‹ Mœurs romaines du règne d'Auguste à la fin des AntoninsChapitre 126 sur 218 · LIVRE IX. — LES BEAUX-ARTS DANS L'EMPIRE ROMAIN · texte numérisé non relu

LIVRE IX. — LES BEAUX-ARTS DANS L'EMPIRE ROMAIN

mais Calîgula ne voulut en accepter que quatre, à dresser, d'après son désir, dans les lieux où se tenaient les jeux sacrés: Olympie, Delphes, Némée et l'isthme corinthien 1 . C'est dans les localités où il y avait des sacerdoces particuliers, affectes au culte des statues d'empereurs, que celles-ci devaient, sans doute, être le plus nombreuses et avoir le plus d'importance*. Très-souvent enfin, même de simples particuliers ne pouvaient se dispenser de témoigner leur dévouement de cette façon, notamment à Rome. ' On y voyait, à l'époque des Antonins, les images des empereurs dressées partout, dans les comptoirs des changeurs, les boutiques et les ateliers, sous toutes les échoppes, dans tous les vestibules et à toutes les fenêtres ! le plus souvent, il est vrai, mal peintes ou grossièrement modelées 8 ; à plus forte- raison, il ne devait pas y avoir manque de bons portraits et de bonnes statues dans les maisons opulentes et aristocratiques. Ajoutons qu'il n'était pas rare non plus de voir, dans les grandes villes, des statues d'empereurs publiquement exposées par des particuliers.

De tous les empereurs, Adrien fut peut-être celui en l'honneur duquel on érigea le plus de monuments, dans toutes les provinces; mais nulle part il n'en eut autant qu'en Grèce , la contrée à laquelle il avait le plus prodigué ses bienfaits. L'existence de plusieurs statues d'Adrien, érigées par des communes, des cantons ou des corporations provinciales d'une importance majeure, peut

1 Keil, Sylloge Inscr. Bœot., n° al. p. 120 et 124. — Herzberg, Histoire de la Grèce, II, 33, etc.

2 Voyez, par exemple, sur les socles des statues d'empereurs à Tarragone, Hubner, Hermès, I, 120, etc.

3 Fronton, éd. Naber, p. 74.

y être constatée en divers lieux, comme par exemple à Delphes, àOlympie, àThèbes, àSyros, àCoronée 1 ; mais celui où elles étaient, sans contredit, de beaucoup le plus nombreuses, c'est Athènes, la ville qui lui devait le plus, et dans laquelle aussi elles sont devenues l'objet des recherches les plus actives. Dans chacune des treize sections cunéiformes du théâtre de Bacchus, récemment mis à découvert, il y avait, selon toute probabilité, une statue d'Adrien, et toutes, sauf une, y avaient été érigées par les douze phyles ou tribus de PAttique. Pausanias en mentionne deux autres au Céramique ou dans F Agora, et sur les hauteurs de l'Acropole, au Parthénon. De plus, nous en connaissons, à Athènes, deux qui y furent érigées par des particuliers, l'une par Hérode Atticus, conjointement avec son fils Hérodien. Mais l'endroit qui en réunissait le plus , c'était le temple de Jupiter Olympien, achevé par Adrien, avec ses abords. Devant les façades probablement, s'élevaient deux statues du constructeur en marbre de Thasos et deux en marbre égyptien ; devant les colonnes (celles des colonnades sans doute qui courent autour de l'édifice), des statues en bronze, provenant de villes d'outremer ; ailleurs, d'autres statues en pied, données par des villes grecques; mais, de toutes ces statues, il ne reste plus que treize socles et des inscriptions. Toutes étaient dominées par une statue colossale très-curieuse, que les Athéniens avaient fait ériger derrière le temple \ Cependant les statues que nous connaissons d'Adrien ne devaient former qu'une petite partie de ce qui existait de statues de ce prince à Athènes, s'il est vrai, comme d'excçllenfe témoi-

1 Herzberg, Histoire de la Grèce, II, 333, etc. 8 Pausanias, 1, 18, 6. — Herzberg, II, 327.

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