‹ Mœurs romaines du règne d'Auguste à la fin des Antonins (volume 2)Chapitre 205 sur 258 · XVIII · texte numérisé non relu

XVIII

^ Arid*aimery I, 283.

l'avait espéré , en rapportait une blessure au cœur. Jadis, dit un autre poète \ Teau était froide à Baïes; Vénus y fit nager Cupidon; une étincelle de son flambeau en y tombant réchauffa et, depuis lors, qui s'y baigne est pris d'amour. C'était un endroit réputé extrêmement dangereux pour la vertu des femmes. Dans ses élégies, Properce ^ gémit de plus d'une tendre liaison qui y fut rompue. Les cas semblables à celui que raconte Martial', d'une dame trèsaustère, qui, arrivée à Baïes avec les airs d'une Pénélope, en repartit comme une autre Hélène, c'est-à-dire s'y laissa enlever par un séducteur, n'étaient probablement pas de rares exceptions.

Après l'Italie, c'était sans doute la Sicile, attrayante par les merveilles que la nature y offre, telles que l'Etna surtout, par la douceur de son hiver, la beauté et la célébrité de ses villes, ainsi que par une foule de souvenirs historiques, remontant jusqu'aux temps de la mythologie, qui invitait le plus à des voyages de plaisir, en raison de sa proximité même*. Lucrèce* dit de la contrée qui pouvait se vanter de posséder l'Etna et le gouffre de Charybde :

Quae cum magna modis multis miranda videtur Gentibus humanis regio visendaque fertur.

Parmi les légendes siciliennes, on affectionnait particulièrement celle de l'enlèvement de Cérès, prèsd'Enna, sur

^ Régien ou Régillien, dans V Anthologie latine de Meyer, 536.

* « Jucunda suburbanitas », dit Cicéron, in Verrem, II, 2, 37.

* Voir De rerum natura, I, 727, ainsi que le poëme de VEina, 598.

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