‹ Mœurs romaines du règne d'Auguste à la fin des Antonins (volume 2)Chapitre 137 sur 258 · LIVRE VI. — LES SPECTACLES · texte numérisé non relu

LIVRE VI. — LES SPECTACLES

de Titus, d'Antonin le Pieux, de Commode et de Septime Sévère, on voit l'éléphant bardé d'une espèce de grillagea

Animatix d'Afrique. — On comprenait surtout sous cette dénomination générale les bétes féroces de l'espèce féline {afrkanœ bestiœ), notamment des lions ^ des panthères et des léopards. Tous ces animaux figurent déjà parmi les bêtes offertes en spectacle, à Rome;, dans la première grande chasse (venatio) que Marcus Fulvius y ordonna, en 186av. J.-C.^. Maison ne mentionne positivement que beaucoup plus tard un combat de plusieurs lions, donné par l'édile Q. Scévola, qui devint consul en 95 av. J.-C. Il semblerait que ces animaux étaient d'abord attachés et que Sylla fut le premier qui lâcha des lions au cirque, dans un spectacle qu'il y donna comme préteur. Il avait obtenu du roi Bocchus et fait venir tout exprès d'Afrique, pour ce combat, des hommes habitués à lancer le javelot^. C'étaient, suivant Pline l'Ancien, cent lions à ciinière (jubati), que les auteurs latins distinguent parfois des autres lions, ce qui a fait penser à Mongez (page 390, etc.) que peut-être ces derniers seulement étaient de véritables lions, et que la désignation de la première espèce pouvait s'appliquer simplement au guépard (chasseur des Indes, felis jubata de Linné). Quoi qu'il en soit, on voit les lions et les lionnes, ainsi que les pan- Uîères et les léopards, figurer par centaines dans les spec-

en ran 5 de notre ère), LXXVI, 1 (en 202), LXXVII, 6 (en 212), LXXIX, 9 (en 218); Martial {Livre des spectacles, 17) aussi, le combat d'un éléphant ayec un taureau.

1 Eckhel, D. N., VII, 19.

2 Tite-Live, XXXIX, 22.

* Pline, H, N., VIlï, 53. — Sénèque, De brev, vit,, 13, 6.

tacles donnés par Pompée, Jules César, Auguste (pour l'inauguration du théâtre de Marcellus, en Tan 13, et pour celle du temple de Mars Vengeur, en Tan 2 av. JL-C), Germanicus^ Caligula* (pour l'inauguration du temple d'Auguste, en Tan 37 de notre ère), Claude, Néron; Arien (au cirque), Antonin le Pieux, Marc-Aurèle, Commode et Probus^ Pompée déjà, suivant Dion Cassius , fit don au cirque de six cents lions , dont trois cent vingt-cinq à crinière. Commode, d'après Hérodien, fit un massacre de cent lions à un seul spectacle, et Probus encore fit égorger à l'amphithéâtre cent lions à crinière , dont les rugissements y produisaient l'effet du tonnerre , et autant de lionnes, sans parier des autres animaux^. Or, on était encore bien plus prodigue de panthères et de léopards. Un ancien sénatus - consulte avait défendu l'introduction de ces espèces; mais déjà le tribun Cn. Aufidius donna l'exemple de la dérogation à cette loi, vers l'an 140 av. J.-C. probablement. Scaurus donna cent cinquante de ces animaux pour les jeux de son édilité; Pompée en fournit quatre cent dix pour le môme usage; P. Servilius, comme préteur, trois cents, en l'an 25 av. notre ère; Auguste une fois même jusqu'à six cents , et trois mille cinq cents pendant toute la durée de son règne ^. Parmi ces animaux 3e trouvaient sans doute aussi quelquefois des hyènes, bien qu'il n'en reste plus

1 Nombre de passages de Dion Gassias, Eutrope et Easèbe, Hérodien , Ammien Marcellin, ainsi que Platarque {Vie de Pompée^ chap. lii]> Pline FAncien et déjà Tite-Live, en témoignent.

3 Voir, dans VHist. Aug., la biographie de ce prince, chap. x.

3 Mon, Ancyr.

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