‹ Mœurs romaines du règne d'Auguste à la fin des Antonins (volume 2)Chapitre 34 sur 258 · LIVRE VI. — LES SPECTACLES · texte numérisé non relu

LIVRE VI. — LES SPECTACLES

tacles firent grande sensation et donnent la mesure de jeux d'une magnificence extraordinaire.

Quintus Aurélius Symmaque, dont le palais dominait Rome de la hauteur que couvrent aujourd'hui les jardins désolés de la Villa Casali , avait été revêtu des plus hautes charges de FÉtat et fut, sous tous les rapports, un des hommes les plus éminents de son temps. De concert avec un certain nombre d*amis, unis de tendance avec lui, il appliqua tous ses efforts au soutien de la cause, déjà perdue, du paganisme contre le christianisme victorieux. Ces efforts tendaient à ressusciter la littérature classique, en même temps que les croyances du polythéisme, avec lequel les spectacles avaient la liaison la plus intime; et, par cela même que ceux-ci étaient abhorrés des chrétiens, comme une abomination de l'idolâtrie, Symmaque dut précisément regarder comme un devoir sacré de maintenir debout^ de toutes ses forces, une institution si importante pour sa religion en péril, d'autant plus qu'il était personnellement inve3ti de deux des plus hauts sacerdoces. D'autres motifs, d'un intérêt temporel, devaient encore stimuler son zèle : une haute idée de ce qui convenait à la dignité du peuple romain, le souci de la grandeur de sa maison et le désir de ne pas rester en arrière de ses pairs ^ Aussi employa-t-il tous les moyens dont sa grande influence, sa fortune toujours considérable, 'et ses relations étendues lui permettaient de disposer, pour surpasser encore, si possible, dans la célébration de la préture de son fils, l'attente que l'éclat de jeux précédemment donnés par lui avait fait concevoir au public^. Il fît venir d'Espagne presque

» Symmaque, Lettres^ IV, 60; IX, 132.

2 md.,\y, 58-60; V, 82.

exclusivement les chevaux nécessaires pour les jeux du cirque. Il ne pouvait être difficile à un homme posé comme il Tétait d'obtenir Tusage de la poste impériale pour ses agents. Une lettre de remerciements à Stilicon , qui avait contribué à lui procurer, cette faveur, prouve qu'il l'avait obtenue *. Nombre de ses agents se rendirent donc en Espagne, munis de fonds considérables^, d'états descriptifs et de lettres adressées aux possesseurs des meilleurs haras, parmi lesquels sa correspondance nomme Eupraxius , Pompéja et Fabianus, aux meilleurs connaisseurs de chevaux, chargés de les assister dans le choix à faire, et de plus bien recommandés à l'appui de personnages influents et des autorités en Espagne^. Symmaque croyait nécessaire de tenir compte de l'amour du public pour le changement \ et ses agents avaient ordre de faire choix des meilleurs coursiers , parmi les races de toutes les provinces.

Le grand soin recommandé dans le choix fit traîner en longueur une affaire qui demandait naturellement déjà beaucoup de temps. Il pouvait donc arriver que l'hiver survenant interrompît la navigation et partant aussi le transport en Italie. Pour ce cas, Symmaque avait écrit à un ami habitant le midi de la France, pour le prier

1 Symmaque, Lettres, IV, 6. — Voir aussi VII, 48, 105, etc. ; IX, 22. 3 /Wd., IV, 9, 20; 4, 60, 9, 18, etc.; 12, 6, 5, 83; 7, 82, 105, etc.;

3 Ihid., IV, 63 (à Eupraxius) : Fas sit dicere : Equorum curulium copia non egemus; sed incitât nos praeturœ mora ad desiderium muneris largioris. Si ergo dulcis est, ut adsolet, mandati mei executio, quatuor ex grege Laudacianorum quadrigas, quas tua defloret electio, ad me opto deduci, cum primum mare navigatio verna patefecerit. Credo mirer is, ut non potius de gregibus tuis postulera, qui potissimos Iberorum nobilitate prœyertunt. Fastidium uniformis spectaculi patitur civitas, cujus satietas mihi yarietate vincenda est.

4 ma., vu, 48.

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