LIVRE VII. — LES VOYAGES
menses profits. Ils ne tardèrent donc pas à faire ^ eux aussi, bravement les voyages de Tlnde, alors regardée comme le bout du mondée Certains produits italiens devinrent ainsi des articles courants du troc dans les ports du littoral indien^, comme par exemple le vin dllalie à Barygaza, où l'on faisait également, avec grand profit, le change des deniers d'or et d'argent contre la monnaie du pays ^. Le fait est qu'on trouve encore aujourd'hui des monnaies romaines dans l'Inde*.
Ainsi le commerce poussait lès Romains et les Grecs vers l'orient, le nord et le midi, bien au delà des frontières du grand empire qui prétendait embrasser le monde. De grandes caravanes se rendaient en Ethiopie et dans le pays des Troglodytes^. D'Alexandrie, un navire mettait souvent dix jours pour arriver en Ethiopie^. D'autres navires marchands passaient de l'Arabie Heureuse sur la côte orientale d'Afrique, au sud du cap des Senteurs (Guardafui)^ A des négociants, revenus du golfe Persique,
ï Impiger extremos curris mercator ad Indos.
Horace, Ep», I, 1, 46.
Les renâeignements donnés par Strabon sur l'essor qu'avait pris le commerce de l'Egypte avec l'Inde sont de l'an de Rome 730, époque de son séjour en Egypte.
^ Pausanias, III, 12, 3.
^ Périple, p. 28. — * On mentionne en outre le corail, l'élain, le plomb et le bronze comme des articles recherchés dans tout l'Orient, à cette époque *.
* Mommsen. Histoire de la numismatique romaine, p. 725. — Plolémée, Geogr., I, 17. — * La plus curieuse de ces découvertes de médailles romaines et grecques, du temps de Kanichka même, a été faite en 1830 dans les fondations d'une yieilie tour bouddhique, sur la rive gauche de l'Indus *.
6 Par Goptos. — Voir Xénophon d'Éphèse, Ephésiaqucs, IV, 1. « Diodore, III, 34.
7 Ptolémée, Géogr,, I, 17.
étaient dus les premiers renseignements sûrs que Ton eût sur la distance de la ville de Kharax^ située près de l'embouchure du Tigre, aux bords du golfe même 2. Parmi les étrangers établis à Pétra, en Arabie, où les attirait le commerce, il y avait aussi beaucoup de Romains, déjà du temps de Strabon', Dans les villes situées près des bouches du Danube, des Grecs trafiquaient de mauvais vin et de mauvais habits^. Dans la Gaule aussi les vins formaient déjà un objet de commerce'*. Les Romains avaient, dès le temps de Néron pour le moins, poussé jusqu'à la côte de l'ambre*, dans le voisinage de laquelle de nombreuses découvertes de monnaies attestent, encore aujourd'hui, l'activité des relations commerciales avec les provinces romaines^. Ainsi, les njonnaies trouvées près Schreitlauken, entre Koenigsberg et la Baltique^ en comprennent des temps écoulés depuis Trajan jusqu'à Commode. Des négociants, romains ou grecs, paraissent môme avoir, dès ces premiers
1 Spasiné-Kharax, capitale du royaume de la Mésène et de la Kharacène (parties de l'Irak actuel), dont M. Relnaud rapporte l'origine à l'an 129 ayant J.-C. environ, et qui finit probablement vers l'an 225 de notre ère, à PaTénement des Sassanides au trône de Perse. L'exactitude de la première de ces dates a été confirmée par des indications nouyelles résultant de médailles qui sont en possession de M. de Prokescb Osten. Les relations commerciales entretenues par les Romains avec le golfe Persique s'éteignirent avec la chute de cet État marchand *. C. V.
2 Pline, ^.A\, VI, 140.
3 XVI, 4, 15, p. 779. — Voir aussi Hittorf, Pompélet Pétra, dans la Revue archéologique, 1862, 7, p. 1-18.
* Dion Chrysostome, Or. XXXVI, p. 444 M; XII, p. 198 M. î> Diodore, V, 26.
6 Pline, B. ZV., XXXVII, 45 : Sexcentis M. pass. fere a Carnunto Pannojiide abesse littus id Germanise, ex quo invehitur, percognitum nuper, vivitque eques Romanus ad id comparandum missus a Juliano curante rounus gladiatorum Neronis principis, qui et commercia et littora per-
sagravit.
7 Mommsen, Hist, de la numismatique romaine, p. 815-818.