‹ Mœurs romaines du règne d'Auguste à la fin des Antonins (volume 2)Chapitre 136 sur 258 · LIVRE VI. — LES SPECTACLES · texte numérisé non relu

LIVRE VI. — LES SPECTACLES

Anlinaiix montrés et employés par les Bomains dans

le clrgne et Famphlthéàtre^.

La spécification de ces animaux offre une diversité plus ou moins grande, selon les temps. Aussi faut-il, pour rétablir clairement , ne point perdre de vue Tordre chronologique dans lequel les différentes espèces furent successivement apportées à Rome, pour y servir à Tamusement du peuple-roi. Nous distinguerons à cet égard trois périodes, dont les deux premières comprennent les temps de la république et de la fondation de Tempire.

1^, Depuis Vintroduction des chasses à Borne Jusqu'aux jeux donnés pendant fédUité de Scaurus (186 à 58 avant notre ère.)

Eléphants. — Déjà la guerre contre Pyrrhus, en Lucanie^, avait fait faire connaissance aux Romains avec ces animaux , que le peuple appela d'abord a bœufs de Lucanie. D Marcus Curius Dentatus en fit paraître à son triomphe^, en Tan de Rome 479, correspondant à 275

1 Le trayail le plus complet et le plus iastructif que Ton puisse mentionner à ce sujet, en France, est celui de Mongez, sur les animaux promenés ou tués dans les cirques [Mémoires de V Institut^ t. X (1833), p. 360-460].

8 * La Basilicate^ dans le royaume de Naples. *

* Sénèque, De brev. vit., 13, 3.

avant notre ère. L. Cécilius Métellus, le vainqueur des Carthaginois, lors de son triomphe (en l'an de Rome 504 = 250 avant J.-C), fit aussi promener un grand nombre d'éléphants ^ au cirque. D'après Verrius , ces pauvres animaux auraient été tués dans la circonstance , mais les rapports des autres écrivains ne s'accordent pas avec lui sur ce point ^. Une médaille que la famille Cécilienne fit frapper, en commémoration de ce triomphe', présente un éléphant qui porte une cloche au cou. C'est en 99 et en 79 av. J. C. que l'on fit, pour la première fois, combattre des éléphants contre des taureaux, d'après Pline l'Ancien. Pompée qui, à son triomphe d'Afrique, de l'an 81 av. J. C, avait paradé sur un char traîné par des éléphants*, eut le premier aussi la fantaisie de faire combattre une vingtaine de ces animaux avec des hommes, en 55 av. J.-C., lors de l'inauguration du théâtre qui prit son nom^.

Sous l'empire, on les affectait principalement à l'attelage des chars de triomphe et de procession de l'empereur; on s'amusait à leur faire exécuter des tours d'adresse au cirque, mais on se décidait rarement à en laisser immoler dans les tueries. A l'inauguration de l'amphithéâtre Flavien même, on ne fit pas combattre plus de quatre éléphants®. Commode aussi en tua deux de sa propre main ^. Sur des médailles frappées sous les règnes

1 120, 140 ou 142.

2 Pline, H. N., VIII, 16, etc. ; Sénèque, De brev. vit., 13, 8.

3 Ursini, Fam, rom., p. 37.

* Pline, H, N., 8, 4.

B Sénèque et Pline, l. c, — Dion ' Cassius, XXXIX, 38. — Cicéron, Ad fam., 7, 1.

« Dion Cassius, LXVI, 25.

7 Ibid,, LXXII, 10. — Le même auteur mentionne quelques autres exemples de combats d'éléphants : ihid., LV, 27 (contre un rhinocéros.

Page 1