CHAPITRE PREMIER
La philosophie éthique»
])u lien de la morale des Âuciens avec la religion et des daugci-s dont on lu prétendait menacée par l'anthropomorphisme»
Différence essentielle entre la morale antique et la morale chrétienne.
Manière des Anciens d'envisager la divinité et l'humanité. — La philosophie morale. — La science est le fondement de la félicité. — La félicité est dans la réaigoation.
Progrès de la philosophie grecque dans le monde romaiu. — Opposition contre la philosophie. — Antipathies fondées dans le caractère national des Romains. — La philosophie vue de mauvais œil par les gouvernants.
— Persécutions dirigées contre les philosophes. ^ Revirement d'opinion apl^ la mort de Domitien. — On s'applique à infirmer le reproche fait à la philosophie d'hostilité au gouvernement. ^ Aversion de la multitude pour la philosophie.— Inutilité de celle-ci dans l'opinion de la plupart des gens sans instruction et même dans celle de beaucoup d'hommes instruits»
- Les rhéteurs opposés aux philosophes. — Sénèque l'Ancien. — Quin"» tilien. — Fronton. — Lucien. — Aristide.
Les adversaires de la philosophie alléguant l'immoralité des philosophes. ->
Pseudophiloaophes à Rome et en Grèce. — Les cyniques. — La philosophie reconnue par les Romains comme le flambeau de la moralisation. — Différences de vues sur la dose d'instruction philosophique nécessaire. — Participation des Romains aux études philosophiques. — L'école seitienne. — Progrès du stoïcisme^ de Tépicurisme et des autres systèmes de philosopliie chez les Romains. — L'instruction philosophique commence d'ordinaire avec l'adolescence. — Logique et dialectique. — Physic{ue. — Ëthique. — Droit et devoir des maîtres de surveiller et de diriger en tout la conduite de leurs disciples.
Triple mission des philosophes enseignants. — 1" Les philosophes comme précepteurs et directeurs de conscience dans les graiides maisons. — Comment étaient traités, d'après Lucien, ces philosophes domestiques. — Philosophes il la cour. — 2^ Philosophes directeurs d'écoles publiques. — Inconvénients des conditions de l'enseignement dans les écoles des philosophes. — Ce qui l'empéche de devenir profitable, par la faute des élèves ou par celle des maîtres. — L'amour des belles phrases et la soif d'applaudissements . — 3° Philosophes missionnaires et prêchant la morale au peuple, comme les cyniques. — Démétrius. — J)émonax.
Conclusion. — Épuration des idées morales par suite du développement de la* philosophie dans les premiers siècles de notre ère. — Manque de fondement de la supposition d'une décadence générale des mœurs a cetle époque.
Que, dans Tantiquité, toute la morale aussi était trësintimement liée à la religion; que les dieux, comme directeurs de Tordre moral du monde et exécuteurs de ses lois, devaient également, dans Topinion des Anciens, exiger des hommes raccomplissement des devoirs moraux^ récompenser le bien et punir le mal, c'est ce qu'il n*est guère besoin de faire observer à qui a la plus légère teinte de la littérature antique. Mais, après avoir constaté précédemment que la croyance aux dieux avait persisté sans altération dans les masses, jusque dans les derniers temps de l'antiquité, il reste encore à réfuter Tidée que Ton se fait d'une influence démoralisante exercée par l'anthropomorphisme, qui, de la religion grecque, s'était communiqué aussi à la foi populaire des Romains, en ce