‹ Mœurs romaines du règne d'Auguste à la fin des Antonins (volume 2)Chapitre 128 sur 258 · LIVRE VI. — LES SPECTACLES · texte numérisé non relu

LIVRE VI. — LES SPECTACLES

amateurs poussant cette manie jusqu'au dilettantisme actif, n'étaient même probablement pas rares, comme le montrent les lamentations de Pline Tancien ^ , puisque parfois même des femmes participaient aux exercices de l'athlétique. Au temps de Néron, les amis de cet art faisaient un accueil hospitalier aux a athlètes nouveaux , » et s'empressaient d'assister au spectacle de leurs exercices^. Il paraît qu'il se trouvait dès cette époque, parmi les esclaves des grandes maisons, bon nombre d'athlètes' souvent chargés de régler le régime de leurs maîtres et qui, pour peu qu'on les laissât faire, poussaient le zèle jusqu'à démontrer comment il fallait remuer les jambes en marchant et les mâchoires en mangeant*. Du temps de Domitien, beaucoup de jeunes gens hantaient les places affectées aux exercices de la gymastique grecque, et prenaient chez des athlètes des leçons largement rétribuées, ce qui a fait dire à Martial ^ :

At juvenes alios fracta colit aure magister Et rapit immeritas sordidus unctor opes.

Il y avait même des femmes enthousiastes de cet art,

1 BisLnat.fXXXy, 168.

2 Sénèque, De brevitate vitas, chap. xu, 3 : Qui in ceromate (nam, proh facinus, ne Romanis quidem yitiis laboramus) sectator puerorum rixantium sedet.

3 Sénèque, Lettres, 15^ 3 : Accedunt pessimse noUe mancîpia in magisterium recepta. — Martial nomme des palestriles parmi les esclaves (Iir, 58, 20; 82, 20; VI, 39, 9), et peut-être Perse (IV, 39) entend-il aussi parler d'esclaves.

* Sénèque, Lettres ^ 15, 9.

^ VII, 32, 5. — Un peu plus loin (9), ce poète ajoute :

Vara nec in lento ceromate brachia tendis, Non harpasta vagus pulverulenta rapis.

et qui, reportant parfois eetle préférence sur la personne des arlistes mêmes S faisaient à ceux-ci de riches cadeaux^. On vit môme telle ou telle virago se mettre au régime de la forte nourriture prescrite aux athlètes', se frotter avec du sable jaune , lutter et agiter de lourdes barres*.

La position civile des athlètes était aussi, à Rome, plus favorable que celles des autres artistes paraissant dans des spectacles publics. D'abord , la considération qui s'attachait au caractère auguste des concours institués par les empereurs, exigeait que ceux qui s'y disputaient le prix fussent plus honorés que des acteurs et des gladiateurs, ou du moins exempts de la dégradation qui frappait ces derniers^. Tandis que dans les autres spectacles on voyait souvent figurer des esclaves , il paraît qu'aux concours impériaux, comme aux jeux sacrés de la Grèce, on n'admettait que la compétition d'hommes libres®. Une ordonnance

1 Tertullien, Spect.y c. xxii : XysUci... quibus feminae corpora substernunt. — Voir aussi ce distiqne de Martial (VII, 57) :

Castor de PoUuce Gabinia fecit Achillain, Pyxagathos fuerat, nunc erit Hippodamus.

3 Juvénal, VI, 356.

3 Le même, II, 53.

^ Le même, VI, 246. — Martial, VII, 67.

5 Digeste, III, 2, 4 (Ulpien, au livre VI, ad edictwn) : Athletas autem Sabinus et Cassius responderunt omnino artem ludicram non facere : yirtutis enim gratia hoc facere. Et generaliter ita omnes opinantur et utile videtur, ut neque thymelici, neque xystici, neque agitatores, qui certaminibus sacris deserviunt, ignominiosi habeantur. — C'est par ignorance sans doute que Tertullien {Spectac, c, xxii) nomme aussi les xystici parmi les infâmes.

6 Digeste, IX, 2, 7, 4 (Ulpien, au livre X\Ul,^d edictum) : Si quis in colluctatione, vel in pancratio, vel pugiles dum inter se exercentur, alius alium occidèrit, si quidem in publico certamine aliûs alium occiderit, cessât Aquilia, quia gloriae causa et virtutis, non injuriae gratia videtur damnum datum. Hoc autem in servo non procedit, quoniam

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