LIVRE IX. LE8 BEADX-ARTS. — LA MUSIQUE
conserva jusque dans les derniers temps de l'antiquité 1 , parfois au désespoir des convives. Vous demandez, dit Martial*, comment on apprête le mieux, un festin? Eh bien ! c'est en laissant de côté le chant choral avec tout son accompagnement. Si, dans d'opulentes fêtes, des chœurs nombreux accompagnaient, de leur chant, les pas de belles Andalouses, dansant au son des castagnettes ', si, dans les gais repas d'un cercle de savants, des chanteurs et des chanteuses de nationalité grecque débitaient, au son de la cithare, des chansons de Sapho etd'Anacréon 4 , Pline le Jeune aussi laisse, au seul invité qu'il convie à un frugal repas, le choix entre une lecture, une scène de comédie et un air de luth 8 , et Martial, qui logeait et payait loyer à un troisième étage, promet à un ami de lui assaisonner, au moins d'un air de flûte courte, le plus que modeste repas qu'il avait à lui offrir 6 . Enfin, la description, non trop chargée sans doute, du festin de Trimalcion, dans Pétrone, d'une époque, il est vrai, à laquelle on avait, partout, et affectait d'avoir éminemment l'amour de la musique, montre jusqu'à quel excès on
spectaculis oculos, saporibus palatum suum délectantes.— Horace, Art poétique, 374 :
Ut gratas inter mensas symphonia discors.
Voir aussi le même Odes, III, 19, 18, pour le festin de Nasidiénus, où il n'y a point de musique.
1 Claudien, dans son Éloge deSMicon, dit de celui-ci (II, 141) :
... Nullo citharae convivia cantu, Non pueris lasciva sonant.
Voir aussi Muller, Gen. xv. Theodos., Il, 7.