LIVRE VI. — LES SPECTACLES
leurs aises'. Déjà Auguste, qui travaillait à rétablir partout Tancien usage, jusque dans le costume, ordonna aux édiles de n'admettre au cirque que des spectateurs revêtus de la toge^. Commode, en dispensant plus tard de cette tenue, alla contre la coutume^. Les deux ordres supérieurs étaient obligés de paraître dans le costume de leur ordre, les fonctionnaires dans leur habit officiel, qu'ils quittaient seulement lors du deuil public pour la mort d'un empereur*. En été, Auguste permettait que l'on vînt au théâtre sans chaussures; Tibère retira celte permission, mais Caligula l'accorda de nouveau et permit aussi pour la première fois, en Tan 37, aux sénateurs de porter des chapeaux thessalienç, pour se garantir du soleil. C'est dire qu'ils étaient, auparavant, obligés de rester découverts*. Par le mauvais temps, on pouvait jeter un manteau pardessus la toge, mais à la condition de l'ôtcr à l'arrivée de grands personnages^. Domitien, un jour de forte averse au spectacle, ne permit à personne de sortir, ni de changer de manteau^. Cet empereur alla jusqu'à renouveler des prescriptions en partie tombées en oubli. Il interdit derechef l'usage des vêlements de diverses couleurs, to-
* Nostra bibat vernum contracta cuticula solem Efifugiatque togam
dit Juvénal, XI, 203.
3 Negotium sedilibus dedit^ ne quem posthac paterentur in foro circove nisi positis lacernis togatum consistere. (Suétone^ Auguste, chap. XL.)
3 Contra consuetudinem jussit spectatores pœnulatos non togatos ad munus convenire. {Vie de Commode, chap. xyi.)
* Dion Cassius, LXXn, 21. -: Voir aussi Vie de Commode, chap. xvl
5 Dion Cassius, LIX, 7.
6 Suétone, Claude, chap. vi.
" Dion Cassius, LXVII, 8.
1ère par ses prédécesseurs*. Cependant il paraît qu'outre les robes blanches, on permettait aussi celles d*écarlate et de pourpre^. Les parasols étaient également permis, comme les chapeaux à larges bords ^. Le maintien des ordonnances réglementaires, ainsi que de Tordre et de la tranquillité pendant les jeux, incombait au préfet ou gouverneur civil de la capitale, qui les faisait respecter, au besoin, avec Taide des postes militaires établis à cet effet, et pouvait d'ailleurs interdire l'entrée des spectacles aux contrevenants et aux fauteurs d'agitation ^.
Déjà dans les temps anciens de la république romaine, les dépenses pour les réjouissances publiques atteignaient des sommes considérables d'après nos idées actuelles. Pour la fête principale du mois de septembre, qui se célébrait depuis 364 avant Jésus-Christ et durait quatre jours, dont les trois premiers étaient affectés à des représentations scéniques et le dernier aux courses de chars (jeux romains) , il y avait une allocation de 200,000 as ou près de 54,000 francs sur les fonds de FËlat, somme qui ne fut point augmentée jusqu'à la seconde guerre punique \ Les autres jeux publics gelaient aussi défrayés par TÉtat. Mais» les prétentions s'élevant peu à peu, Ton finit par exiger
* Herbarum fueras indutus, Basse^ colores,
Jura theatralis dum siluere loci.
Quae postquam placidi censoris cura renasci Jussit et Oceanura certior audit eques, Nonnisi vel cocco madida vel murice tincta Veste niles et le sic dare verba putas.
(Martial, VHI, 23.)
2 Martial, V, 8; XIV, 13 et 137; IV, 2.
3 Ibid.y XIV, 28, etc.
4 Digeste, 1, 12, 1, § 13, etc.
& Mommsen, Bistoire^romaine^ I, 3, p. 449.