‹ Mœurs romaines du règne d'Auguste à la fin des Antonins (volume 2)Chapitre 42 sur 258 · LIVRE VI. — LES SPECTACLES · texte numérisé non relu

LIVRE VI. — LES SPECTACLES

ruines duquel nous admirons encore le débris le plus imposant de tout un monde écroulé.

Cependant, à mesure que tout subit l'influence et reçut l'empreinte de la civilisation romaine ^ la mode des spectacles de l'amphithéâtre se répandit aussi loin que s'étendait la domination du grand empire. De Jérusalem à Séville, de la Bretagne insulaire à l'Afrique septentrionale, il n'était certainement pas une ville considérable dont l'arène ne fût ensanglantée, tous les ans, par de nombreuses victimes. Outre les mentions qu'en ont faites incidemment les auteurs anciens, des monuments divers, mais surtout les ruines des amphithéâtres mêmes, dans les pays qui étaient alors des provinces de l'empire, permettent de suivre jusqu'à un certain point le mouvement de propagation de ces spectacles.

Ils étaient naturellement le plus communs en Italie, dans le pays qui possède encore aujourd'hui beaucoup plus de ces ruines que tous les autres. Il n'y avait là guère de petite ville, quelque chétive et pauvre qu'elle fût, où l'on ne vît se produire, de temps en temps, quelques gladiateurs ambu* lants , ou qui ne se divertît à voir tuer des sangliers et des ours. Dans les localités plus importantes , on ne craignait pas de faire ^ pour ces spectacles, des dépenses qui doivent nous paraître excessives, en comparaison de celles que comportent chez nous, avec nos idées, ces réjouissances populaires. Souvent ils duraient deux^, trois^, quatre^ jours et plus encore : jusqu'à huit jours ^ àPréneste, par exemple.

1 Mommsen, /. M. N,, 1501 (Bénévent).

2 Cicéron, à Àtticus, H, 8, 2 (Antium). — /. N., 6036 (Miriturne). — Pétrone, Satyr., c. xlv.

' /. JV., 4060 (Capoue); 2578 (Pouzzoles). * Cicéron, à Atticus, XII, 2.

On n'y chassait et tuait pas seulement des taureaux^ des cerfs, des lièvres, des sangliers et des ours, espèces communes dans TApennin, mais aussi des panthères^ et des autruches^, que le peuple appelait plaisamment « des moineaux d'outre-mer, » et Pline l'Ancien dit que Ton voyait déjà de son temps, dans les municipes, les bestiaires avec des armures d'argent, luxe qui, un siècle auparavant, avait fait grande sensation dans les spectacles donnés à Rome par Jules César'. Dans les petites localités réputées chétives et pauvres, on faisait combattre trois ^ ou quatre^, dans celles de plus d'importance, vingt^, trente*^ et jusqu'à cinquante^ paires de gladiateurs.

APompéji, un certain A. Clodius Flaccus, investi pour la seconde fois du duumvirat, qui était la plus haute dignité municipale de l'endroit, fournit seul pour les jeux , entre autres dons de sa munificence, trente paires d'athlètes et cinq de gladiateurs; plus, conjointement avec son collègue, trente-cinq autres paires de gladiateurs, avec tout ce qu'il fallait pour des combats de taureaux et une tuerie d'ours, de sangliers et d'autres animaux^. Des mentions de l'espèce ont été gravées sur les socles de statues et sur d'autres monuments commémoratifs , ainsi que sur des mausolées, pour transmettre à la postérité le souvenir et

1 /. A., 4678 (Allifœ); 5789 (Amilernum). — Pline, Lettres. VI, 31 (Vérone).

2 /. N., 2569 (Cumes).

3 Hist, nat., XXXHI, 49.

* /. N.y 6036 (Minturoe).

s Ibid., 2560 (Cumes); 5789 (Amiternum).

6 Ibi'd., 4768 (AllifiBB). — Henzen, 6151 (Tibur, en 184 après J.-C).

8 Ibid., 2627 (Capoue).

» Ibid., 2378.

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