‹ Mœurs romaines du règne d'Auguste à la fin des AntoninsChapitre 106 sur 218 · LIVRE IX. — LES BEAUX-ARTS DANS LEMPIRE ROMAIN · texte numérisé non relu

LIVRE IX. — LES BEAUX-ARTS DANS LEMPIRE ROMAIN

de Lavinie 1 . Peut-être le Marius que Plutarque* vit à Ravenne appartenait-il à la même série.

En général, une décoration convenable des places publiques, mais surtout du forum, avec des statues, était regardée comme un des ornements les plus désirables pour les villes, qui aspiraient toutes à se le procurer : c'était là une occasion de se montrer, offerte surtout à l'ambition ou à l'esprit civique de ceux dont les moyens ne suffisaient pas pour la construction d'édifices publics. A l'instar de celle-ci, on élevait aussi des statues avec le produit des droits payés par les prêtres et par les fonctionnaires, à leur entrée en charge, ou comme équivalents de ces taxes; parfois aussi des particuliers -en faisaient don volontairement, ou en ordonnaient l'érection par testament 8 . Les statues destinées à l'ornement des édifices publics et des places publiques étaient, sans doute, le plus souvent des images d'empereurs ou de divinités*. Parmi ces dernières , celle du génie tutélaire de la ville devait, à ce qu'il semble, manquer d'autant moins que, sur le Forum de % Rome aussi, se dressait le génie du peuple romain, depuis Aurélien, sous la forme d'une statue en or, ou en bronze doré 6 . Il est aussi fait mention de statues de l'espèce en argent 6 . En général cependant, l'or et l'argent étaient ré-

1 MommseD, Cl. L., I, 277, etc.

2 Marins, ch. n.

3 Digeste, XXXV, 1, 14. — Ibidem, XLIll, 9, 2 (Concession de la place pour l'érection de statues).

4 Ainsi, par exemple, C. I. L., Il, 1956 (Cartima) : Signum aereum Martis in foro porticus ad balineum — cum piscina et signo Cupidinis; ibidem (Cisimbrium-Bœtica) : nn II vir pontif. perp. forum aedes quinque signa deor. quinque statuas suas sua impensa dédit donavit.

5 Preller, Régions, 141.— Voir aussi Henzen, 5320, et C. I. L., II, 2006. B C. I. L., II, 3228 (signum argenteum cum domo sua); 4071 (ex arg.

libris XV, unciis II).

serves pour des statues de divinités et d'empereurs 4 , et cette règle ne souffrait que très-peu d'exceptions 2 . On montrera plus loin jusqu'à quel point les progrès de la mode d'honorer les personnes par des monuments contribuèrent, en Occident aussi, à peupler de statues les places publiques des villes .

Cependant la décoration des constructions privées réclamait, peut-être encore à un plus haut degré que celle des places et des édifices publics, l'activité des beaux-arts, car une riche variété d'ornements artistiques, de tout genre, était regardée comme également indispensable pour le digne achèvement des palais, des maisons de campagne, des parcs et des jardins. Dutemps de Sylla déjà, des pein-, tures et des statues servaient, aussi généralement que les tapis et ,r argenterie 3 , à l'ornement de toute maison opulente, ainsi qu'à celui des maisons de campagne des grands. Elles n'y manquaient qu'exceptionnellement, comme dans la maison de campagne de Séjus, près d'Ostie% et comme plus tard dans lés villas d'Auguste, où des antiquités et des curiosités d'histoire naturelle suppléaient, dans la décoration, aux œuvres d'art 5 . Cicéron fit faire, par Atticus, des achats d'œuvres pareilles pour ce qu'on appelait l'académie de son Tusculanum. Il alloua 20,400 sesterces (4,500 francs) pour des statues de Mégare, acquises par cet ami, qui avait acheté en outre des hermès d'Hercule, en marbre du Pentélique, avec têtes en bronze, et une

1 Preller, Mythologie romaine^ 213, 2; Suétone, Vespasien, en. xxiii; Dion, LXXVIÏI, 12; Aurélius Victor, Césars, 40, 28.

2 Voir, pour celles*ci, Pline le Jeune, Lettres, 4 3 7, et G. 1. G., 3085 et 3524.

3 Cicéron, pro Roscio Amer,, 45, 133; De Orat., I, 35, 161.

4 Varron, de Re rust., III, 2, 8.

1 Suétone, Auguste, chap* lxxii.

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