‹ Mœurs romaines du règne d'Auguste à la fin des AntoninsChapitre 178 sur 218 · LIVRE IX. — tES BEAUX-ARTS. — LA MUSIQUE · texte numérisé non relu

LIVRE IX. — tES BEAUX-ARTS. — LA MUSIQUE

l'empire romain * ; mais aussi à celles d'Horace, odes que ce poëte appelle lui-même des vers destinés à se marier aux cordes*; et, comme cette destination pourléchant, accompagné du jeu des instruments, n'est pas douteuse, nous pouvons admettre aussi, même à défaut de témoignages positifs du fait, qu'on. les chantait effectivement 8 . Or, si l'on chantait aussi des hendécasyllabes, comme ceux de Pline le Jeune *, avec accompagnement de la lyre et de la cithare, il est permis de croire que Ton devait user de même des hendécasyllabes de Catulle*. Aulu-Gelle 6 décrit un festin donné à la campagne* près de Rome, par un jeune homme riche, natif de l'Asie Mineure et grand amateur de musique. Il y avait là d'excellents chœurs, à lui appartenant, déjeunes garçons et de jeunes filles, qui chantèrent après table, en s'accompagnant de la cithare, avec l'expression la plus suave, nombre de poésies d'Anacréon et deSapho, ainsi que de gracieuses élégies d'amour de poôtes modernes. Si donc on chantait aussi, réellement, des distiques élégiaques, le débit, au même banquet, par le rhéteur Julien, de distiques des anciens poètes romains Valérius Édituus, Porcius Licinus et Q. Catulus, paraît également devoir être interprété comme un chant véritable, à cela près que le chant antique, étant essentiellement un

1 O. Jahn, Comment débitait-on les odes d'Horace? dans le recueil allemand Hermès, II, p. 427, 3. — Cependant il semble que, dans Plutarque (Quxst. conv., VII, 8, 2, p. 71 1 D.), il faudrait, au lieu de Sairçovç àva8exo|iivY);, plutôt àvaXeYoyivT);.

2 Horace, Odes, IV, 9, 3, et Jahn, p. 429.

3 Jahn, p. 433.

4 Lettres, VII, 4, 9 et IV, 19,4.

4 Le « cantare Gatullum » dans Horace (Sat. I, 10, 18) peut, dès lors, également être pris dans le sens littéral.

8 XIX, 3 à 5, 8 (cantilena).

récitatif, se rapprochait plus ou moins de la déclamation, de sorte que les verbes chanter et dire pouvaient être alternativement et indifféremment employés à le qualifier 1 . L'affirmation positive que les idylles de Virgile étaient débitées au théâtre par des chanteurs *, ne saurait, après tout, être entendue que dans le sens littéral. Ce chant était souvent accompagné de gestes rhythmiques % de sorte que la représentation de ces pièces de vers tenait du ballet autant que de Topera. Ovide fut réjoui dans son exil par la nouvelle que ses pièces de vers étaient souvent dansées et applaudies au théâtre 4 . Bien que nous ne sa* chions rien de positif sur ce mode de représentation, il y a fortement lieu de supposer, d'après l'analogie des pantomimes, que le texte des Héroïdes, par exemple, pouvait bien être chanté par un chœur, pendant qu'un danseur en mettait le sujet en action, à la manière des pantomimes. Quand il est question de chant au sujet des poèmes épiques d'Homère et de Virgile 1 , il s'agit probablement aussi d'un chant véritable qui devait, il est vrai, dans ce cas, se rapprocher bien plus de la récitation que celui des poésies d'un autre genre.

La poésie était du reste, au moyen âge encore, dans la communion la plus intime avec la musique. La séparation entre le chant et la simple diction, la distinction entre l'exécution musicale et la récitation des poésies, ne s'établirent que peu à peu. Le chant et la musique instru-

1 Aulu-Gelle, XIX, 10 : Voce admodum quam suavi.. cecinit; puis 13 : dixit. — Voir aussi Jahn, 419, etc.

* Donat.* Vita Virgili, p. 60 R; 8 Pétrone, Sat. ch. lui : Odaria saltare. — Jahn, 421. 4 Tristes, \h 519 ; V, 7, 25; — Jahn, l c.

s JuvénaljXI, 180 et ailleurs. — Jahn, l. c.

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