Livre iX. — les beaux-arts dans l'empire romain. 2Ô
Hermathène (hermès de Minerve) pour Gicéron. Celui-ci le pria de lui procurer, de même, tout ce qu'il pourrait encore trouver d'objets d'art convenant pour son but, particulièrement des bas-reliefs, à incruster dans le revêtement de stuc d'un petit atrium, et deux encadrements de fontaines, ornés aussi de reliefs. Tous les achats d'Atticus ne devaient servir que pour le Tusculanum ; quant à la décoration de sa villa près de Gaëte, Cicéron entendait la réserver pour un moment où il serait plus en fonds. Il témoigna, d'un autre côté, son mécontentement, au sujet d'un achat de quatre ou cinq statues, parmi lesquelles se trouvaient des Bacchantes et un Silène, qu'avait fait pour lui Fadius Gallus, parce qu'il les trouvait beaucoup trop chères, et qu'elles ne convenaient pas pour l'académie. Il y avait fait établir, sous une colonnade, de nouveaux reposoirë, qu'il désirait orner de tableaux, car la seule branche capable de l'intéresser peut-être, sur tout le domaine de l'art, c'était la peinture 1 . Mais, moins Cicéron avait l'amour de l'art et comprenait celui-ci, plus son exemple est un témoignage frappant de la mode, devenue générale alors, de la décoration artistique des maisons de ville et de campagne.
Sous l'empire, cette mode alla plutôt en croissant qu'en diminuant. La maison d'un riche venait-elle à brûler, les amis qui se cotisaient pour aider à la reconstruire se chargeaient de fournir des statues 'de marbre nues, de magnifiques bronzes d'artistes célèbres, de vieux ornements provenant de temples de l'Asie Mineure, et des bustes de Minerve pour la bibliothèque 2 . Il se peut que des villas, et les jardins en particulier, fussent souvent, alors, tellement
•Cicéron, ad Mticum, I, 5* 6 (636), 8, 9, 10 (687), 4 (688), 3 (689); ad Fam., VII, 23.
2 Juvénal, III, 215, etc;
remplis d'œuvres d'art qu'il était permis de parler de jardins de marbre 1 . Autour d'une source dans le jardin d'Arruntius Stella, par exemple, on voyait un groupe de figures en marbre, représentant de jeunes garçons d'une beauté remarquable; dans une grotte à côté, un Hercule 2 ; la décoration des autres parties était, sans doute, à l'avenant. Le riche Domitius Tullus avait, dans ses magasins, un tel approvisionnement d'oeuvres d'art des plus magnifiques, dont il ne prenait d'ailleurs aucun souci, qu'il put garnir un parc très-étendu, le jour même où il en avait fait l'achat, d'une multitude de statues anciennes 3 . Silius Italicus possédait plusieurs villas» dont chacune offrait une multitude de statues et d'images*. Dans les jardins de Régulus à Transtévère, d'immenses portiques occupaient un très-vaste espace, et la rive du Tibre était toute garnie des statues du propriétaire 5 . S'il s'était conservé, sur les fouilles des siècles passés, des rapports plus nombreux et plus détaillés, on arriverait peut-être à se faire, approximativement, une idée de la décoration artistique de mainte villa romaine. La collection du chevalier Azara, par exemple, qui consiste principalement en bustes (il n'y en a pas moins de 30) et se trouve maintenant à Madrid, provient en majeure partie, sinon tout entière, de fouilles opérées dans la villa dite des Pisons à Tivoli, par Azara lui-même, eu 1779 e . Au sujet de la villa d'Adrien, dans la même localité, Winckelmann ne s'avance probablement pas trop, en
* Juvénal, VII, 79.
2 Martial, VII, 50.
3 Plioe le Jeune, Lettres, VIII, 18, 11.
* Ibidem, III, 7, 8.
à Ibidem, IV, 5.
« Hubner, Antiques de Madrid, p. 19 à 21 (en allem.).