‹ Mœurs romaines du règne d'Auguste à la fin des AntoninsChapitre 83 sur 218 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

L'architecture, son but et ses emplois.

Les restes de l'architecture romaine sont aussi nombreux que grandioses. — Culture et bien-être du monde ancien dans les premiers temps de l'empire. — Grand nombre et beauté des Tilles. — Revue des villes de l'Italie, des Gaules, de l'Espagne, du nord de l'Afrique, de l'Egypte, de la Syrie, de l'Asie Mineure, de la Bithynie, de la Cappadoce, de la Grèce, de la Germanie, de la Bretagne et de la Dacie.

Constructions des communes. — Imitation de ce qui se faisait à Borne. — Constructions des villes de la Bithynie. — Revenus des communes affectés à ces constructions. — Édiûces publics dus à la munificence des particuliers. — Constructions de sophistes grecs. — Hérode Atticus. — Constructions cjues à des sénateurs, à des affranchis impériaux et à des princes étrangers. — Hérode de Judée. — Constructions des empereurs. — Assistance prêtée par eux, aux villes surtout, dans les cas d'incendies et de tremblements de terre. — Constructions des Césars et des Flaviens, de Trajan et d'Adrien (en Grèce surtout), ainsi que des Antonins. — Constructions des particuliers dans les provinces.

Toute autre notion du temps des Romains se fût-elle perdue, que le grand nombre des ruines, en partie si imposantes, de leurs constructions, restées debout sur toute la surface de l'ancien monde, ainsi que les innombrables

débris de leurs œuvres d'art, retirés des décombres et des cendres qui les recouvraient, témoigneraient assez, par elles seules, de la haute et riche civilisation qui a péri avec la domination de ces maîtres du monde. La plupart, et de beaucoup les plus importants, des bâtiments romains conservés, datent de la plus brillante époque de l'empire, de celle d'Auguste à la fin des Antohins. Ils s'élèvent en partie de vastes solitudes, comme des bornes monumentales de cette culture dont la domination s'étendait sur d'immenses territoires, retombés, depuis des siècles, dans la barbarie ou l'abandon le plus complet. Telles sont les ruines de Baalbeck, tels les débris des villes romaines de l'Asie Mineure et de l'Afrique septentrionale. Parmi ces constructions, il en est qui, par leur grandeur imposante ou gigantesque même, leur indestructible solidité et une exécution si conforme à leur destination qu'elle répondrait encore, admirablement, aux besoins du temps actuel, surpassent de beaucoup tout ce que les siècles postérieurs ont bâti à côté, dans les pays de civilisation moderne : ainsi les ponts d'Alcantara et de Mérida, le pont du Gard, les aqueducs de Ségovie et tant d'autres constructions des Romains, autour du vaste bassin de la Méditerranée. Si on essaye finalement de recomposer, avec cette masse infinie et chaotique de débris d'oeuvres d'art de toute "espèce, une image de la profusion et de la prodigieuse variété d'ornements artistiques dont brillaient les grandes villes, si nombreuses et si riches, de l'empire romain,* combien ne fait-elle pas paraître chétives et misérables, en comparaison, nos tentatives modernes d'embellir et d'ennoblir, au tnoyen des ornements de l'art aussi, notre vie privée et publique !

Un emploi aussi grandiose et aussi étendu de rarchitec-

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