LIVRE VII. — LES VOYAGES
Desiderantur, nec Marica, nec Liris , Nec in Lucrina Iota Salmacis yena.
Mais les beautés de toutes ces localités pâlissaient devant Téclat d'Anlium et de ses magnifiques palais, avançant en partie dans la mer. On y voit, encore aujourd'hui, partout des restes de cette antique splendeur sortir de ses flots ou reluire au fond des eaux transparentes; et, sur l'espace d'un quart de lieue, le rivage d'Antium n'offre qu'une immense ruine, comme un rempart de murs contigus \ Puis venait, le long du littoral, une suite de villes maritimes toutes très-fréquentées, depuis Terracine jusqu'au vaste golfe de Naples , but principal de toutes les personnes qui cherchaient à se refaire et à se distraire dans un des séjours merveilleux dont il offrait un choix si riche.
Hoc tibi, Palladiœ seu coilibus uteris Albae
Caesar, et hinc Triviam prospicis, inde Thetin,
Seu tua veridicsB discunt responsa sorores, Plaua suburbani qua cubât unda freti,
Seu placet Mnead nutrix, seu filia Solis, Sive salutiferis candidus Anxur aquis.
Martial^ Y, 1.
Les sites des montagnes albaines et sabines n'étaient pas moins goûtés : surtout Tibur, Préneste, TAlgidus, Aricie, Tusculum et Albe. Les rives de l'Anio, dont on aimait la beauté sauvage, étaient aussi bordées d'une foule de villas^. Néron en avait une à Sublaqueum. Cette
^ D'après Westphal {La Campagne de Borne, p. 39, en ail.), ces ruines s'étendraient jusqu'à trois milles d'Antium.
2 Pline le Jeune, Lettres, VIII, 17 : Anio, delicatissimus amnium, ideoque adjacentibus villis velut invitatus retentusque magna ex parte nemora, quibus inumbratur, fregit et rapuit.
multitude de résidences d'été, dans des situations diverses, permettait à chacun de choisir, dans les gradations de Técheile, le climat qui lui convenait précisément*. Il y avait aussi nombre d'endroits parfaits pour le séjour d'hiver, non-seulement parmi ceux que nous venons de nommer, mais ailleurs encore, dans le sud de l'Italie surtout, comme Vélia et Salerne^ Cependant Tarente, la délicieuse ville où rhiver était si doux, où le printemps durait si longtemps et où la nature paraissait encore plus prodigue de ses dons que dans l'heureuse Campanie même^, doit être signalée comme celle qui invitait, avant toutes, l'étranger à y prendre ses quartiers d'hiver. Sur la côte orientale de l'Italie^ on mentionne Ravenne^. Néron empoisonna sa tante Domitia, parce qu'il convoitait ses possessions près de cette ville et à Baies ^.
Nombre de voyageurs prenaient la voie Appienne qui menait, en ligne droite, de Rome aux monts Albains, puis de là en Campanie et aux deux principaux ports de la
1 Fronton^ Ad Marcum Caesarem, II, 2, 7 : Jam primum (Neapoli) nox tepida, Laurentina. Tum aulem Gallicinium frigidulum, Lanuvinum. Jam conticinium.... usque ad solis ortum gelidum, ad Algidam maxime. Eiin ante meridiem apricum, Tusculanam. Tarn meridies fervida, Pateolana. At enim ubi sol latum (?) ad oceanum profectus, fit demum coelum modestius, quod genus Tiburtînam.
2 Horace, Épitres, I, 15 :
Qase sit hiems Veliœ, quod cœlum, Vala, Salerai.
3 Horace, OdeSy II, 6. — ^énèque aussi parle des hivers doux, daas son traité De tranquillitate animi (chap. u, 13).
* Digeste, XVH, 1, 16 (Ulpien, 1. XXXI, ad Edictum) : Et ait Celsus libro septimo Digestorum, hoc respondisse se, quum Aurelius Quietus hospiti suo medico mandasse diceretur, ut in hortis ejus, quos Ravennse habebat, in quos omnibus annis seeedere solebat, sphseristerium et hypocausta et quaedam ipsius yaletudini apta sua impensa faceret.
^ Dion Oassius, LXI, 17.