‹ Mœurs romaines du règne d'Auguste à la fin des Antonins (volume 2)Chapitre 231 sur 258 · LIVRE VII. — LES VOYAGES · texte numérisé non relu

LIVRE VII. — LES VOYAGES

particulier. Dans les ruines de la grande ApoUinopolis (Edfou , dans la Haute-Égyple), on lit ces mots : « Le Juif Plolémée, fils de Denys, loue Dieu; — le Juif Théodote, flls de Dorion, sauvé de (le reste manque), loue Dieu. » Ces voyageurs étaient probablement des Juifs d'Egypte, revenus d'un long et périlleux voyage de commerce. A Philé, on voit gravé le nom de C. Numonius Vala, le même avec lequel Horace, dans ses moments de doux loisir, entretenait jadis une correspondance sur les agréments du climat et les autres avantages de Vélia et de Salerne. Il était à Philé, dans la 13° année du consulat de César, le 20 mars de Tan 2 avant notre ère; 11 ans plus tard il trouvait la mort dans sa fuite vers le Rhin, après la terrible bataille où les légions romaines avaient été défaites par les Germains , dans la forêt de Teutobourg^

Des autres curiosités, de diverses espèces, qui abondaient en Egypte, nous devons nous borner à mentionner ici quelques-unes de celles qui intéressaient le plus les étrangers. Dans tous les sanctuaires et temples, des prêtres servaient de guides et donnaient les explications désirées^. Ils montraient aussi , entre autres, les animaux sacrés, comme à Memphis le taureau Apis, à certaines heures, dans une cour spécialement affectée à cette parade^. Germanicus ne manqua pas d'aller voir cet animal^, dont

(dans l'Oasis de Thèbes), 4980-5037 (dans des carrières en Nubie), 5039- 68 (à Talmis Kalabscha, en Nubie, dans un temple du dieu Mandouli), 5074-5108 (à Pselcis), 5110-517.4 (à Hiera Sykaminos, dans un temple d'Isis et de Sérapis). — Voyez en outre l'Appendice, p. 1188-1239. ^ Henzen, 5310.

2 Voir Slrabon, XVII, en divers passages ; Aristide, Oral., XL VIII , p. 331, 360 et 363 /; Héliodore, Élhiopiqtkes, IX, 22.

3 Strabon, XVII, 31, p. 807.

* Pline, Hist. nat, VIII, 185.

Titus honora même la consécration de sa présence*. Les prêtres montraient de même, à Arsinoé, le crocodile apprivoisé Sychos, que les voyageurs régalaient d'habitude de pain, de viande et de vin^. Parmi les grands monuments d'architecture, il paraît que les plus admirés, après ceux que nous avons déjà signalés plus haut, étaient le labyrinthe' et, parmi les ouvrages hydrauliques, le lac Mœris*.

En fait de spectacles de la nature, un des plus renommés était l'aspect des villes frontières de l'Egypte situées sous le tropique, Éléphantine et Syène, à l'époque du solstice d'été. A l'heure de midi, il y avait alors , dans ces lieux, absence complète d*ombre, et tout ce que l'on y voyait debout, temples, obélisques et personnes, était radieux, recevant en plein la lumière du soleil. A Syène, il y avait de plus un puits sacré, au fond duquel apparaissait, le même jour et à la même heure, l'image du soleil, réfléchi tout entier par la surface de l'eau , qu'elle couvrait jusqu'au bord^. On allait aussi beaucoup visiter les petites cataractes du Nil, au-dessus de Syène. Le fleuve, quand les eaux sont hautes, s'y précipite d'un banc de récifs, formant comme des îlots au milieu de son lit, sans que, près des deux rives, son cours en soit troublé. Quand il venait des gouverneurs, ou d'autres personnages, pour voir la chute d'eau, les mariniers, afin de leur offrir le divertissement d'un

ï Suétone, Titus, chap. v.

2 Slrabon, XVII, p. 811, etc.

3 Vie de Septime Sévère, chap. xvii : Nam et Meraphim et Memnonem et pyramides et Labyrinthon diligenter inspexit. — Pomponius Mêla ne mentionne que les pyramides et le Labyrinthe.

* Tacite, Annales, II, chap. lxi.

'^ Aristide, l. c, p. 347.

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