‹ Mœurs romaines du règne d'Auguste à la fin des Antonins (volume 2)Chapitre 35 sur 258 · LIVRE VI. — LES SPECTACLES · texte numérisé non relu

LIVRE VI. — LES SPECTACLES

d*héberger et de nourrir dans ses écuries , pendant les trois ou quatre mois de l'hiver, les chevaux achetés et Tautoriser, s*il se trouvait dans le pays d'Arles même des chevaux de course éprouvés, à en faire également l'acquisition ^ Mais, avec un transport de si longue durée, il était à prévoir que des maladies et d'autres accidents pussent réduire considérablement le nombre des chevaux^; aussi des offres d'éleveurs d'Italie furent-elles également acceptées*.

A cause de l'état défectueux et de l'irrégularité des communications par mer, les cochers, bien qu'il n'y eût qu'à les faire venir de Sicile, firent aussi beaucoup de soucis à Symmaque. Aussitôt que son agent sicilien l'eut informé de leur départ de cette tle, il manda à son gendre, qui vivait près du golfe de Naples , d'envoyer des gens de confiance le long de la côte jusqu'à Saleme, avec la mission de les recevoir au débarqué. Un ami commun était chargé, en outre, de les pourvoir de tout le nécessaire et de préparer les moyens pour la continuation de leur voyage par mer, jusqu'à Rome. Mais le temps s'écoulant sans que Ton apprît rien de leur arrivée, Symmaque demanda l'aide d'un fonctionnaire pour s'enquérir le long de la côte de ce qu'ils étaient devenus. On ne nous dit pas si, après toutes ces démarches, le navire arriva en temps opportune

1 Symmaque, Lettres, IX, 20 et 24.

^ Ibid,, V, 56 (à Salluste) : Quadrigis quatuor gratuitU anxisti nu* merum comparatum. Ex illis equos undecim superstites caeteris pro« secutorum cura perduxit. Nec longo intervallo pars succubuit tradilorum.

3 Ibid,, 82 (à Helpidius) : Nam cum de Hispaniis copiam equonim spes certa rnihi promittat, hos quos de proximo poUiceris, securior diligentia débet excerpere.

^ Ibid.y YI, 42 et 33. La première de ce» deux lettres, qui est la plus

L'approche, de fêtes pour lesquelles se faisaient des préparatifs aussi gigantesques, remplissait toute la ville de Rome d'une émotion fébrile. Les conversations, les disputes et les paris sur l'issue des courses mises en expectative ne tarissaient pas ^ . On allait jusqu'à interroger les devins, à ce sujet ^, et à consulter des sorciers, auxquels ou attribuait le pouvoir d'accélérer ou de paralyser la course des chevaux^. Le fait est qu'on attachait des clochettes aux chevaux, pour les garantir contre l'ensorcellement*.

Le jour si ardemment désiré était-il venu enfin, les routes se remplissaient déjà de curieux quelques heures avant l'aurore. Caligula, ayant été une fois dérangé dans son sommeil, au milieu de la nuit, par le bruit de la foule affluant vers le cirque , ordonna de la disperser à coups de bâton, et, dans la bagarre qui s'ensuivit, périrent vingt membres de l'ordre équestre, autant de femmes mariées et une multitude de gens du commun^. Sous Claude et Néron, les chevaliers et les sénateurs obtinrent des sièges à part et naturellement d'un accès facile, tandis que la tourbe

ancienne en date, commence ainsi : Eusebii nuper liUeras sumsi, quibus aurjgas. . . missos ad Campaniam nuntiavit. — Voici le commencement de la seconde : Si qua adhuc de Sicilia speramus incerta sunt. Nam, cum litterse Eusebii nuntiayerint, dudum circi et scenae artifices navigasse^ etiam nunc de adventu eorum rumor in operto est.

1 Juvénal, XI, 201. — Martial, XI, 1, 14. — Tertullien, Des spectacles ^ chap. xYi.

^ Toutefois la seule mention que Ton ait de ce fait se trouve dans .Tzetzes (CM. XIII, hist, 497, 479).

. 3 Arnobe, I, 53. — S. Jérôme, Vie d'Hilariorty chap. viii. — Végèce, Ée arte veterin., V (III), 73 (74). — Ammien Marcellin, XVI, 3, 3; XVIII, 1, 27. — Cassiodore, III, 51. -^ Voir aussi Gothofredus, dans le Code Théodosien, IX, i^, li ; Loheck, Aglaoph., p. 223.

* Jahn, Columbarium de la Villa Pamphili, p. 48.

6 Suétone, Caligula^ chap. xxvi.

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