurs larves ; c'est là qu'on les trouve réunies lorsque les souterrains sont suhmergés.

Mais comment ces fourmis , travaillant uniquement avec de la terre, peuvent-elles donner assez de solidité à des ouvrages aussi délicats? C'est ici que la Providence se révèle d'une manière admirable dans l'instinct de nos insectes. On sait que les fourmis brunes ne sortent qu'après le coucher du soleil et à la fraîcheur du serein ou de la rosée. Observez-les par une légère pluie, vous verrez tout ce petit peuple en mouvement. Chaque fourmi apporte entre ses mandibules une pelote de terre qu'elle a recueillie au fond de sa demeure, et l'applique à l'endroit choisi; là, elle divise cette particule de terre, elle la pousse avec ses mandibules de manière à combler les plus petites inégalités des murs ou des piliers en construction; à l'aide de ses antennes, elle palpe chaque brin de terre, et lorsque tout [est convenablement disposé, elle l'affermit en le pressant avec ses pattes antérieures.

Une fois les fondements des piliers et des cloisons jetés, Finsecte ajoute de nouveaux matériaux pour donner plus de relief à son ouvrage. Deux petits murs destinés à former une galerie s'élèvent-ils en face l'un de Vautre, la fourmi brune attend qu'ils aient huit ou dix millimètres de hauteur; elle place alors horizontalement de la terre mouillée contre Farête intérieure des deux murs et lui forme ainsi un rebord qui, venant à se rencontrer avec celui du mur opposé , remplit l'intervalle et dessine le plafond; son épaisseur est ordinairement d'un millimètre. De toutes parts les fourmis arrivent avec du mortier; toutes les opérations sont réglées; galeries couvertes, salles, piliers s'élèvent à la fois; un étage succède à un autre étage. Tant que dure la pluie, les fourmis brunes en profitent pour miner, maçonner la terre et la mettre en place. Mais l'édifice n'est pas encore bien solide, il ne tient que par juxtaposition; il faut qu'une averse lie plus étroitement toutes les parcelles de terre et leur donne la cohésion qui leur manque; alors les inégalités de la maçonnerie disparaissent; le dessus des étages composé de tant de pièces rapportées n'offre plus qu'une seule couche de terre bien unie, et n'a besoin, pour achever de se consolider, que de la chaleur du soleil.

Les constructions des fourmis noir-cendrées sont différentes. Cette espèce, comparée aux fourmis brunes, ne possède qu'une industrie grossière. Veutelle donner plus d'élévation à sa demeure, la fourmi noir-cendrée commence par en couvrir le faite d'une épaisse couche de terre tirée de l'intérieur ; elle y creuse des fossés d'une largeur à peu près égale; les massifs qui les séparent servent de base aux

murs intérieurs; des cases y sont pratiquées, et peu à peu l'insecte augmente leur hauteur et les recouvre d'un plafond. Chaque individu travaille de son côté , aussi arrive-t-ii parfois que les constructions ne se joignent pas exactement les unes aux autres; cet obstacle semblerait insurmontable, mais la fourmi ne s'en émeut pas, elle reconnaît l'erreur et la corrige ; rien n'est oublié de ce qui peut faciliter les travaux de la société ; c'est ainsi que les petites brandies, les racines, les accidents de terrain sont mis à profit, et ajoutent encore à la solidité de l'édifice.

D'autres espèces de fourmis ont un autre mode de bâtir; ce sont des fourmis sculpteuses qui se nichent dans les troncs d'arbres, et, sans autres ressources que leurs mandibules, viennent à bout du chêne le plus dur. Leurs nids renferment une multitude infinie de loges, de salles, de corridors, de galeries avec planchers et plafonds surmontés de colonnettes qui laissent voir entre elles la profondeur d'un étage, ou supportés par des cloisons verticales formant une série de cases , le tout d'une couleur noirâtre et enfumée. Ainsi construisent en sculptant les fourmis fuligineuses. La fourmi éthiopienne et la fourmi hercule travaillent de la même manière les troncs des vieux châtaigniers, mais leurs ouvrages sont loin d'avoir la délicatesse de ceux exécutés par les fourmis fuligineuses ; ce sont également d'habiles artistes, mais d'un ordre secondaire; elles possèdent seulement l'instinct remarquable d'employer la sciure de bois à calfeutrer le plafond de leurs cases, à boucher les conduits inutiles, et à établir des compartiments dans les parties trop vastes de leurs labyrinthes.

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