‹ Mœurs romaines du règne d'Auguste à la fin des AntoninsChapitre 110 sur 218 · LIVRE IX. — LES BEAUX-ARTS DANS L'EMPIRE ROMAIN · texte numérisé non relu

LIVRE IX. — LES BEAUX-ARTS DANS L'EMPIRE ROMAIN

sone 1 , tous les péristyles étaient ornés de statues, on peut en conclure que ce genre de décoration aussi était extrêmemement répandu.

Cependant un besoin des jouissances de Fart aussi général dans les classes moyennes et inférieures devait être, nécessairement aussi , accompagné d'un large emploi de matériaux à bon marché, d'argile et de stuc notamment.

Des bas -reliefs et autres ornements en stuc, souvent peints, surtout aux moulures, plafonds et voûtes, ainsi que le dit Pline et le confirment les résultats des fouilles opérées dans les villes ensevelies, étaient d'un usage général dans les maisons. Des bustes en plâtre ornaient les appartements, surtout les bibliothèques et les cabinets d'étude des personnes qui trouvaient trop chers ceux de marbre et de bronze. Partout on voyait figurer en plâtre , au temps de Martial et de Juvénal, chez les hypocrites du stoïcisme et autres pseudo-philosophes, les tètes de Démocrate, de Ghrysippe, de Zenon, de Platon et d'autres encore, avec des barbes incultes \ En argile, il s'est conservé nombre d'ornements d'architecture pratiqués à des colonnes, fenêtres, moulures et gouttières, ainsi que des frises, servant à la décoration extérieure et intérieure des murs, voire même des moules, de ceux qui servaient à fabriquer ces diverses pièces. Souvent aussi les bas-reliefs et ornements d'argile sont peints soit d'une seule couleur, soit, d'après nature, des diverses couleurs propres aux ob-

; l Cl. urbes, 5.

1 Martial, IX, 47, et Juvénal, II, 4, ainsi que Lucien, Nigrin, 2, où le plâtre, étant le moins cher des matériaux que l'on employait, se présente à Vidée naturellement, dans la mention de ces bustes ou masques, lors même qu'il n'est pas expressément désigné.

jets représentés 1 , et c'est précisément dans ces ouvrages, ordinaires et de fabrique, que Ton trouve reproduites les plus magnifiques conceptions et les formes les plus nobles du temps de la plus grande splendeur de l'art hellénique. La peinture aussi était employée à la décoration des appartements, plus généralement encore que la plastique en substances molles, souvent aussi en combinaison avec cette dernière, quand on reculait devant les prix d'une incrustation de marbre. La décoration qui résulte de l'emploi des couleurs était inséparable du revêtement de stuc*. Les frontons mêmes des bâtiments étaient parfois peints; ou du moins badigeonnés diversement de couleurs vives, comme on le voit par ce distique, adressé à la nymphe .d'une source 3 :

Tiburis adversœ dominus qua despicit aedem Frontibus et pictis jElia villa nitet.

Tout le monde sait comment, à Pompéji, chaque maison et, dans l'intérieur des maisons, chaque pièce, brillent de peintures sereines, jetées sur les murs, d'une main aussi légère que hardie, et tout cela, avec un charme de couleurs ravissant parfois, dans sa beauté pittoresque. Or, indépendamment des restes qui s'en sont conservés dans les provinces, nombre de mentions fortuites parvenues jusqu'à nous* montrent que l'usage de ce genre de

1 Marquardt, Manuel, V, 2, 235, etc.

*Semper, le Style, I, 450, etc. — Voir Digeste, Vf, 1, 38 (tectorium picturœque) ; ibidem, XV, 3, 3, § 4 : Sed si... domum dominicain exornavit tectoriis (c'est-à-dire de fresques); puis 0. Muller, Manuel d'archéologie, § 319, 5 (en allera.), et C. I. L., II, 4085.

* Appelée aqua Albula, dans Mommsen, I. R. N. t 7146.

« Voir Muller, Manuel, § 210, 4 ; Raoul-Rochette, Peintures inédites,

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