LIVRE IX. — LES BEAUX-ARTS DANS L'EMPIRE ROMAIN
dans la haute Italie qu'à la fin de mai 1 . Mais aussi lui avait-on érigé des statues équestres en plusieurs endroits, déjà pendant sa marche de Cologne sur l'Italie par Lyon, avant môme qu'il eût atteint Vienne, et l'écroulement de ces statues avait-il paru d'un mauvais augure*. Les images du premier Gordien se répandirent dans les villes d'Afrique immédiatement après son élévation à l'empire \ Le règne de Pupien et de Balbin ne dura que trois mois, à peu près de mars en juin 238*. Quand Maximin fut assassiné devant Aquilée, au commencement de mai, on y renversa ses statues et images, et l'on obligea ses soldats, admis dans la ville, à l'adoration de celles des deux empereurs du sénat 5 . Le consul Claude Julien, dans une lettre, qui paraît avoir été adressée à Pupien et Balbin immédiatement après leur nomination à l'empire, félicite les légions et les troupes auxiliaires, « qui » , est-il dit dans cette lettre, a adorent déjà vos images dans tout l'empire 6 . » Dans les camps, le besoin de la confection et du renouvellement des médaillons à l'effigie impériale et des autres ornements et signes distinctifs du militaire 7 , suffisait pour rendre désirable la présence d'artistes, que rien n'empêchait d'occuper autrement encore : ainsi Caracalla eut l'idée de faire poser, dans les camps, nombre de statues du grand Alexandre 8 .
1 Tacite, Histoires, III, 12, etc.
a Suétone, Vitellius, ch. ix.
3 Hérodieu, Vil, &, 8.
4 Clinton, Fast. rom., ad annum 238.
5 Vie de Maximin, II, 23, etc.
6 Maximin et Balbin, ch. xvii.
7 Rein, dans Y Encyclopédie de Stuttgardt, article signa.
8 Dion Cassius, LXXV1I, 7. — Voir aussi Hérodien, IV, 8. — A. Rein, dans un article intitulé Emplacements des castels romains de Niederbiber, près de Neuwied, et de Saalbourg, près de Hombourg-les- Bains ,
Non - seulement les statues et images des empereurs régnants ne manquaient dans aucune localité de l'empire, mais toutes les places d'une certaine importance en offraient un grand nombre. Elles faisaient, en général, l'or* nement des places et des édifices publics, mais surtout des bâtiments occupés par le gouvernement, l'administration et les tribunaux. Apulée 1 , dans son apologie prononcée devant le proconsul Claude Maxime à Carthage, s'indigne de ce que, devant les statues d'un Antonin le Pieux, le fils vienne reprocher des infamies à sa mère. U est probable que les gouverneurs et autres employés du gouvernement se chargeaient de faire poser des statues en des lieux pareils, mais les corporations rurales et provinciales, aussi, et toutes les communes aisées, étaient tenues de présenter leurs hommages à l'empereur sous cette forme, et, quand elles voulaient se distinguer, elles étaient obligées d'offrir des statues colossales ou d'un prix extraordinaire, ou bien d'en offrir plusieurs en même temps. Ainsi une députation spéciale vint présenter àGaligula, dans la première année de son règne, l'hommage des honneurs que la diète provinciale de T Achaïe, autrement dite le synode des Panhellènes, avait résolu, par un vote, de lui décerner. Ce vote comprenait la résolution de lui ériger un grand nombre de statues;
(Annales de la Société allemande des amis de l'archéologie dans le pays rhénan, XSYU (1859), p. 151), s'exprime ainsi: L'allégation que les fragments d'une grande statue montrée, avec quantité d'autres objets en bronze, dans le château de Hombourg, auraient été recueiUis devant le prétoire du camp fixe que les Romains avaient à Saalbourg, m'intéressa d'autant plus qu'elle vient à l'appui de l'opinion, confirmée par la tradition et par des restes trouvés, qu'ils avaient élevé, dans plusieurs de ces camps, des statues en bronze, auxquelles semblerait se rattacher aussi (?) celle qui a été découverte en 1858, près de Xanten. 1 Apologie, p. 534.