‹ Mœurs, usages et costumes de tous les peuples du monde, d'après des documents and authentiques et les voyages des plus récents (volume 3)Chapitre 100 sur 146 · DUCHÉ DE GÊNES · texte numérisé non relu

DUCHÉ DE GÊNES

Le climat de cette partie des États sardes est salubre, tempéré et favorable aux productions les plus précieuses de l'Italie ; cependant, le sirocco y exerce quelquefois sa funeste influence. Le sol n’est pas généralement fertile : dans quelques endroits il est couvert de forêts ou présente de délicieux pâturages ; dans d’autres il n’offre que des rochers nus etarides. Les terres labourées y sont rares et ne fournissent point'à la consommation des habitants; on y recueille du vin, des châtaignes, de l'huile, de la soie, des citrons , des oranges, des figues, des amandes et autres excellents fruits. On y trouve de riches carrières de marbre, de l’albâtre, de l’ardoise, de la chaux, de l’amiante et de la houille. On y fait beaucoup de sel.

C'était anciennement une république célèbre. A l'époque de la réunion de la ville au royaume de Sardaigne, elle fut déclarée port franc; on accorda à son commerce le transit libre à travers les États sardes, et on lui accorda une espèce de gouvernement représentatif. Cependant, pour les contributions et le contingent à fournir à l’armée, elle est traitée sur le même pied que les autres provinces. Ce duché est divisé en trois parties, l’orientale, ou Riviera di Levante ; V'occidentale, ou Riviera di Ponente, et le margraviat de Finale. j

La ville de Gênes fait un commerce très-considérable avec le Levant. « On est frappé à Gênes de l'extérieur d’aisance et de propreté du peuple, de l’obligeance et de la politesse de la classe supérieure, et des manières simples de la noblesse. On n’y voit point, comme à Turin, ces seigneurs poudrés et frisés comme nos marquis de théâtre, ni cette morgue, ni cette étiquette qui règnent dans les villes où Les nobles sont riches et puissants : et c'est sans doute aux occupations commerciales qu’il faut en attribuer la cause. Les femmes mettent beaucoup de recherche et d'élégance dans leur toilette ; elles portent avec une grâce particulière, quand elles vont à pied, un ample voile blanc, appelé mezxzaro, dont elles couvrent plutôt qu’elles ne cachent une partie de leur visage, les épaules et les bras. Cet ajustement, qui descend jusqu'aux pieds, ajoute à l'élégance d’un bas de soie bien tiré et d’une chaussure légère. Toutes les femmes de la haute classe ont leurs sigishées; mais cette mode qui, hors de l'Italie, passerait pour scandaleuse , est regardée à Gênes comme tellement indifférente en elle-même, que l’on est tenté de croire qu’elle est aujourd’hui presque sans conséquence. L'amour des arts, la culture de l'esprit, une certaine liberté dans les idées, distinguent les Génois de la plupart des Italiens méridionaux. La nation, portée vers le commerce, excelle encore dans plusieurs genres d'industrie : Gênes a-des manufactures de soieries, de velours et d'étoffes d'or : l’orfévrerie y est portée à un haut degré de perfection; ses parfumeries et ses fleurs artificielles sont recherchées. Parmi les productions de son sol, ses huiles sont plus estimées que ses vins :. »

1 Géog. univ.

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