LV1II
* LVII, 21. — Tacite, Annales, III, 72; IV, 7.
5 Dion Cassius, LVIII, 4; Tacite, Annales, IV, 74.
6 Suétone, Tibère, ch. XLVin. *
dans les places publiques et les théâtres des villes 1 . La chute soudaine de Séjan, en Tan 31 de notre ère, fut le signal de la destruction des monuments qu'une basse servilité lui avait élevés, au temps de son omnipotence. Ses statues, d'après Juvénal*, furent arrachées de leurs piédestaux, au moyen de cordes, et traînées dans la boue. Des coups de hache fracassèrent les roues des chars à deux chevaux et les jambes des innocentes bêtes de leur attelage de bronze ; bientôt on vit fondre, dans le brasier pétillant des hautsfourneaux , attisé par des soufflets , cette tête naguère adorée du peuple, et se liquéfier, au milieu des crépitations, toute la figure colossale de Séjan ; puis, de ce qui, naguère, représentait les traits du second personnage de l'empire, on se mit partout à confectionner des pots, des casseroles, des bassins et des vases de nuit. On rapporte des choses semblables du favori de Sêptime Sévère, Plautien, qui tomba tout aussi soudainement d'une hauteur également vertigineuse. Dion 8 raconte qu'on lui avait érigé des images et des statues non-seulement en bien plus grand nombre qu'aux empereurs, mais aussi de plus grandes dimensions, et cela non-seulement dans les villes autres que Rome, mais dans cette capitale même; nonseulement aux frais de particuliers, mais par l'ordre du sénat. C'est là précisément ce qui rendit Sévère ombrageux. La chute de Plautien fut de même suivie du renversement de ses statues, dans toute l'étendue de l'empire. Si le nombre de ceux auxquels on érigeait des statues, dans tout l'empire, était nécessairement trèsrlimité, une multitude incroyable de personnes arrivaient à jouir de
* Tacite, Annales, IV, 2.
3 LXXVII, 14 et 16. — Histoire Auguste, Sévère, ch. xiv.