‹ Mœurs romaines du règne d'Auguste à la fin des AntoninsChapitre 38 sur 218 · LIVRE VIII. — LE LUXE ROMAIN · texte numérisé non relu

LIVRE VIII. — LE LUXE ROMAIN

Técarlate (coccus), que Pline ' comprend dans son énumération des produits précieux de la nature, mais par-dessus tout les différentes espèces de pourpre. La meilleure laine de pourpre, celle de Tyr double teint, coûtait plus de mille deniers (1,087 fr. 50) la livre; une qualité moin- ^ ; o dre, la pourpre améthyste ou violette, seulement 375 fr. *. Du premier de ces deux prix, il y a 100 sesterces (27 fr. 50) à déduire pour la laine. Voilà du moins ce que coûtait, suivant Pline 8 , la plus belle laine du Pô, et il n'est guère probable que l'on en teignît jamais de qualité moindre en pourpre de Tyr. Cependant Martial* n'estime le prix d'un manteau de pourpre tyrienne du meilleur teint que 10,000 sesterces (2,718 fr. 75). Si ce dn. , prix doit s'entendre de la même qualité que la plus estimée du temps d'Auguste, il faudrait admettre qu'il y eût eu, dans le cours de celle-ci, une baisse telle que l'esprit <u , ; .*, se refuse à y croire. La pourpre dont parle Martial n'était donc probablement que de qualité moyenne. Il faut observer, d'ailleurs, que la laine si précieuse de pourpre véritable était, comme usage et durée, presque indestructible. Les vêtements dont elle fournissait le tissu, pouvaient ainsi se transmettre héréditairement de génération en génération, comme les châles de l'Orient. En Perse, par exemple, un seul habillement confectionné de châles revient quelquefois à 200 ducats (2,350 fr.) 8 . Cependant les habits exclusivement faits de pourpre paraissent avoir été très -rares dans les premiers temps dô l'em-

1 Hist. nat., XXXVII, 204.

2 Cornélius Népos, cité par Pline, Hist. nat., IX, 137. 3 Jftrf. nat., VIII, 190.

Page 1