‹ Mœurs romaines du règne d'Auguste à la fin des Antonins (volume 2)Chapitre 221 sur 258 · LIVRE VII. — LES VOYAGES · texte numérisé non relu

LIVRE VII. — LES VOYAGES

130, et Septime Sévère, qui y fut avec Caracalla et Julia DomnaS poussa jusqu'à la frontière d'Ethiopie^ en Tan 200' ou 204*. Alexandrie cependant, la capitale de TÉgypte, produisait sur les étrangers une impression toute différente de ce qu'on éprouvait dans le reste du pays. Les éléments, pour la description de cette ville, ne manquent pas, et peut-être on nous pardonnera d'en fairt ici largement usage. Alexandrie, à en considérer le plan et l'architecture, était une ville toute moderne, nullement égyptienne, mais moitié grecque, moitié orientale, et qui, selon toute probabilité , ne différait pas essentiellement des autres villes fondées dans la période macédonienne. Elle avait plus de 22 kilomètres de circuit ^ et s'étendait sur le rivage de l'est à l'ouest. Ses deux rues principales , qui se dirigeaient, l'une du nord au sud, l'autre de l'est à Touest, avaient une largeur de 100 pieds chacune , se coupaient à angles droits et étaient, comme il paraît aussi, bordées d'arcades. La seconde n'avait pas moins de 30 stades , ou peut-être 6 kilomètres, en longueur®. Toutes les deux regorgeaient de temples et d'autres édifices somptueux. Les maisons, toutes en pierre massive, avaient des toits plats ^. Dès les premiers temps de l'empire, Alexandrie était si riche en temples, en palais , en autres bâtiments somptueux et en promenades publiques, que le quart et jusqu'au tiers

2 Dion Cassius, LXXV, 13.

3 D'après Tillemont.

* D'après Eckhel, VII, p. 180.

^ 16,360 pas, d'après Mannert,

6 Slrabon, XVII, I, p. 793. — Achille Tatius, V, 1. — Diodore (XVII, 52) porte même à 40 stades la longueur de la rue principale.

7 César, Bellum Alex., I, 1.

de la ville en était couvert*. Vis-à-vis du grand port s'élevait rAugustéum, consacré au premier des empereurs, vaste quartier dépendant d'un temple, avec des portiques, de grandes salles , des bibliothèques , des bois sacrés , des propylées, rempli d'offrandes, de statues et de tableaux, ainsi que tout resplendissant d'or et d'argent^; mais, de tous les établissen^ents de cette ville, le plus magnifique et le plus grandiose était le Sérapéum, qui ne le cédait peut-être qu'au Capitole à Rome^.

La population , qui flottait probablement entre un demimillion et un million d'âmes, était composée en partie d'Égyptiens, de Grecs et de Juifs , en partie d'un élément bâtard^, issu principalement, mais non exclusivement, du mélange des deux premières de ces races. Les Juifs , suivant PhilonS habitaient surtout deux, suivant. Josèphe®, un seul des cinq quartiers de la ville, désignés par des lettres, mais ils étaient en outre disséminés dans tous, puisque dans tous on retrouvait leurs synagogues, entourées d'arbres^. La principale, pleine de magnificence, d'après les auteurs juifs, fut, comme il paraît, détruite sous Trajan. Même indépendamment de la forte garnison et du nombreux personnel de fonctionnaires, les Romains et les autres Européens avaient, paraît-il, toujours formé un élément assez considérable de la population , tant flottante que sédentaire- D'ailleurs, le commerce international y attirait une foule

1 Strabon, XVII, 1, p. 795.

2 Philon, Leg, ad Caium, 567 M.

3 Ammien, XXU, 16, 12.

* Philon, Leg. ad Caium, p. 563 M.

* In Flaccum, p. 625 M.

6 Bellum Jud., II, 18, 7.

^ Philon, Leg. ad Caium, 565 M,

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