LIVRE .VI. — LES SPECTACLES
tes) dans Farène. Ceux qui figurent sur le monument de Scaurus portent de longues cuirasses avec la tunique , de petits boucliers ronds, des brassards au bras droit, des casques à visière et des lances.
Les Essédaires ^ , gladiateurs montés sur un char comme les guerriers bretons, furent probablement introduits à Rome par Jules César, qui nous a laissé une description de la manière de combattre de ces derniers^. On a pu voir plus haut, par un passage de Pétrone (p. 274 n. 5), que les Essédaires faisaient souvent leurs évolutions avec l'accompagnement d'une musique. Il est à peu près certain qu'un guide se tenait sur le char, comme chez les Bretons, à côté du combattant^. Le même auteur* parle aussi d'une femme essédaire {mulier essedaria), ce qui ne serait encore que l'imitation d'un usage breton, également mentionné par Tacite^. Ce furent évidemment les guerres faites en Bretagne qui mirent cette forme de combat de plus en plus à la mode, sous les règnes de Claude et de Néron.
XYin, 53 : Gênera gladiatoram plura, quorum primus ludu^ e<iue§« trium. Duo enim équités, prœcedentibus prius sîgais militanbus, unus a parte orientis, alter ab occidentis , procedebant in equis albis cum aureis galets, minoribus et habilioribus armis, sicque atroci perseverantia pro virtute sua inibant pugnam, etc.
1 Cicéron, ad fam.^ VIT, 10.
3 En ces termes : Mobilitatem eqnitum, stabilitatem peditum in prœ* liis prœstant, ac tantum usu qnotidiano et exercitio effîciunt ut in declivi ac prsecipiti loco incitatos equos sustinere et brevi moderari ac flectere, et per temonem percurrere et in jugo insistere et inde se in currus citissime recipere consueverint. {De bello gallico, lY, 33.)
3 Ainsi l'admet avec raison Lipsius {Satum., II, 12), d'après un passage de Suétone {Caligvla, chap. xxxv). — Voir aussi Tacite, Âgri* cola, 12.
*' Satyr,, chap. xlv.
* Annales, XIV, 3 : Bouduica, curru filias pr» se Tehens..., solitum quidem Britannis feminarum ductu beUare testabatur.
280 MCEUftS ROMAINES.
Est- il besoin d'ajouter, à propos des incertitudes planant encore sur une partie des renseignements qui pré^ cèdent, que le costume, la tenue, et l'armement des différentes espèces de gladiateurs, durent nécessairement beaucoup varier^ avec le temps , et généralement plus ou moins subir l'influence de la mode? Il n'y eut, sans doute, d'uniforme parfaitement déterminé pour aucune des armes de la gladiature. Les monuments ne nous offrent des types bien caractérisés, et sur lesquels on ne peut se méprendre, que pour les rétiaires, les secutores, les Samnites et les thraces.
Il devait , d*ailleurs , y avoir aussi des gladiateurs habiles dans plus d'un genre de combat, comme l'indiquent ces vers de Martial * :
Heimes belligera superbus hasta, Hermès âequoreo minax tridente, Hermès casside languida timendus.
Ici Hermès était rétiaire et vélite, ou peut-être prqyocaleur.