LIVRE VII.' — LES VOYAGES
de vitesse entre elles dans des régates ^ Des bandes joyeuses, parées de couronnes et de guirlandes de roses, étaient réunies pour festiner, soit à bord des embarcations, soit sur la plage , où rien n'était plus commun que de voir des personnes avinées se promener à pas chancelants. Du matin au soir, le rivage et la mer qui le baigne retentissaient de chants d'allégresse et d'une musique bruyante^. Des couples tendres cherchaient la solitude dans les bosquets de myrthes^ ou se faisaient ramer en mer. La fraîcheur du soir et des nuits étoilées invitait à de nouvelles fêtes et parties de plaisir*; aussi le sommeil des baigneurs était-il interrompu, tantôt par des sérénades, tantôt par des disputes de rivaux en conflit. La mollesse et la licence effrénée du genre de vie qu'on menait aux bains de Baies étaient proverbiales. Sénèque appelle cette ville une hôtellerie de vices, et déjà Cicéron craignait qu'on ne lui fit un reproche de s'y rendre, dans un temps de calamité publique'. Des viveurs, que leur insolvabilité avait chassés de Rome, mangeaient à Baies l'argent de leurs créanciers en festins d'huîtres®. Ceux qui, comme Aulu-Gelle^, s'y contentaient d'innocents et honnêtes plaisirs, n'y furent probablement jamais très-nombreux. Baïes était surtout beaucoup courue parles femmes, et plus d'un baigneur, dit Ovide®, au lieu d'en revenir guéri, comme il
1 Ausone, Mosella, 201^ puis 345, etc.
2 Sénèque, Lettres, 51. — Cicéron, Pro Cœlio, 15 et 20, et in Clodium, 4.
3 Celse, II, 17, mentionne les bains « super Bajis, in myrtetis ». ^ Tacite, loco cUato.
^ Cicéron, Ad fam., IX, 3.
« JuYénal, XI, 49.