‹ Mœurs romaines du règne d'Auguste à la fin des AntoninsChapitre 133 sur 218 · LIVRE IX. — LES BEAUX-ARTS DANS i/EMPIRE ROMAIN · texte numérisé non relu

LIVRE IX. — LES BEAUX-ARTS DANS i/EMPIRE ROMAIN

les honneurs de la statue. Dion de Pruse est fier de constater que ses grands-pères et autres aïeux, son père, qui avait longtemps présidé à l'administration de la ville, ses frères et ses autres parents avaient été honorés, par celle-ci, de beaucoup de statues, de funérailles publiques, de jeux d'athlètes, donnés auprès de leurs tombes, et de nombre d'autres distinctions; à sa mère, on y avait érigé nonsenlenrent une statue en pied, mais aussi un temple 1 . L'investiture de maintes dignités, qui n'étaient accessibles qu'à l'aristocratie des provinces, comme notamment celle du plus haut sacerdoce de celles-ci, entraînait naturellement les honneurs de la statue, comme une conséquence plus ou moins régulière 8 . Il suffît de mentionner les mérites qu'il était le plus commun de récompenser par des statues, dans les villes de l'Italie et des provinces, pour donner une idée de l'extension de cette coutume, devenue générale. C'étaient principalement de grands sacrifices d'argent et des services personnels ayant profité à la ville, après les constructions et travaux si fréquents et déjà mentionnés d'embellissement et d'utilité publique, des allocations et donations faites en vue des objets les plus divers, comme par exemple pour l'achat de blé, en temps de di*

* Dion, Or., XLTV, p. 509 M. — Dion de Prose, surnommé Chrysostome (Bouche d'or), né vers l'an 30 de notre ère, fut d'ailleurs lui-même un des hommes les plus considé^s et les plus admirés de son temps. 11 avait, mais vainement, engagé Vespasien à rétablir la république, fut impliqué dans une conspiration et obligé de s'exiler sous Domitien, mais reparut, à la nouvelle de la mort du tyran, au camp de l'armée du Danube, et décida, par son éloquence, l'élévation de Nerva à l'empire. U vécut jusque vers Tan 116, après avoir joui de toute la faveur de ce prince et de Trajan. L'historien Dion Gassius (né vers 155) descendait, par sa mère, de Dion Chrysostome.

* G. I. G., II t 4248 (Tarragone) : Statuam inter flaminales viros positam.

sette, mais tout particulièrement et très-souvent des fêtes, où Ton régalait une fois seulement, ou périodiquement d'année en année, toute la bourgeoisie/ et qui étaient, d'ordinaire, accompagnées aussi de distributions d'argent; puis, toute espèce de spectacles, notamment des tueries d'animaux et des combats de gladiateurs; enfin, des missions volontairement acceptées et remplies aux frais des envoyés, auprès des empereurs et des gouverneurs. Mais à côté de ces titres, qui étaient les plus communs, il y en avait beaucoup d'autres encore, par lesquels on arrivait également aux honneurs de la statue. Des services distingués dans l'enseignement y donnaient droit aussi, et ce n'étaient pas seulement les professeurs d'éloquence jouissant d'une réputation universelle, et dont les leçons attiraient une foule de disciples des contrées les plus lointaines, qui les obtenaient, mais parfois aussi de modestes pédagogues, quand ils s'étaient fait un nom comme savants. A Bénévent, au capitole, on voyait une statue assise, en manteau grec avec deux cases de livres, du précepteur d'Horace, Orbilius Pupillus, qui mourut presque centenaire, dans un galetas; à Préneste, une de M. Verrius Flaccus, au-dessus de son calendrier, gravé sur des tables de marbre, au forum de cette ville 1 . Des travaux littéraires trouvaient de môme ainsi une récompense, dont les villes n'étaient, parfois, que trop prodigues envers leurs concitoyens. Au dire de Dion de Pruse*, les Athéniens avaient érigé à un poëte très-insignifiant une statue en bronze, juste à côté de celle de Ménandre. Des femmes aussi furent très-souvent jugées dignes de cet honneur.

1 Suétone, M. gr., 9, 17.

8 Or., XXXI, p. 346 M.

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