‹ Mœurs, usages et costumes au moyen âgeChapitre 28 sur 36 · AU MILIEU DES DOCTEURS D'ALEXANDRIE · texte numérisé non relu

AU MILIEU DES DOCTEURS D'ALEXANDRIE

Cette composition, si riche et si harmonieuse à la fois, due à quelque maitre inconnu que l'on croit être l'habile peintre Memling, retrace l'une des scènes du martyre de sainte Catherine d'Alexandrie. D'après le Ménologe de l'empereur Basile, la sainte, forcée par le farouche Maximin II d'entrer en controverse avec les philosophes païens, les réduisit non-seulement au silence, mais les convertit à la foi du Christ et les associa même à son douloureux martyre. Ce fait se passa à Alexandrie, en novembre 3 i 1 .

Au milieu d'une place publique, décorée de magnifiques édifices qui rappellent gauchement le style romain de la décadence, Catherine discute avec les docteurs ses antagonistes; elle est richement vêtue, et porte une couronne d'or ainsi qu'il convient à une vierge de naissance royale. Elle a l'air d'être inspirée, et semble discourir sur le mystère de la Trinité , dont elle compte sur ses doigts les personnes divines. Nombreux et recueillis, ses auditeurs expriment par leur attitude, leur physionomie ou leurs gestes, la surprise, la confusion, l'enthousiasme qui les a successivement gagnés sous l'influence de cette merveilleuse éloquence. Ils ne songent déjà plus à discuter; on sent que la foi nouvelle les envahit et les entraîne.

Du haut d'une galerie de son palais, l'empereur Maximin, en grand appareil royal et entouré de ses officiers , assiste à la controverse qu'il a ordonnée. Lui aussi (du moins c'est l'intention qu'a voulu rendre l'artiste) paraît céder aux arguments de la sainte; son intelligence épaisse s illumine d'un rayon de lumière; sa main s'ouvre comma par un geste d'involontaire hommage à la vérité, dont cependant il va bientôt punir les courageux confesseurs...

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