‹ Mœurs romaines du règne d'Auguste à la fin des AntoninsChapitre 163 sur 218 · LIVRE IX. — LES BEAUX-ARTS DANS LEMPIRE ROMAIN · texte numérisé non relu

LIVRE IX. — LES BEAUX-ARTS DANS LEMPIRE ROMAIN

sant et presque stupéfiant *, des œuvres auxquelles l'art grec n'a rien de comparable à opposer. La superbe question de Frontin, s'il est possible de comparer aux aqueducs romains les masses inertes des pyramides égyptiennes, ou l'inutile splendeur des célèbres monuments de l'architecture grecque, est l'expression d'une manière de voir justifiée, bien qu'empreinte de partialité*.

La nécessité absolue et la haute importance de l'architecture pour la vie publique, comme pour* la vie privée, formaient la raison qui faisait regarder comme le plus honorable de tous cet art, estimé par Cicéron à l'égal de la médecine. Aussi se peut-il que l'architecture fût nonseulement à Rome, mais dans toutes les grandes villes de l'empire, l'art le plus lucratif, et n'affluait-on pas seulement vers cette profession, mais comptait-on, pendant la -république comme durant toute la période de l'empire, parmi les architectes, nombre de citoyens romains, à côté d'esclaves, d'affranchis et d'étrangers 8 . L'ouvrage de Vitruve sur l'architecture n'était pas le seul livre romain qui en traitait. Des architectes impériaux que nous connaissons, Apollodore de Damas, qui dirigea les constructions de Trajan et bâtit, en l'an 101, le pont sur le Danube, est le seul duquel on puisse dire, avec certitude, qu'il n'était pas Romain. Tacite nomme, comme architectes de Néron, Sévère et Celer, ce dernier peut-être un affranchi d'empereur, tous les deux hommes d'assez de génie et de hardiesse pour tenter des choses auxquelles semblait se

1 Semper, le Style, I, 479 à 486.

2 Frontiu, De aquis, c. xyi.

3 Marquardt, Manuel, V, 2, 213 à 215. — Voir aussi le Code Théodosien, XIII, 4, 1.

refuser la nature 1 . Le palais de Domitien fut bâti par Rabirîus qui, d'après Martial*, y avait pris pour modèle, seul digne de la grandeur de sa conception, le firmament étoile. Décrien, l'architecte d'Adrien, fut probablement aussi un Romain 8 . Pline le Jeune chargea de la construction d'un temple de Cérès un certain Mustius, qui sut triompher par son art des difficultés du terrain*. Nous connaissons le constructeur du pont d'Alcantara et d'un temple impérial qui s'y rattachait, sur un rocher près du Tage, par une pièce de vers qui s'y trouve gravée dans la pierre. Il y est dit : « Ce pont, qui restera debout jusqu'à la an des siècles, a été construit par Lacer, célèbre par son art divin *. » Des architectes romains exécutaient des travaux de construction jusque dans les provinces orientales. À Pergame, Gostunius Rufin bâtit le temple de Jupiter Asclépius, pendant que Galien y faisait ses études sous la direction de Satyrus (à partir de l'an 147 8 ).

1 Bruno, Histoire des artistes. II, 344.

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