LIVRE VII. — LES VOYAGES
1® Italie et Sicile.
Excursions en divers sens. ~~ Villégiature. — Voyages sur la voie Appienne. — Voyages en Campanie. -^ Baies. — La Sicile.
L'Italie offrait, dans toutes les directions, un grand nombre de points ayant tout ce qu'il faut pour attirer les amateurs d'excursions. Sénèque raconte comment on cherchait à échapper à la mauvaise humeur et à l'ennui , par de petites tournées en mer et sur terre. Tantôt on voyageait en Campanie ; puis, quand on était rassasié de la vue de ces gracieux paysages, et que le désir de la variété entraînait vers un pays sauvage, on allait parcourir les gorges qui sillonnent les forêts de la Lucanie et du Brutium. Mais, comme dans ces solitudes on ne tardait pas à soupirer de nouveau après une nature d'un aspect plus riant, pour reposer les yeux fatigués de la rudesse monotone de ces Ueux , on se rendait à Tarente et l'on revenait finalement à Rome , afin de ne pas rester privé plus longtemps des émotions que procuraient les clameurs et le bruit de ramphiihéàtre\
Mais, ceux que l'ennui poussait à faire de ces excursions n'étaient, naturellement, que des particuliers isolés; or, par le fait, on voyait, en été et au commencement de l'automne, toutes les chaussées se couvrir de voyageurs fuyant la chaleur accablante et la malaria, qui pesaient alors sur la capitale, et les rues élevées de Rome étaient de plus eu plus désertées, ou, comme dit Slace :
1 Sénèque, De tranquill. animi, 2, 13.
Ardua jam deosœ rarescunt mœnia Romœ.
Hos Praeneste sacrum, nemus hos glaciale Dianae, Algidus aut horrens, aut Tuscula protegit umbra, Tiburis hi lucos Anienaque frigora captant.
Silves, IV, 4.
Pour villégiature on choisissait notamment des endroits situés à portée dans les montagnes voisines et sur les côtes du Latium et de la Campanie, ou bien aussi des points du rivage étrusque,* comme Alsium* et Luna, qui se recommandait aussi pour le séjour d'hiver ^.
L'endroit le plus rapproché , sur la côte latine, était Ostie, qui avait des bains de mer bien abrités'.
Sur la plage, si déserte aujourd'hui, d'Ostie à Laurenfe, s'étendait une chaîne, presque continue^ de maisons de campagne» offrant comme une succession de plusieurs villes*. On y fréquentait aussi Astura, où Ton sait du moins que Cicéron avait une villa ^, Circéji et Formies, dont le rivage inspira les vers suivants à Martial :
O temperatse dulce Formise littus 1 Vos quum severi fugit oppidum Marlis Et inquietus fessus exuit curas Apollinaris omnibus locis praefert.
Non ille sanctœ dulce Tibur uxoris, Nec Tusculanos Aigidosve secessus, PrsBneste nec sic Antiumque miratur; Non blanda Circe Dardanisye Cajeta
1 Fronton, De feriis Alsiensibus, 3^6 (maritimum et voluptarium locum).
2 Perse, VI, 7. — Stace, Silves, IV, 4, 23.
3 Minutius Félix, Octaviiis, 1 : Placuit Hostiam petere amœnissimam civitatem; ibid., 4 : Modo in istis ad tutelam balnearum jactis et in altum procurrentibus petrarum obicibus residamus.
* Pline le Jeune, Lettres, II, 17.
6 Ad fam., VI, 19; ad Atticum, XII, 40; XUl, 26.