LIVRE IX. — LES BEAUX-ARTS DANS j/EMPlRE ROMAIN
art, parcouru nombre de villes, et des statues signées de son nom ont été trouvées tant à Syracuse qu'à Rome. Un autre, Novius Blesamus, avait, comme le porte son épitaphe, orné de ses statues Rome et tout l'empire 1 . L'épitaphe d'un ouvrier mosaïste, à Périnthe, dit qu'A avait magistralement exercé son art, dans toutes les villes 1 . L'accomplissement de grands travaux portait au loin la renommée des artistes, et la propageait vite. Zénodore, qui avait fait, pour Clermont, la statue colossale de Mercure, déjà mentionnée, fut appelé à Rome par Néron, pour y exécuter pareillement la statue colossale de cet empereur. D'après le Songe de Lucien, cependant, la vie des sculpteurs, comparativement à la vie nomade des sophistes du moins, était en général une vie sédentaire 8 , et il est certain qu'il y avait, sur toutes les places considérables, des artistes établis à domicile, qui ne manquaient jamais d'occupation. Cela résulte encore, pour le quatrième siècle, d'une lettre de Constantin, de l'année 337, au gouverneur des provinces de l'Espagne, des Gaules et de la Bretagne, lettre aux termes de laquelle les artistes et artisans, domiciliés dans les villes, devaient être exemptés de prestations communales, afin qu'ils pussent employer leur temps libre à l'étude de leur art, tant pour s'y perfectionner eux-mêmes que pour mieux l'enseigner à leurs fils. Dans les professions qui y sont dénommées rentrent, indépendamment des architectes et des ouvriers du bâtiment, les peintres, les sculpteurs, desquels on distingue les statuaires et les mosaïstes, de deux classes aussi» A Pompéji, outre plusieurs magasins de couleurs, on a dé-
1 Brunn, Histoire des artistes, ï, 614 (en allem.).
2 Ibidem, II, 313.
* Pline, Hist. nat., XXXIV, 46.
couvert un atelier de sculpture, dans lequel se trouvaient des outils pour sculpter la pierre, des statues en marbre, des hermes, des bustes et un mortier, encore inachevé, en marbre 1 . Les inscriptions d'artistes, mises à découvert dans les autres villes d'Italie et dans les provinces, à l'exception de la Grèce et de l'Asie Mineure 2 , ne sont pas nombreuses.
Or, bien que, sans doute, l'art et l'industrie artistique fussent exercés sur des points très-différents de l'empire romain, par nombre de gens sédentaires, et qu'ils fussent même, assez souvent, héréditaires dans les mêmes familles \ ainsi que le suppose le rescrit susmentionné de Constantin, il ne s'y révèle cependant, nulle part, des styles distincts et des particularités locales ou provinciales, comme il y en avait certainement un grand nombre en Grèce, à l'époque du développement de l'art, indépendamment du style éginète et de Tattique. Le trait caractéristique par excellence de l'art, sous l'empire romain, c'est au contraire l'uniformité, qui apparaît dans les sujets qu'il traite, la manière de les conceyoir et de les traiter, et jusque dans l'emploi des procédés techniques. Cette uniformité frappe doublement, lorsqu'on songe au vaste domaine sur lequel cet art était répandu. A l'exception de l'Egypte, l'art, dans les limites de l'empire romain, n'offre aucune différence essentielle et sensible pour nous,
1 Overbeck, Pompéji, II, 2 e éd., 9, etc. (en allem.).
» Brunn, Histoire des artistes, I, 551 (artistes athéniens), 603 (des autres parties de la Grèce); II, 304, etc. (peintres). — G. Hirschfeld, Tituli statuariorum sculptorumque, p. 193, et tab. VIL
3 Comme, par exemple, les artistes de Laocoon. Brunn, Histoire des artistes, I, 610, et C. I. G., 6174 : Phidias et Ammonius, tous les deux fils de Phidias, en l'an 159 après Jésus-Christ; C, I. G., un père et un fils, mosaïstes à Périnthe T