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LIVRE IX. — LES BEAUX-ARTS DANS L'EMPIRE ROMAIN

terces 1 , appartenait à Ja catégorie des plus grandes et des plus riches de l'empire. L'état florissant et prospère des nombreuses villes de la Numidie et de l'Afrique, sous la domination romaine, est également attesté par des restes considérables de leur ancienne splendeur. Dans cette dernière province, Carthage avait jadis régné sur trois cents villes*, et là, comme en Numidie, le nombre des villes avait, depuis, augmenté plutôt que diminué. Encore en Tan 484 de notre ère, la population y était si dense que la province d'Afrique, comprenant la régence actuelle de Tunis, avec le littoral adjacent à l'est de celle-ci, ne comptait pas moins de 174 sièges épiscopaux, et que la Numidie (Algérie occidentale) en avait 123 de son côté 8 . Dans plus de vingt villes de ces deux provinces, il existe encore maintenant des ruines ou vestiges d'amphithéâtres en pierre, parmi lesquels celui de Thysdrus, une des ruines les plus imposantes du temps des Romains, ne le cède pas trop au Colisée même \ Au troisième siècle de notre ère, Carthage s'était tellement relevée, d'ailleurs, qu'elle disputait à Alexandrie la seconde place après Rome \ La population de l'Egypte, qui doit avoir eu sept millions d'habitants sous lès Ptolémées, s'était accrue jusqu'à 7,800,000 âmes dans le cours du premier siècle; or, elle était tombée à deux millions avant Méhémet-Ali. On y trouvait, assure-t-ori, 20,000 localités habitées, anciennement déjà, sous les Ptolémées même 30,000. Elle était toujours encore

1 Strabon, III, 173, etc.

2 Ibidem, XVII, p. 1189.

8 Marquardt, IH, l, 227 à 229.

4 Voir tome II de notre traduction, p. 31 1 à 314, ainsi que le supplément à la notice sur les amphithéâtres romains, par lequel se termine cet ouvrage.

5 Voir tome II, p. 431.

richement pourvue de villes, et, bien que celles-ci fussent petites et obscures pour la plupart, Pline l'Ancien y trouve à énumérer près de quarante cités considérables, parmi lesquelles Alexandrie pouvait rivaliser avec Rome, pour la magnificence et la grandeur de ses édifices notamment, comme aussi sous d'autres rapports. Au quatrième siècle encore, l'Egypte avec la Libye et la Pentapole, réunissait cent sièges épiscopaux 1 .

La capitale de la Syrie, Antioche, marchait de pair avec Alexandrie pour l'étendue, la splendeur et la richesse de sa population. L'incomparable magnificence architecturale d'Héliopolis (Baalbeck) et de Palmyre, d'un effet si saisissant jusque dans ses ruines, date en partie aussi déjà du deuxième siècle de notre ère. Il est fait mention plusieurs fois de cinq cents villes de la province d'Asie*, qui embrassait le littoral et les îles de llonie, de l'Éolide et de la Doride, ainsi que la Phrygie, la Mysie, la Carie *et la Lydie; il y a donc lieu de croire que ce nombre avait aussi pour base une donnée officielle. Sur onze villes de cette province, qui briguèrent, en l'an 26 après Jésus-Christ, l'honneur d'être admises à ériger un temple à l'empereur Tibère, cinq, parmi lesquelles se trouvait Laodicée, essuyèrent un refus immédiat, comme trop peu importantes; cependant Strabon rapporte de cette ville que la production lainière et la fertilité de son territoire l'avaient enrichie, comme aussi qu'elle était devenue grande par la munificence de quelques-uns de ses citoyens. Un certain Hiéron lui avait laissé un héritage de plus de deux mille talents

1 Marquardt, III, l, 208. — Pline, Hist. nat., V, 60 à 65. * Josèphe, Bell. Jud., II, 16; Philostrate, Vies des sophistes , H, 3; Apollonius de Tyane, Lettres, 58.

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