‹ Mœurs romaines du règne d'Auguste à la fin des AntoninsChapitre 111 sur 218 · LIVRE IX. — LES BEAUX-ARTS DANS l' EMPIRE ROMAIN · texte numérisé non relu

LIVRE IX. — LES BEAUX-ARTS DANS l' EMPIRE ROMAIN

peinture murale, dans les appartements, était aussi répandu que la culture romaine en général. Bien que, du reste, la découverte d'Herculanum et de Pompéji ait suffit à elle seule, pour modifier de plus en plus, avec les progrès des fouilles, l'idée que Ton s'était faite de la peinture antique, il est clair cependant que cette découverte et d'autres encore ne nous font connaître qu'une fraction imperceptible du fonds d'images qui s'est formé, avec le temps, dans tout l'empiré romain, c'est-à-dire qu'une partie très-restreinte des sujets et des substances sur lesquels s'exerçait la peinture décorative. Si parmi ces sujets figuraient aussi, par exemple, des scènes comiques du règne animal, nous n'en sommes informés que par une mention accidentelle du fabuliste Phèdre, qui vivait sous Tibère, époque à laquelle on voyait la guerre des souris et des belettes représentée souvent, en peinture, dans les tavernes de Rome *.

L'usage delà peinture murale notamment, de même que l'emploi des autres arts servant à la décoration, demeura général dans l'empire romain, jusque dans les derniers temps de l'antiquité. Dans le tarif de Dioclétien, de l'année 301, fixant le maximum des prix, ainsi que celui des journées de salaire, pour toutes les industries courantes, la liste des professions coopérant à l'industrie du bâtiment comprend aussi le marbrier (principalement pour ce qui concerne l'incrustation des murs et des parquets, mais probablement aussi le travail d'ornement), Je

198, et Lysons, Reliq. Brit. Rom., vol. II," pi. 1 ; ainsi que Tertullien, de Idolat., ch. VIII; Philostrate, Apollonius de Tyane, V, 22; Lucien, de Domo, 21 à 31 , et Plutarquc (Conj. prxc, 48), qui voit dans ces peintures un luxe superflu.

« Phèdre, Fables, IV, 6. l

mosaïste, le badigeonneur, le peintre en bâtiments et le peintre de sujets ; on y trouve, en outre, une cote de prix pour la fonte des bas-reliefs et statues coulés en bronze, le modelage des figures, en stuc ou en argile, et les autres opérations concernant l'état du stucateur *. Les mêmes profession riistes figurent également dans un édit de Tannée 337, adressé par Constantin au lieutenant investi du gouvernement des provinces occidentales de l'empire, relativement à l'immunité des artistes et artisans, exemptés des charges communales ; ils appartenaient, par conséquent, à la catégorie de ceux qui se trouvaient, encore à cette époque, régulièrement domiciliés dans les villes d'Occident. Valentinien , dans un édit au gouverneur d'Afrique, de l'an 374, conféra des privilèges encore plus grands aux peintres, mais seulement à ceux qui étaient de naissance libre. Il leur procurait, entre autres faveurs, celle de l'obtention gratuite, sans payement d'aucuuloyer, des locaux et ateliers nécessaires pour l'exercice de leur art, sur les terrains des communes, l'avantage de pouvoir s'établir dans chaque ville et celui de ne pouvoir être contraints, par aucun fonctionnaire public, à livrer, sans rétribution, des portraits de personnages sacrés, c'est-à-dire d'empereurs, ni à exécuter des peintures commandées pour la décoration d'édifices publics 2 .

1 Waddington, Édit d* Dioctétien, p. 18, etc.

3 Code Théodosien, XIII, 4, 2 et 4. Le maintien de l'usage de la décoration des murs avec des peintures à fresque jusqu'à une époque bien postérieure, celle du roi des Vandales Thrasamond, qui régna de 496 à 523 en Afrique, est également attesté par les épigrammes contemporaines de Luxorius. Les sujets des peintures qu'il décrit devaient être rebattus plutôt que neufs, à en juger par l'énumération suivante. Elles traitaient : De turre in viridario posita, ubi se Fridamal aprum pinxit occidere (AHthol. lat ti éd. Riese, I, 304). — De Bomulo picto, ubi in

Page 1