‹ Mœurs romaines du règne d'Auguste à la fin des AntoninsChapitre 42 sur 218 · LIVRE VIII. — LE LDXE ROMAIN · texte numérisé non relu

LIVRE VIII. — LE LDXE ROMAIN

Il dit effectivement, en propres termes, que, de son temps, les femmes riches faisaient usage de la soie dans maintes localités de l'empire romain, notamment dans les grandes villes, où il y a beaucoup de grandes dames, et il désigne l'essence de nard comme un des parfums que l'on fabriquait à Rome pour les femmes riches 1 . Mais au quatrième siècle, par suite d'un changement complet survenu dans les rapports commerciaux, l'usage de la soie s'était déjà répandu dans toutes les classes 1 .

Le luxe des perles et des pierreries prit naissance à Rome avec le triomphe de Pompée sur Mithridate 8 . Le diamant, quoique estimé par les Romains la plus précieuse de ces pierres *, n'était guère, que nous sachions, employé à la parure ; il ne servait qu'à orner des bagues, et ce mode d'emploi même paraît avoir été très-rare. Le diamant que Trajan reçut de Nerva, quand celui-ci l'eut désigné pour successeur, et qu'il transmit de même à Adrien dans la suite, n'était pas, selon toute probabilité, monté sur une bague*. La bague en diamant que la reine de Judée, Bérénice, l'amante de Titus, avait eue en cadeau de son frère Agrippa et dont il fut tant parlé du temps de Juvénal, est presque la seule que nous connaissions de l'antiquité*.

L'émeraude venait, parmi les pierres précieuses, immé-

* Ûalien, éd. K, X, 492; VI, 440 (De sanitate tuenda, VI, là); XII, 429 et 604.

1 Marquardt, Manuel, V, 2, 109, etc.

3 Pline, Hisl. nûL, XXXVII, 12.

* Ibidem, 55. — Voyez pourtant aussi King, Pierres et métaux précieux, p. 47, etc. (en anglais).

5 Histoire Auguste^ Vie d'Adrien, ch. tu*

6 Juvénal, Vfc 156, etc. — Pour deux autres, à une statue d'argent d'isis, voyez Hubner, tiërnlès, 1, 347, et Gs I. L., II, 3386 : In digito mini mo anuli duo gemmis adamant.

diatement après le diamant. Les plus belles émeraudes, celles de la Scythie comme dit Pline, étaient peut-être originaires des mines de l'Oural et de l'Altaï qui, de notre temps encore, en ont fourni de superbes 1 . Au troisième rang suivaient l'aigue-marine (béryl) et l'opale, qui paraissent avoir été, toutes les deux , particulièrement portées par les dames ; puis la sardoine de prix , excellente aussi pour cachets aux bagues. Tel était alors, suivant Pline*, le classement de ces pierres, tel que l'avaient fixé les préférences du beau sexe. Dans celles qu'ils donnaient au diamant, les anciens n'avaient fait que suivre l'exemple des habitants de l'Inde. Les Persans, au treizième siècle, ne lui assignaient que le cinquième rang, au-dessous de la perle , du rubis, de l'émeraude etdelachrysolithe,pierrejauneàteinte verdâtre. Benvenuto Cellini ne le met aussi qu'après le rubis et l'émeraude, et ne lui reconnaît que la huitième partie de la valeur du rubis. De même en 1S6S Garcias ab Horto, tout en déclarant le diamant le roi des joyaux, pour la dureté, le subordonne, pour le prix et la beauté, au rubis d'abord et à l'émeraude ensuite. Le prix de l'émeraude, très-élevé jusqu'au seizième siècle, et que Benvenuto Cellini estimait alors à 400 écus d'or le carat , baissa beaucoup depuis les arrivages des mines du Pérou ; mais il est remonté depuis, par suite de la cessation complète des envois d'Amérique, de sorte que l'émeraude sans défaut est aujourd'hui de toutes les pierres précieuses, sur le marché de Londres, celle qui se paye le plus cher 8 .

Nous savons très peu du prix des pierres précieuses dans l'antiquité romaine. La pierre dans laquelle était gravée

1 King, p. 282 à 284.

* Hist nat, XXXVII, 85.

3 King, p. 48, etc., 304, etc.

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