‹ Mœurs romaines du règne d'Auguste à la fin des Antonins (volume 2)Chapitre 43 sur 258 · LIVRE Vf. — LES SPECTACLES · texte numérisé non relu

LIVRE Vf. — LES SPECTACLES

réloge de la magnificence el de la libéralité des donateurs de fêtes. Ces inscriptions montrent quels efforts communes et particuliers faisaient, dans ces occasions, pour que leur ville y parût avec le plus d'éclat possible ^ Or, on jugeait de réclat des fêtes d'après le nombre d'hommes qui y étaient immolés. Sur le piédestal d'une statue, érigée en Fan 249 à un citoyen qui avait rempli toutes les charges et donné de magnifiques spectacles, on lit : < Il a fait paraître en quatre jours, à Mintume, onze paires de gladiateurs qui n'ont cessé le combat qu'après que la moitié d'entre eux, tous des plus vaillants de la Campanie, furent restés sur le carreau; il a de plus fait traquer à outrance dix terribles ours; vous vous en souvenez bien, nobles concitoyens^. »

Après ritalie, ce sont les Gaules et l'Afrique septentrionale qui présentent le plus d'amphithé&tres , et c'est sans doute dans ces provinces, comme en Espagne, que les combats de gladiateurs étaient le plus répandus. Dans les pays septentrionaux, où les amphithéâtres manquent entièrement, ces jeux doivent avoir été plus rares, mais uniquement par la raison que là une population clair-semée, la pauvreté et la rudesse des habitants, ainsi que l'isolement des villes romaines , formaient encore plus généralement obstacle à la propagation des usages romains.

C'est seulement en Grèce que Tinstruclion plus avancée et les mœurs plus polies du peuple opposèrent positivement à l'introduction des jeux de gladiateurs une résistance assez forte pour empêcher que cette mode n'y devînt jamais aussi générale que dans les provinces d'Occident.

1 /. N., 4040 (munus... secundum dignitatem coloniae). — Voir aussi

2 /ôirf., 6036.

d4 MOEURS ROMAINES.

Cependant on ne tarda pas à s'y habituer, même en Orient. On y avait déjà vu ce que peut l'habitude , à l'époque où le roi Àntiochus Ëpiphane monta le premier des jeux de gladiateurs, en Syrie et probablement aussi en Grèce. Dans les commencements , Peffroi l'emportait sur le plaisir qu'on y trouvait; mais, à force de multiplier les représentations, dans lesquelles on se borna d'abord à ne faire durer les combats que jusqu'au premier sang, puis jusqu'à la chute du premier homme dans l'arène, ce prince fil tant que le public y prit goût et que des volontaires ne tardèrent même pas à s'offrir comme champions, pour un modique salaire ^ Les jeux de gladiateurs durent plus facilement trouver accès en Grèce quand, après la soumission de cette contrée, ses relations avec la métropole conquérante se furent multipliées comme aussi devenues plus intimes, et qu'avec le temps les mœurs romaines se naturalisèrent de plus en plus en Grèce. Le foyer de cette propagande d'influences étrangères était, dans le pays même, Corinthe ressuscitée par César sous la forme d'une colonie romaine. Comme il y avait peu de l'esprit hellénique dans le caractère de cette colonie et de sa population , il était naturel que les jeux de gladiateurs trouvassent leur meilleur terrain précisément dans une riche et opulente cité maritime et marchande, où s'agitait, on n'en peut douter, une populace nombreuse et corrompue. Aussi cette ville est-elle la seule de la Grèce qui ait possédé réellement un amphithéâtre, mais non toutefois avant le deuxième siècle de notre ère. Les ruines en subsistent encore. Ce genre de spectacles fut également introduit à Athènes, parce qu'on

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