‹ Mœurs romaines du règne d'Auguste à la fin des AntoninsChapitre 95 sur 218 · LIVRE IX. — LES BEAUX-ARTS DANS L'EMPIRE ROMAIN · texte numérisé non relu

LIVRE IX. — LES BEAUX-ARTS DANS L'EMPIRE ROMAIN

patron très-jeune, par la construction d'un temple, dont il célébra l'inauguration par un festin solennel \ Ummidia Quadratilla, dame du plus grand monde, qui mourut vers Tan 107, presque octogénaire, était originaire de Casinum : or une inscription trouvée dans cette ville nous apprend, en quatre lignes, qu'elle avait fait bâtir à ses frais, pour l'usage des Casinates, un amphithéâtre et un temple*. Dasumius, probablement l'auteur du sénatus-consulte Dasumien de Tan 101 , avait commencé à orner Gordoue, sa ville natale, d'édifices publics, de l'achèvement et de la remise desquels il chargea,, par son testament, fait en Tan 109, une commission formée d'hommes de loi et d'experts 8 . Un autre, Dasumius Tullus, consul sous Marc-Aurèle, acheva la construction de thermes, pour lesquels .son père, P. Tullius Varron, consul sous Trajan, avait légué à la ville de Tarquinies 3,300,000 sesterces (près de 900,000 fr.), en renforçant ce capital, en même temps qu'il élargit les bâtiments*. Le motif de cette munificence était, sans doute, également un de ceux que nous avons indiqués. Les affranchis impériaux se chargeaient, assez souvent aussi, de doter de bâtiments publics leur ville natale et même d'autres villes. Cléandre, par exemple, le puissant affranchi de Commode, employa une partie de son immense fortune à la construction de maisons, de thermes, etc., ainsi qu'à' la création d'autres établissements d'utilité publique ou privée 5 . Enfin, des princes indépendants ou alliés s'appli-

1 Pline le Jeune, Lettres, IV, 1 .

2 Ibidem, VII, 24, et Orelli, 781.

'Rudorff, dans le Recueil (allemand) de droit historique, XII, 335, etc.

4 Henzen, 6622.

& Dion Cassius, LXXII, 12.

quaient aussi, de préférence, à témoigner de leur libéralité et de leur amour du faste par des constructions qui ne se bornaientpasauxpayscomprisdansleslimitesdeleurpropre domination. Hérode le Grand, qui remplit la Judée d'une multitude de constructions et d'établissements grandioses, parmi lesquels figuraient la ville et le port de Césarée, la plus prodigieuse de ses créations, multipliées en l'honneur d'Auguste principalement, embellit de même les villes de la Phénicie, de la Syrie, de l'Asie Mineure et de la Grèce de bâtiments des plus somptueux et des plus magnifiques. Athènes, Sparte, Nicopolis, Pergame, avaient été comblées de ses dons ; à Antioche, il avait fait daller de marbre une rue, auparavant très-sale, de vingt stades, soit près de quatre kilomètres, de longueur, et l'avait pourvue en outre, dans la même étendue, d'une colonnade offrant un abri contre la pluie 1 .

Parmi les motifs qui inspiraient cette munificence aux princes du temps et aux grands personnages de Rome , il faut signaler l'exemple , voire même l'invitation directe des empereurs, comme celle que Nerva, entre autres, adressa à ses sujets, sous la forme « d'un magnifique discours*» . Un des mobiles des empereurs était, évidemment, de faire progresser ainsi, le plus possible, autour d'eux, l'imitation de leur propre exemple. Ils décrétaient continuellement de grands travaux publics de construction, non-seulement à Rome, mais aussi dans les autres villes de l'Italie et même dans celles des provinces; notamment dans les cas, si fréquents alors, de calamités telles que les inondations , les incendies, ou les tremblements

1 Josèphe, Bell. Jud., I, 21.

2 Pline le Jeune, ad Trajanum epistolse, 8.

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