‹ Mœurs romaines du règne d'Auguste à la fin des AntoninsChapitre 72 sur 218 · LIVRE VIII. — LÉ LUXE ROMAIN · texte numérisé non relu

LIVRE VIII. — LÉ LUXE ROMAIN

essuie-mains 1 . On faisait aussi venir de jeunes garçons d'Alexandrie, parce que les habitants de cette ville étaient renommés pour leur esprit mordant et prompt à la repartie. Formellement dressés pour répondre avec fiel, ils jouissaient du privilège de diriger leurs sarcasmes, empreints d'une perversité précoce, non-seulement contre l'amphitryon, mais aussi contre ses hôtes 2 . Les dames se plaisaient à faire jouer autour d'elles de petits enfants, nus ( comme des Amours, et s'amusaient de leur innocent babil. ; On entretenait et produisait également en public, comme dans les cours d'Europe des siècles passés 8 , des nains, des géants et des géantes, de véritables crétins, de prétendus hermaphrodites, des avortons et d'autres monstres de difformité. U y avait même à Rome un marché spécial, dit des prodiges de la nature* sur lequel on trouvait à acheter des hommes sans mollets, à bras écourtés, à trois yeux et à tête pointue. On élevait même artificiellement des nains, et nombre de figurines en bronze, de l'aspect le plus grotesque, de ces temps-là, représentant les phénomènes les plus divers de la déviation des organes et du rabougrisse- i menf physique, témoignent des tristes progrès qu'avait faits cette hideuse et coupable manie.

i Pétrone* ch. xxvii.

2 Sénèque, ad Seren., 11, 3* — Stace, Silves, V, 5, 66.

3 Voyez, sur les nains et les géants de la cour d'Auguste le Fort, Vehse, XXXUI. 141.— Lady Montague écrivait aussi en 1717 (lettre XXI) : Ail the (german) princes keep favourite dwarfs.

Page 1