CRUE
nattes d’écorce d'arbre, de l’eau-de-vie de grain, de la carrosserie et de la bijouterie qu’on remarque ces progrès ; la soierie , la verrerie, les draps, la faïence, la papeterie, la porcelaine, plusieurs articles de quincaillerie grosse et fine, d’armurerie, comptent aujourd'hui plusieurs manufactures dont les produits peuvent rivaliser avec ceux des meilleures fabriques de l'Europe. Lors de l'exposition des produits de l’industrie nalionale à Moscou en 1830, on a vu des draps provenant des fabriques du comte Komarovsky, du prince Nicolas Troubetskoï, etc., qui n’offraient aucune différence avec les plus beaux draps des fabriques françaises et anglaises. Les filatures et les manufactures de coton ont fait des progrès extraordinaires dans quelques gouvernements; celui de Vladimir les surpasse tous pour l'importance de ses produits en ce genre. Ce développement de l’industie est dù en grande partie au nouveau système adopté par quelques manufacturiers de n’employer que des ouvriers libres et bien payés. Le gouvernement à son tour surveille l'administration des fabricants et sévit contre ceux qui ne payent pas exactement les ouvriers. On a remarqué que les établissements où l'ouvrage se fait par des esclaves et où la main-d'œuvre par conséquent ne coûte presque rien, n’atteignent jamais la prospérite et le degré de perfection de ceux qui n’emploient que des ouvriers libres.
Les importants travaux exécutés, surtout depuis le commencement du siècle actuel, pour faciliter le transport des marchandises dans toutes Les parties de l'empire, et les progrès extraordinaires faits par les fabriques et les manufactures nationales, ont puissamment contribué à donner une grande étendue aux relations commerciales, non-seulement des provinces entre elles, mais aussi aux relations de l'empire avec les nations étrangères. Nous bornant au commerce extérieur qui est Le seul dont nous parlons dans cet ouvrage, nous ferons observer que des calculs officiels ont démontré qu'il a plus que doublé depuis trente ans. Les principaux articlss d'exportation de l'empire consistent en suif (on en exporte annuellement pour 38 millions de roubles), lin,.chanvre et farine, fer, cuivre, graine de lin, bois de construction, soies de porc, cire, euirs, toiles à voiles, potasse, goudron, poix, huile à brûler, cordage, fils, pelleteries, cuirs, maroquins. Les principales importations sont : vins, coton, soie, draps fins, soieries, cotonnades, articles de teinture, étain, thé, sucre, café et autres denrées coloniales, fruils, eau-de-vie, plomb, mercure, tabac, bois de menuiserie, résine, machines, outils et instruments.
La Russie compte trois compagnies marchandes : la compagnie d’ Amérique, créée en 1797, dont la direction est à Pétersbourg, et dont dépendent les établissements de l’Amérique russe : elle a des comptoirs à Moscou, Kazan, Tomsk, Irkoutsk, Iakoutsk, Okthotsk et la compagnie pour la navigation à vapeur, fondée en 1823; son but est de faciliter la navigation par des bateaux à vapeur établis sur le Volga, la Kama et la mer Caspienne; la compagnie russe du sud-ouest, fondée en 18923 , pour étendre la navigation sur les grands fleuves de l’intérieur, la mer Noire et la Baltique.
Les Russes ont adopté le système monétaire décimal. Tout calcul d'argent s'exprime en roubles qui sont l’unité monétaire, et en kopecks qui forment le centième du rouble. Le rouble d'argent équivaut à peu près à quatre de nos francs ; le kopeck d'argent repré-
sente donc quatre de nos centimes. Le rouble papier ou assignation égale 100 kopecks, mais il a en valeur un huitième de moins que le rouble d’ argent.
IL y a des pièces d’or de cinq et dix roubles (argent) qui correspondent à nos pièces de vingt et de quarante francs; de platine qui sont de la grosseur de nos pièces d’un franc ; des pièces de cinq à cinquante kopecks; des assignations de 200 roubles en papier gris; de 100, de 50 et de 25 roubles en papier blanc; de 10 roubles en papier rouge ; de 5 roubles en papier bleu.
Puis, il y a des banknotes de 3, 5, 10, 20, 95 roubles d'argent, dont l'émission est récente, Il faut les distinguer des roubles assignations, parce qu'ils ont la même valeur que les roubles d'argent.
On voit encore en Russie des pièces d'argent de deux tiers de rouble, Mais, s'ils sortent du système décimal, ils ont l'avantage de représenter sans fraction, cinq florins de Pologne.
La livre (poids) russe égale 409 grammes 5 décigrames. Le poud vaut 40 livres et correspond à peu près au tiers de notre ancien quintal.
Les mesures linéaires sont : l’archine qui représente environ 71 centimètres; la sagène qui fait trois archines ; la verste, mesure itinéraire qui est composée de 300 sagènes Il y a 104 verstes au degré; la dessiatine, mesure agraire qui est formée de 2,400 sagènes carrées.
Le védro, mesure de capacité, se compose de huit schtofs ou environ seize bouteilles ordinaires. Il faut 40 védros pour égaler un botschka ou tonneau russe.
Pour mesurer les céréales, on emploie le fchetvert qui se divise en huit tchetveriks. Le tchetvert contient un peu plus de deux hectolitres.
Les liquides se mesurent au last qu’on peut évaluer à 33 hectolitres et demi environ.
L'année russe prend cours le 13 janvier. Lorsqu’en 1589, le calendrier grégorien fut adopté par les Européens, la Russie continua de se servir de l’ancien calendrier julien dont les divisions étaient subordonnées aux phases de la lune, et qui faisait commencer l'année au 4° mars. Cependant, Pierre le Grand, pour mettre, sous ce rapport comme sous beaucoup d’autres, son empire autant que possible au niveau des nations de l’Occident adopta le mois de janvier pour le premier de l’année, de sorte qu'il n'existe entre le calendrier russe et le nôtre qu’une différence de douze jours. — L'usage veut que les négociants apposent sur leurs lettres et leurs transactions la double date du style russe et du nôtre, qui s'expriment par ancien et nouveau style.
La population est partagée en un grand nombre de classes. La plus importante par son rang, par son influence, et comme centre de la civilisation, c’est la noblesse, qui, sous le double rapport moral et intellectuel, a fait bien des progrès depuis le siècle dernier. Des documents officiels, publiés il y a peu de temps par le ministère russe, portaient le nombre des nobles à 589,542. Cette classe parait offrir plus d'exemples de relâchement de mœurs que celle des autres contrées de l'Europe.
Le nombre des ecclésiastiques était de même évalué à plus de 243,500 de toutes les classes : plus de 223,000 appartiennent au culte greco-orthodoxe, 7,000 aux grecs-unis, environ 6,000 au culte catholique, 6,600 à la religion de Mahomet, 400 au christianisme réformé, et le reste aux autres religions. Les membres du clergé catholique sont les seuls qui ne soient pas mariés; aussi porle-t-on à près de 200,000 le nombre des pères de famille appartenant au clergé, et Le total des individus de tout âge et de tout sexe qui composent cette classe à 900,000.
Les deux catégories-précédentes sont exemptes de tout impôt ; le fardeau des principales charges de l'État pèse sur la classe productive. Celle-ci que l’on peut évaluer à plus de 50 millions d'individus, se divise en hommes libres et en serfs,
Les hommes libres se distinguent en bourgeois (mechichanine) et en individus de différentes classes (raznotchini).
Les premiers jouissent de tous les droits attachés ailleurs au titre de citoyen; ils ne peuvent en être privés que par une sentence judiciaire. Ils ont des tribunaux parliculiers où leurs pairs prononcent sur leur sort; ils sont dispensés de toute corvée imposée par la couronne. Les villes ont chacune un sceau accordé par l’empereur, une municipalité et une caisse. Tous les citadins ne sont pas compris sous la dénomination de
bourgeois : on distingue parmi ceux-ci les bourgeois notables qui forment la classe la plus élevée. On donne ce titre à ceux qui remplissent des fonctions municipales, ou qui sont propriétaires de grands établissements industriels, aux savants munis de diplômes, aux artistes membres d’académies et reconnus par elles, aux rentiers possédant une fortune de 50,000 fr. au moins, aux banquiers justifiant d’un capital du double, aux négociants en gros ou armateurs de vaisseaux, au marchand qui aura été nommé conseiller de commerce ou des manufactures, ou qui aura reçu la décoration d’un des ordres de l'empire, ou enfin à celui dont la famille aura été dix-huit ans de suite dans la première guilde et vingt ans dans la seconde sans avoir été flétri par un jugement. Les prérogatives attachées au titre de bourgeois sont l’exemption de la capilation, du recrutement et des châtiments corporels, le droit de prendre part aux élections de la propriété foncière dans la ville, et d’être éligibles aux fonctions publiques communales. Ce titre appartient par droit de naissance aux enfants légitimes de ceux qui sont admis dans cette classe, et aux enfants légitimes des personnes qui jouissent de la noblesse personnelle, lorsqu'ils sont de condition libre. On admet aussi parmi les bourgeois notables Les juifs qui ont rendu des services extraordinaires, ou qni ont obtenu des succès remarquables dans les sciences, les arts ou l’industrie. A la troisième génération, tout individu de la classe des notables peut obtenir des titres nobiliaires. |
La classe des marchands des trois guildes suit immédiatement celle des notables. Eux et leur famille sont exempts du recrutement et de tout impôt autre que celui prélevé sur le capital qu’ils déclarent lorsqu'ils sont traduits devant les tribunaux; des assesseurs de leur classe sont adjoints aux juges. Pour être inscrit dans la première guilde, il faut posséder un capital de 50,000 roubles ; dans la seconde de 20,000, et dans la troisième de 8,000. Outre ces trois classes de marchands, il y en a encore une quatrième, c’est celle des marchands étrangers (inostrannu ou inorgorodnii-gost). Certains priviléges leur sont aussi accordés.
La grande classe de la bourgeoisie est formée des artisans de tribus (tsekhovyié), dont on porte le nombre à plus de 700,000. Mais dans les grandes villes , les artisans d'origine étrangère forment des corporations distinctes. Parmi les hommes libres, on distingue les Raznotchinni, qui comprennent tous ceux qui ne peuvent pas être rangés dans les classes précédentes, et qui cependant n’appartiennent pas aux suivantes. Ils ne payent pas d'impôts en numéraire, mais ils sont en partie soumis au recrutement. On évalue à plus de 3 millions les individus qui font partie de cette catégorie.
Les habitants de bourgs et de faubourgs compris dans la dénomination générique de pocadoki, sont des gens ou entièrement libres, ou des paysans de la couronne et des apanages. Ils exercent les professions d'ouvriers, d’aubergistes, de petits marchands ou de fermiers. Les paysans de la couronne ou de l’État doivent être considérés comme tout à fait libres ; ils payent, outre la capitation commune, une redevance qui varie selon les catégories auxquelles ils appartiennent. Ils forment une popülation de 6,500,000 individus mâles. Les paysans des apanages , au nombre d’environ 600,000, jouissent des mêmes avantages que ceux de la couronne, avec cette différence qu'ils sont soumis à une administration spéciale. Ils ne sont tenus à d’autres corvées que celles relatives à l'entretien des chemins.
Les propriétaires d’une seule ferme (odnovortsi) sont des paysans libres qui, possédant la terre qu'ils cultivent, peuvent aussi se livrer à d’autres occupations et se faire inscrire dans une classe supérieure. Le recrutement et la capitalion leur sont imposés. Ils passaient jadis pour nobles et jouissent encore de priviléges particuliers.
Le nom d'amtchiks a été donné à des individus qui forment une corporation libre
d'impôt personnel et possèdent plusieurs autres priviléges, entre autres celui d’être admis par députation devant l'empereur dans les occasions solennelles. On en compte plus de 80,000. « Leur nom, dit M. Schnitzler, désigne l'habitant d’une Zame ou d’un village, dont la population mâle a pour principale occupation le transport des personnes et des marchandises. Il existe beaucoup de ces villages habités par des rouliers ou voituriers seulement. Les colons, très-nombreux, surtout au sud et au sud-est de la Russie, mais que l’on trouve aussi aux environs de Saint-Pétersbourg, sont pour la plupart Allemands, originaires particulièrement du grand-duché de Bade et du Wurtemberg. Leur économie rurale les met dans une grande aisance. »
Les militaires retirés du service et devenus cultivateurs ; les serfs émancipés par le gouvernement ou par leurs maitres, et qui se sont adonnés au métier de colporteur, aux travaux publics, au service domestique, à l’agriculture, ou à des professions sédentaires, forment la dernière classe des hommes libres; on peut encore y ajouter les différentes peuplades soumises à la Russie, et même les Juifs. Cette classe comple environ deux millions d'individus mâles.
On le voit, le peuple russe, généralement considéré comme un peuple d'esclaves, comprend, dans la seule partie européenne, près de vingt millions d'individus libres. L'erreur que nous signalons provient de ce qu'on a souvent confondu l'esclavage domestique avec l’esclavage politique. Entre les hommes libres et les serfs, il existe une classe intermédiaire : celle des paysans censitaires, c’est-à-dire payant un cens annuel pour jouir de la faculté de disposer librement de leur temps et de leur personne. Leur nombre n’est pas moindre de 44 millions d'individus.
Les paysans attachés à la glèbe forment la dernière classe; ils ne sont plus, aux yeux de la loi, la propriété de leurs maîtres ; mais les dispositions du législateur sont facilement éludées par la faculté qu’a le maitre de louer à un autre, pour un terme indéterminé}, le serf que la loi ne lui permet plus de vendre. On estime chacun de ces paysans à la valeur de 700 à 2,000 roubles , selon la qualité de la terre qu’ils cultivent. On porte leur nombre à dix millions de mâles, disséminés dans la grande Russie et dans les provinces polonaises. Dans la petite Russie, les paysans libres sont en mayJorité; dans la Finlande, l'esclavage n’a jamais été connu; il est aboli dans les provinces baltiques. La plupart des serfs sont soumis, aux termes de la loi, à trois jours de corvées par semaine. Nous devons faire observer que, sous le rapport de la vie animale, comme leurs seigneurs sont tenus de les entretenir, leur condition est préférable à celle des paysans de l'Europe libre.
C’est par l'instruction répandue dans toutes les classes qu’un gouvernement sage autant qu'éclairé peut accélérer les bienfaits de la civilisation. Celui de Russie semble avoir senti tout le parti qu’on peut tirer de ce moyen de régénération politique. On comptait, il y a peu d'années, dans tout l'empire, huit universités, occupant 296 professeurs et plus de 3,000 étudiants. La théologie est enseignée dans quatre académies ecclésiastiques, 37 grands séminaires , 18 petits séminaires greco-orthodoxes dont on évalue le nombre de professeurs à 427, et celui des élèves à 55,000; dans un séminaire supérieur et 13 petits séminaires catholiques qui entretienuent 47 maitres et 255 élèves; enfin, dans 4 séminaires de grecs-unis qui renferment 105 étudiants, Voilà donc pour l'instruction ecclésiastique 77 établissements employés à l'instruction de 55,560 jeunes gens. |
Quoique la médecine et la chirurgie soient enseignées dans les universités, elles le sont encore d’une manière particulière à l’Académie chirurgico-médicale de Pétersbourg, qui recoit 520 pensionnaires, et à celle de Moscou, où l’on en entretient plus de 200. L'école normale établie à Pétersbourg, sous le nom d’institut central pédago-
gique, fournit un grand nombre de jeunes professéurs qui en sortent après six années d’études. Les jeunes gens qui se destinent à de hautes fonctions publiques doivent avoir suivi les cours de langues anciennes et modernes, d'histoire, de géographie, de littérature et de mathématiques, dans certaines écoles qui jouissent des mêmes priviléges que les universités ; tels sont Le lycée de Tsarkoïé-Celo, la haute école de Pétersbourg. l'école des hautes sciences de Taroslav, fondée par Paul-Grégorievitch Demidoff, et diverses pensions nobles des universités de Pétersbourg et de Moscou.
Une éducation spéciale est encore donnée à plus de 6,000 jeunes gens dans les corps de cadets, des troupes de terre et de mer, les écoles militaires, des ponts et chaussées, des pilotes, des usines, et dans celles de l'art forestier, dont l’une est établie à Pétersbourg et l’autre à Kalouga. L'enseignement des langues orientales a lieu dans une école spéciale établie dans la capitale, à l'école arménienne de Moscou et à celle d'Orenbourg. Geux qui se destinent au commerce peuvent acquérir toutes les connaissances nécessaires à l’école de commerce de Pétersbourg, à l'académie pratique de commerce de Moscou, au gymnase commercial de Tanganrog et à sept autres écoles semblables. À Pétersbourg, on a fondé, il y a peu d'années, un institut de technologie pratique, où viennent se former de bons ouvriers et d'habiles fabricants; les élèves choisis parmi les orphelins sont au nombre d'environ 140. Les sciences agronomiques sont démontrées à l’école impériale d'agriculture de Pétersbourg, et à celle que la comtesse Strogonoff a fondée en 1824 dans le même but. Des écoles vétérinaires sont établies à Pétersbourg, Moscou et Loubny.
Ces établissements ne sont pas les seuls qui existent en Russie; on y compte encore plus de 250 pensionnats particuliers soumis au contrôle de l’université. Un ukase de 1828 organisa des écoles centrales d'apanages pour former des maîtres d'écoles de villages, et des écoles de villages d'apanages pour former dans les campagnes des individus capables de servir comme écrivains dans l’administration locale de ces apanages. Un grand nombre d'écoles paroïssiales où l’on suit le mode d'enseignement mutuel sont établies dans différents gouvernements, el principalement dans les provinces baltiques où, en 1822, l’on comptait sur 57,000 individus, 11,000 enfants fréquentant les écoles. IL y a peu d'années, le nombre total des écoles entretenues aux frais de l'État et des particuliers, s'élevait à 1,410, et à 69,452 celui des jeunes gens des deux sexes qui recevaient l'instruction. En ajoutant à ce nombre 344 écoles entretenues par le clergé, dans lesquelles on instruit 45,851 jeunes gens, on aura 4,754 écoles et 115,503 écoliers, sans compter ceux qui fréquentent les écoles des colonies mililaires, ce qui porterait le nombre total de ceux qui reçoivent l'instruction au delà de 150,000. Dans ces derniers temps, et depuis l’ukase de 4831 qui établit 4,000 écoles primaires, on compte que le nombre des écoles s'élève à plus de 200,000, ou à un écolier sur 280 habitants. |
‘ Depuis Pierre le Grand la presse périodique n’a cessé de s’accroître, et d'exercer en Russie son heureuse influence. Aujourd’hui il se publie dans tout l'empire plus de cent journaux ou écrits périodiques, parmi lesquels se trouvent une douzaine de recueils scientifiques et littéraires. Et pourtant tous ces écrits, ainsi que tous les livres qui y sont imprimés ou importés, sont soumis à une double censure.
Les écrivains allemands regardent la fusion entre les grands et les petits Russes comme consommée. Nous ne partageons pas cet avis. Cette fusion, en effet, est à peine commencée. Le grand Russe, en se répandant sur une immense étendue de contrées occupées par les Finnois et les Huns, s’est fondu avec ces races; de là ces cheveux roux ou jaune brun, ces physionomies sauvages et quelque peu hébétées, que l’on remarque parmi les paysans de la grande Russie. Le petit Russe, plus anciennement établi dans
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