LIVRE VI. — LES SPECTACLES
pour prendre des ours, des laies, des cerfs, des loups el des renards; Élien * , la manière de prendre les panthères, en Mauritanie, dans des pièges où Ton mettait de la viande gâtée pour appât; Uppien^, la capture du même animal par une autre méthode ; TAlexandrin Achille Tatius ^ , la manière d'attirer l'hippopotame dans des fosses; Diodore^, la même chasse, au harpon^, ainsi que la manière de saisir le crocodile avec des filets; Pausanias^, la chasse au bison, et Arrien ^, la capture de l'onagre, en Numidie, par des cavaliers, qui lui jetaient des lacets. Dans Pline l'Ancien^, on trouve un récit fabuleux de la chasse au tigre, d'après lequel les chasseurs, à cheval, enlevaient les jeunes du repaire de l'animal, puis les laissaient tomber, l'un après l'autre, pour arrêter la mère dans sa poursuite^. Oppien ^^ , finalement, raconte cette chasse d'une autre manière.
Ces périlleuses poursuites étaient -elles même couronnées du plus beau succès, le transport des animaux exigeait un nouveau déploiement d'activité. La hache retentissait, la scie du charpentier criait, l'usine du forgeron se chargeait de vapeur, jusqu'à ce qu'il ne restât plus aux terribles prisonniers qu'à tourner leur vaine fureur contre les barreaux de leurs cages. Claudien, dans son
1 mt anim., XHI, 10.
• ^ IV, 320. 8 IV, 2, etc.
^ Voir aussi la mosaïque de Palestrina. « X, 13, 2.
7 De venat., chap. xxit, 3.
8 Hist. naL, VIII, 66.
i> Pomponlus Mêla, HI, 5. — Martial, VIII, 26. 10 III, 353, etc.
panégyrique en vers de Stilicon , chante un combat d'animaux donné par ce minisire. Le poëte fait, en l'honneur de son puissant protecteur, chasser Diane elle-même avec ses nymphes dans les forêts, les déserts et les montagnes du monde entier; les charpentiers ne peuvent suffire à façonner les poutres nécessaires pour tant de cages; on les construit avec les troncs du hêtre et de l'orme, encore tout verts du feuillage dont on n'a pas eu le temps de les dépouiller entièrement ^ Le transport s'effectuait en partie par mer ^, et , dans ce cas, les navires retenus par des vents contraires arrivaient souvent trop tard ^ , quand ils ne faisaient pas naufrage, avec leurs précieuses cargaisons^; ou bien aussi Ton voyait arriver parterre d'interminables convois de lourdes voitures, chargées de cages et traînées par des taureaux^. Avec l'énormité des distances que ces convois avaient en grande partie à franchir, ils restaient souvent en route des mois entiers, et, dans ce cas encore, il était fort à craindre que les animaux, s'ils ne périssaient pas tous®, n'arrivassent au lieu de leur destination tout à fait hors d'état de servir ^. Il résulte d'un édit des empereurs Honorius et Théodose, de Tan 417, que l'entretien des animaux faisant partie des convois impériaux était à la charge des villes de leur itinéraire, pen-
^ Claudien, Éloge de Stilicon, 3,322.
2 L'embarquement des éléphants d'Annibal, au passage du Rhône^ a été décrit, d'après Polybe (NI, 46) et Tite-Live (XXI, 28), par Silius Italiens (III, 460) et Élien {Nat, anim., X, 17). — Prasitèle, dans Pline l'Ancien (Hist. nat,, XXXVI, 40), fit ses études in navalilmSy « ubi ferae Âfricanae errant. »
3 Pline le Jeune, Lettres, VI, 34.
* Symmaque, Lettres, IX, 117.
•'» Claudien, dans V Éloge précité.
t5 Apulée, Métamorphose ^ IV, 72.
" Symmaque, Lettres, II, 76.